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mercredi 5 avril 2017

Soupe de pois cassés à la cubaine

En bonne obsédée de la bouffe amatrice de cuisine du monde, j'adore découvrir la cuisine locale quand je voyage. Pendant la préparation de mon séjour, je me demande souvent à quoi ressembleront les repas sur place, ce que je mangerai et si je trouverai facilement des plats végétariens. Surtout, j'essaie de ramener des recettes et/ou des ingrédients locaux pour prolonger l'expérience chez moi.

En allant à Cuba, je m'attendais à découvrir une cuisine afro-caraïbéenne pleine de saveur nouvelles, mais je dois avouer que j'ai été un peu déçue. Soyez prévenus : ce n'est pas une destination très gastronomique et végé-friendly. La plupart des repas que nous avons manges là bas étaient calqués sur le schéma viande (principalement du poulet, généralement peu assaisonné, et pas mal de porc également, mieux épicé en revanche) + riz + haricots noirs (servis soit en soupe, soit mélangés au riz). En accompagnement, quelques crudités (beaucoup de chou blanc, à ma grande surprise, cru la plupart du temps, parfois mariné et salé, ainsi que des tomates et du concombre), et des tranches de banane plantain ou de patate douce frites comme des chips. De temps en temps, un peu de manioc, parfois frit lui aussi. Quelques fois, de la pomme de terre (frite, bien évidemment, vous aurez compris le truc...) Je peux compter sur les doigts d'une main les fois où j'ai pu manger des légumes un peu "différents" tels que carotte, poivron, aubergine, ou courge. Les desserts sont quasi-inexistants : flans au caramel (que nous n'avons pas testés), quelques gâteaux (de qualité variable), et surtout des fruits : ananas (délicieux, avec une chair plus claire et une saveur beaucoup plus fine que ceux qu'on trouve ici) et papaye principalement, mais aussi banane (le plus petites sont les plus parfumées), goyave, pamplemousse ou mangue (pourtant pas de saison en mars, mais là bas tout le monde a bien compris que c'est le fruit préféré des touristes alors vous en verrez quand même!



Autant vous dire qu'on a rapidement saturé de ce menu, malheureusement les possibilités d'échappatoire sont assez limitées : pâtes et pizzas dominent le reste du paysage culinaire, avec quelques sandwiches et hamburgers. Le tout avec très peu d'options végétariennes (surtout quand on sait que la viande se cache en réalité partout, dans les cuissons des soupes ou en petits morceaux dans le riz...), et encore moins d'options véganes, les oeufs et le fromage étant présent dans quasiment toutes les alternatives végé (à moins de ne manger que des crudités, des bananes/patates douces/pomme de terre frites, des sandwiches aux légumes -bien que je me demande à quoi ils sont garnis, vu que le légume, c'est pas vraiment un truc très tendance là bas...- ou des pâtes "à la napolitaine" en précisant "sans fromage", soit... Des pâtes à la tomate...). À ce titre, c'est un petit miracle que nous ayons pu trouver deux fois des falafels à La Havane, ils ont probablement sauvé ma santé mentale à eux seuls haha!



Et puis, au milieu de tout ça, une soupe à tomber à la renverse, dégustée dans la casa particular où nous logions à Viñales. Une base de tomate, un parfum de cumin incroyable, des petits morceaux de légumes (#BONHEUR), et ce que je pensais être de petits haricots blancs, qui se sont en fait avérés être des pois cassés. S'il y avait bien une recette qui méritait de revenir avec moi, c'était celle-ci. J'ignore en revanche si elle est répandue dans toute l'île, ou s'il s'agit d'une recette familiale. Quoi qu'il en soit, notre logeuse a gentiment accepté de me la révéler, et elle m'a même fait cadeau d'une généreuse portion de pois secs pour que je puisse la reproduire chez moi, ce que j'ai fait à peine rentrée ! J'y ai apporté une modification de taille : j'ai bien évidemment supprimé le morceau de viande qui sert à aromatiser le bouillon ! Quand je vous disais qu'il est difficile d'être végé à Cuba...



J'avais un peu peur que le printemps soit déjà trop avancé pour une recette de soupe (qui a encore envie d'entendre ce mot passé le mois de février ?!), au point que j'avais même prévu de vous dire "oui mais vous savez à Cuba, on a mangé de la soupe même par 28°C alors vous allez pas faire les difficiles nonmého!". Cependant les premiers jours d'Avril se montrent conformes au célèbre proverbe, ce qui rend l'idée d'un bol de soupe bien chaud encore acceptable à cette période de l'année. Ceci dit, j'ai tout à fait conscience qu'il s'agit plutôt d'une recette d'automne au vu de ses ingrédients. Si on trouve encore quelques butternuts, pour le poivron et le piment ça sera plus compliqué. Vous pouvez utiliser des légumes congelés si vous en avez (chez nous, on avait fait un stock de poivrons épépinés et coupés en quartiers, et de courgettes en dés à la fin de l'été, pour apporter un peu de variété pendant l'hiver !), ou bien vous passer du piment et remplacer le poivron par autre chose (par exemple du poireau, du céleri ou du kale/chou vert), je pense que ça sera tout aussi délicieux!
 

Soupe de pois cassés à la cubaine {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix} 
Pour 4 à 6 personnes :
- 150 g de pois cassés jaunes non décortiqués (ou de petits haricots comme les cornilles), trempés pendant une nuit et égouttés
- 50 g de pois cassés verts décortiqués (si vous ne trouvez pas de pois non décortiqués ou de haricots, utilisez 200 g de pois cassés verts)
- 150 g de courge butternut, pelée si non bio et coupée en gros morceaux
- 150 g de poivron vert, coupé en gros morceaux
- 1 oignon, finement émincé
- 2 gousses d'ail, écrasées avec le plat du couteau puis finement émincées
- 1 petit piment doux (je n'ai pas réussi à identifier la variété utilisée à Cuba, elle ressemble au habanero mais sans être piquante. Vous pouvez le remplacer par un piment doux des Landes, au goût similaire), finement haché
- 2 cs de concentré de tomate
- 1 cc de bouillon de légumes en poudre
- 1 cc de graines de cumin
- 1/2 cc de cumin en poudre
- sel, poivre, huile végétale

Placer les pois trempés et les pois cassés dans une cocotte minute avec une fois et demi à deux fois leur volume d'eau. Faire cuire 15 min dès que la vapeur s'échappe. Les pois jaunes (ou haricots cornilles) doivent être tendres mais pas défaits.

 Faire chauffer 2 cs d'huile dans une poêle et faire revenir à feu moyen et pendant une dizaine de minutes l'ail, l'oignon et le piment finement émincés. Ajouter le concentré de tomates et faire cuire 5 minutes en remuant pour ne pas que ça attache.

Une fois les légumineuses cuites, ajouter dans la cocotte le contenu de la poêle, le poivron et la butternut en morceaux, 1 litre d'eau et le bouillon en poudre. Mélangez bien pour dissoudre le concentré de tomate. Couvrez et portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez cuire une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que la butternut et le poivron soient tendres.

Faites toaster les graines de cumin à sec sur feu vif, jusqu'à ce qu'elles embaument et commencent à brunir. Broyez-les au mortier et ajoutez-les à la soupe, avec le cumin en poudre. La qualité de vos épices est essentielle pour le goût de cette soupe (à Cuba, notre hôte conservait même son cumin au frais pour en préserver les saveurs, et son odeur était à la fois très douce et incroyablement puissante !). Il est également important d'ajouter le cumin en fin de cuisson pour en conserver au maximum les arômes.

Rectifiez l'assaisonnement à votre goût avant de servir. Si possible, préparez cette soupe à l'avance (le matin pour le soir ou le soir pour le lendemain) et laissez la reposer pour que ses saveurs de développent. Si nécessaire, allongez la soupe avec un peu d'eau au moment de la réchauffer.

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