navigationmenu

mercredi 5 avril 2017

Soupe de pois cassés à la cubaine

En bonne obsédée de la bouffe amatrice de cuisine du monde, j'adore découvrir la cuisine locale quand je voyage. Pendant la préparation de mon séjour, je me demande souvent à quoi ressembleront les repas sur place, ce que je mangerai et si je trouverai facilement des plats végétariens. Surtout, j'essaie de ramener des recettes et/ou des ingrédients locaux pour prolonger l'expérience chez moi.

En allant à Cuba, je m'attendais à découvrir une cuisine afro-caraïbéenne pleine de saveur nouvelles, mais je dois avouer que j'ai été un peu déçue. Soyez prévenus : ce n'est pas une destination très gastronomique et végé-friendly. La plupart des repas que nous avons manges là bas étaient calqués sur le schéma viande (principalement du poulet, généralement peu assaisonné, et pas mal de porc également, mieux épicé en revanche) + riz + haricots noirs (servis soit en soupe, soit mélangés au riz). En accompagnement, quelques crudités (beaucoup de chou blanc, à ma grande surprise, cru la plupart du temps, parfois mariné et salé, ainsi que des tomates et du concombre), et des tranches de banane plantain ou de patate douce frites comme des chips. De temps en temps, un peu de manioc, parfois frit lui aussi. Quelques fois, de la pomme de terre (frite, bien évidemment, vous aurez compris le truc...) Je peux compter sur les doigts d'une main les fois où j'ai pu manger des légumes un peu "différents" tels que carotte, poivron, aubergine, ou courge. Les desserts sont quasi-inexistants : flans au caramel (que nous n'avons pas testés), quelques gâteaux (de qualité variable), et surtout des fruits : ananas (délicieux, avec une chair plus claire et une saveur beaucoup plus fine que ceux qu'on trouve ici) et papaye principalement, mais aussi banane (le plus petites sont les plus parfumées), goyave, pamplemousse ou mangue (pourtant pas de saison en mars, mais là bas tout le monde a bien compris que c'est le fruit préféré des touristes alors vous en verrez quand même!



Autant vous dire qu'on a rapidement saturé de ce menu, malheureusement les possibilités d'échappatoire sont assez limitées : pâtes et pizzas dominent le reste du paysage culinaire, avec quelques sandwiches et hamburgers. Le tout avec très peu d'options végétariennes (surtout quand on sait que la viande se cache en réalité partout, dans les cuissons des soupes ou en petits morceaux dans le riz...), et encore moins d'options véganes, les oeufs et le fromage étant présent dans quasiment toutes les alternatives végé (à moins de ne manger que des crudités, des bananes/patates douces/pomme de terre frites, des sandwiches aux légumes -bien que je me demande à quoi ils sont garnis, vu que le légume, c'est pas vraiment un truc très tendance là bas...- ou des pâtes "à la napolitaine" en précisant "sans fromage", soit... Des pâtes à la tomate...). À ce titre, c'est un petit miracle que nous ayons pu trouver deux fois des falafels à La Havane, ils ont probablement sauvé ma santé mentale à eux seuls haha!



Et puis, au milieu de tout ça, une soupe à tomber à la renverse, dégustée dans la casa particular où nous logions à Viñales. Une base de tomate, un parfum de cumin incroyable, des petits morceaux de légumes (#BONHEUR), et ce que je pensais être de petits haricots blancs, qui se sont en fait avérés être des pois cassés. S'il y avait bien une recette qui méritait de revenir avec moi, c'était celle-ci. J'ignore en revanche si elle est répandue dans toute l'île, ou s'il s'agit d'une recette familiale. Quoi qu'il en soit, notre logeuse a gentiment accepté de me la révéler, et elle m'a même fait cadeau d'une généreuse portion de pois secs pour que je puisse la reproduire chez moi, ce que j'ai fait à peine rentrée ! J'y ai apporté une modification de taille : j'ai bien évidemment supprimé le morceau de viande qui sert à aromatiser le bouillon ! Quand je vous disais qu'il est difficile d'être végé à Cuba...



J'avais un peu peur que le printemps soit déjà trop avancé pour une recette de soupe (qui a encore envie d'entendre ce mot passé le mois de février ?!), au point que j'avais même prévu de vous dire "oui mais vous savez à Cuba, on a mangé de la soupe même par 28°C alors vous allez pas faire les difficiles nonmého!". Cependant les premiers jours d'Avril se montrent conformes au célèbre proverbe, ce qui rend l'idée d'un bol de soupe bien chaud encore acceptable à cette période de l'année. Ceci dit, j'ai tout à fait conscience qu'il s'agit plutôt d'une recette d'automne au vu de ses ingrédients. Si on trouve encore quelques butternuts, pour le poivron et le piment ça sera plus compliqué. Vous pouvez utiliser des légumes congelés si vous en avez (chez nous, on avait fait un stock de poivrons épépinés et coupés en quartiers, et de courgettes en dés à la fin de l'été, pour apporter un peu de variété pendant l'hiver !), ou bien vous passer du piment et remplacer le poivron par autre chose (par exemple du poireau, du céleri ou du kale/chou vert), je pense que ça sera tout aussi délicieux!
 

Soupe de pois cassés à la cubaine {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix} 
Pour 4 à 6 personnes :
- 150 g de pois cassés jaunes non décortiqués (ou de petits haricots comme les cornilles), trempés pendant une nuit et égouttés
- 50 g de pois cassés verts décortiqués (si vous ne trouvez pas de pois non décortiqués ou de haricots, utilisez 200 g de pois cassés verts)
- 150 g de courge butternut, pelée si non bio et coupée en gros morceaux
- 150 g de poivron vert, coupé en gros morceaux
- 1 oignon, finement émincé
- 2 gousses d'ail, écrasées avec le plat du couteau puis finement émincées
- 1 petit piment doux (je n'ai pas réussi à identifier la variété utilisée à Cuba, elle ressemble au habanero mais sans être piquante. Vous pouvez le remplacer par un piment doux des Landes, au goût similaire), finement haché
- 2 cs de concentré de tomate
- 1 cc de bouillon de légumes en poudre
- 1 cc de graines de cumin
- 1/2 cc de cumin en poudre
- sel, poivre, huile végétale

Placer les pois trempés et les pois cassés dans une cocotte minute avec une fois et demi à deux fois leur volume d'eau. Faire cuire 15 min dès que la vapeur s'échappe. Les pois jaunes (ou haricots cornilles) doivent être tendres mais pas défaits.

 Faire chauffer 2 cs d'huile dans une poêle et faire revenir à feu moyen et pendant une dizaine de minutes l'ail, l'oignon et le piment finement émincés. Ajouter le concentré de tomates et faire cuire 5 minutes en remuant pour ne pas que ça attache.

Une fois les légumineuses cuites, ajouter dans la cocotte le contenu de la poêle, le poivron et la butternut en morceaux, 1 litre d'eau et le bouillon en poudre. Mélangez bien pour dissoudre le concentré de tomate. Couvrez et portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez cuire une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que la butternut et le poivron soient tendres.

Faites toaster les graines de cumin à sec sur feu vif, jusqu'à ce qu'elles embaument et commencent à brunir. Broyez-les au mortier et ajoutez-les à la soupe, avec le cumin en poudre. La qualité de vos épices est essentielle pour le goût de cette soupe (à Cuba, notre hôte conservait même son cumin au frais pour en préserver les saveurs, et son odeur était à la fois très douce et incroyablement puissante !). Il est également important d'ajouter le cumin en fin de cuisson pour en conserver au maximum les arômes.

Rectifiez l'assaisonnement à votre goût avant de servir. Si possible, préparez cette soupe à l'avance (le matin pour le soir ou le soir pour le lendemain) et laissez la reposer pour que ses saveurs de développent. Si nécessaire, allongez la soupe avec un peu d'eau au moment de la réchauffer.

vendredi 31 mars 2017

Mes favoris du mois : mars 2017

Si vous me suivez sur Instagram (et si ce n'est pas le cas... Qu'est ce que vous attendez? :p), vous avez vu que je suis partie en vacances à Cuba durant dix jours. Impossible de résumer ce voyage en un seul mot, voire même en une dizaine, aussi je n'en parlerai pas aujourd'hui, mais j'y consacrerai bien évidemment quelques articles au cours du prochain mois. Mais avant ça, j'ai d'autres sujets à aborder : il faudra que je parle un peu couture, mais ça sera pas pour tout de suite non plus (kicéki a toujours pas fini son projet capsule de février et qui attaque celui de mars le... 31?...). Et puis comme d'habitude, il y a les favoris du mois.

Bon, pour Mars, vous vous en doutez, c'est assez light, puisque j'ai passé la première moitié du mois la tête dans le guidon avec les préparatifs du voyage (oui oui, à part pour les billets d'avion, on a quasiment tout fait à J-15 du départ...). Quant à la seconde moitié, je l'ai bien évidemment passée à bronzer sous les cocotiers, tellement coupée du reste du monde que même s'il y avait eu une invasion de Godzillas en France, j'aurais pas été au courant avant mon retour. Par conséquent, je n'ai que des favoris culinaires à vous présenter ce mois-ci, mais à vrai dire ce n'est pas plus mal car je ne suis pas réellement satisfaite de ce format un peu "fourre-tout" que j'ai adopté ces derniers mois... Je réfléchis actuellement à quelque chose de plus pertinent et de plus organisé pour cette rubrique (voire même à l'abandonner tout à fait?), donc si vous avez des suggestions à ce sujet, n'hésitez pas!


01. Donuts véganes | Déliacious : Eux, ils auraient déjà du faire partie des favoris de Février, mais j'ai oublié de les y mettre. Et comme j'en ai refait en Mars pour Mardi Gras (enfin, dans mon cas c'était plutôt Dimanche Gras vu que j'étais en déplacement pro le mardi en question), cette fois j'ai bien pensé à les inclure dans ma liste. Ca faisait longtemps que j'épinglais les recette de donuts sur Pinterest (j'ai même failli leur dédier un tableau spécial!) sans oser me lancer, car j'imaginais que c'était assez difficile à faire. En réalité, il s'agit d'un pâte à double levée, un peu semblable à de la brioche, qui est très facile à manipuler et à mettre en forme. Je l'ai faite avec de l'huile de coco à la place de la margarine, et avec du lait d'amande au lieu du lait de soja, et ça marche aussi. Reste l'étape de la friture, qui m'effraie toujours un peu aussi (en partie parce qu'après coup, tout mon appart sent l'huile...), mais ici la cuisson est assez rapide, à peine quelques minutes par donut. Au total, avec la double pousse, le temps de réalisation de cette recette est un peu long mais il y a en réalité très peu de travail, et le résultat est délicieusement gras et sucré (et prouve bien que les véganes ne se nourrissent pas uniquement de toasts à l'avocat ;).

02. Brandade d'algues | Déliacious : Bah dis donc Délia, entre la bolo végétale, les donuts ci-dessus et maintenant la brandade, tu serais pas en train de t'installer dans ma cuisine un peu? ;) Mais bon, je peux pas t'en vouloir hein, parce que tes recettes sont au top! Si je dis souvent que me passer de viande n'est pas difficile pour moi, en ce qui concerne le poisson, c'est une autre histoire. J'adore ça, et j'ai beaucoup de mal à y résister (d'ailleurs j'en mange encore quand je suis dans un restaurant qui n'a aucune option végétarienne...) mais l'état alarmant de nos océans me préoccupe beaucoup alors je fais de mon mieux pour m'en passer. C'est pour ça que j'apprécie tout particulièrement les recettes qui essaient de recréer des saveurs marines en version végétale (comme par exemple ce fish and chips ultra-bluffant chez 100% Végétal). Je ne sais donc pas comment j'ai pu zapper cette recette de brandade quand l'article est paru, mais heureusement que je suis retombée dessus en farfouillant dans les archives de Délia, car c'est un délice! La morue est remplacée par un mélange de haricots blancs et d'algues (auquel j'ai rajouté un peu de sauce soja pour la saveur umami et le goût salé de la morue), et au niveau du goût et de la texture, on croirait manger une vraie brandade! Parfait pour satisfaire mes envies de saveurs iodées!

03. Za'atar swirl bread (pain marbré au za'atar) | Dolly and Oatmeal : Le nom de cette recette est un peu trompeur car on est plutôt en présence d'une galette, ultra simple à réaliser, à base de farine de pois chiches. Le résultat n'en est pas moins très savoureux, et s'accompagne très bien d'une salade ou d'un bol de soupe pour un repas léger. Je l'imagine également coupé en petits cubes pour un apéro, et pourquoi pas accompagné d'une sauce tomate pour faire trempette.

04. Petites crèmes à l'amande et à la fleur d'oranger | Mango & Salt : Version végétalienne du mouhallabieh libanais, un flan libanais parfumé à la fleur d'oranger, ces petites crèmes sont d'une simplicité enfantine à réaliser, ce qui les rend parfaites pour ces moments où on a envie d'un dessert frais et léger qui ne demande pas beaucoup de temps de préparation. SI vous n'aimez pas la fleur d'oranger, Victoria propose de la substituer par de l'eau de rose, mais je pense que sur le même modèle vous pouvez aussi réaliser des crèmes au chocolat en utilisant du cacao en poudre.

mercredi 22 mars 2017

Les meilleures lasagnes à la bolognaise végétale

Je sais que mon titre pourra paraître prétentieux, mais d'une part, le mérite de cette recette revient entièrement à Delia à qui j'ai piqué l'idée de la bolognaise au tofu rosso, donc c'est pas à moi qu'il faut jeter des fleurs, mais bien à elle ; et puis d'autre part... Eh bien c'est la vérité : ces lasagnes véganes sont réellement les meilleures que j'aie jamais mangé de TOUTE MA VIE (oui oui, on fait pas dans la dentelle ici!). Et pourtant, je peux vous dire que j'en ai fait, des lasagnes à la bolo végétale, je pense que j'ai à peur près tout testé : lentilles, champignons, protéines de soja, des combinaisons de tout ça... Du coup, je pense que je peux m'auto-attribuer le titre d'expert en la matière et que vous pouvez me croire sur parole quand je vous dit que rien, absolument RIEN, n'arrive à la cheville du tofu rosso. D'autant plus que c'est hyper simple à utiliser : on émiette, on ajoute à la sauce tomate, et hop, y'a plus qu'à coincer tout ça entre quelques couches de pâtes, à napper de crème ou de béchamel végétale, et après 20 minutes au four, il ne vous reste plus qu'à souhaiter buon appetito à vos convives.





Oui, parce que c'est typiquement LA recette que vous pouvez servir les yeux fermés à tous vos invités, ça plaira à tout le monde et ça vous permettra de démolir le cliché du végéta*ien qui se nourrit exclusivement de quinoa et de graines germées (même si c'est très bon, le quinoa et les gaines germées, hein. Les gens savent pas ce qu'ils ratent.) D'ailleurs il y a fort à parier que si vous ne dites pas que vos lasagnes sont 100% végétales, personne ne le remarquera, c'est vous dire à quel point c'est bluffant. Donc si vous avez un ami/collègue/tonton qui vous dit : "mais ils mangent quoi, les végéta*iens?" ou "le tofu, c'est dégueulasse" ou "de toute façon, un repas sans viande, c'est pas un repas" ou même les trois à la fois, servez-leur ces lasagnes et savourez votre vengeance! Puis, tant que vous y êtes, vous pouvez enchaîner avec ces mousses au chocolat végétales et ultra bluffantes -ou bien aux fruits, si vous voulez quand même sauvegarder votre healthy-réputation. Et bim, tofu : 1 - protéines animales : 0!




Lasagnes à la bolognaise végétale {végétalien, sans noix, option sans gluten}
Pour 4 personnes :
- 1 oignon
- 2 gousses d'ail
- 1 petite carotte
- 1 petite branche de céleri
- 400 ml de coulis de tomates ou de pulpe de tomate en dés
- herbes aromatiques au choix : thym, origan, basilic
- 200 g de tofu rosso
- feuilles de lasagnes (sans oeufs, et sans gluten si nécessaire. Vous pouvez également les remplacer par les lanières de courgettes)
- 20 cl de crème végétale + 1/4 cc de noix de muscade en poudre ou de béchamel végétale (recette ci-dessous)
- pour gratiner : levure maltée ou parmesan végétal (recette ci-dessous) ou fromage végétal
- huile d'olive
- sel et poivre

Pelez l'ail, l'oignon (et la carotte si elle n'est pas bio, sinon il suffit de la frotter pour éliminer la terre). Emincer finement l'ail, l'oignon, la carotte et le céleri (à la main ou à l'aide d'un robot de cuisine).

Faire chauffer 2 cs d'huile d'olive dans une poêle et faire revenir les légumes émincés à feu moyen pendant 5 à 10 minutes en remuant.

Ajouter la tomate et les herbes aromatiques et laissez mijoter à petits bouillons pendant une dizaine de minutes.

Emietter le tofu et ajouter à la sauce. saler et poivrer au goût.

Etaler une fine couche de crème ou de béchamel au fond d'un plat rectangulaire et recouvrir d'un coude de pâtes. Verser la moitié de la bolognaise, puis recouvrir de pâtes et verser l'autre moitié de la sauce. Recouvrir d'une dernière couche de pâtes et napper de crème végétale (saupoudrer la muscade par dessus) ou de béchamel. Saupoudrer de levure maltée/parmesan végétal/fromage végétal râpé et enfourner pour 20 minutes à 180°C. Le dessus doit être bien doré et les pâtes cuites.

Servir chaud accompagné de salade.

Béchamel végétale {végétalien, option sans noix, option sans soja, option sans gluten}
Pour un plat de lasagnes pour 4 personnes :
- 1 cs d'huile d'olive ou d'huile végétale au goût neutre
- 2 cs de farine de blé ou de riz
- 300 ml de lait végétal au goût neutre
- sel, poivre, noix de muscade

Faire chauffer l'huile dans une casserole. Ajouter la farine d'un coup et mélanger pour former une pâte.

Cuire 30 secondes en remuant constamment.

Ajouter progressivement le lait végétal en fouettant vigoureusement pour éviter les grumeaux.

Faire épaissir à feu moyen en remuant. Assaisonner au goût et utiliser immédiatement.

Parmesan végétal aux graines de courge {végétalien, sans soja}
Pour un petit pot :
- 2 cs de noix de cajou
- 2 cs de graines de courge
- 2 cs de levure maltée
- 1/2 cc d'ail en poudre
- sel au goût

Faire toaster à sec les graines de courge et les noix de cajou dans une poêle bien chaude, en remuant constamment, jusqu'à ce que les graines commencent à éclater.

Mixer tous les ingrédient ensemble et conserver au frais dans un récipient hermétique.

mercredi 15 mars 2017

Boulettes de lentilles ultra modulables et couscous de légumes

Je ne me l'explique pas, mais j'adore la nourriture qui se présente sous forme de "mini portions" : les croquettes, galettes ou palets de légumes ou de céréales, blinis, pancakes et autres petites crêpes, bouchées vapeur, et bien entendu, les boulettes! Vous commencez à connaître mon discours : en version "originale" à la viande, ça n'a pourtant jamais été trop mon truc, mais en version végétale, j'en raffole! Ne me laissez JAMAIS en tête à tête avec une assiette de falafels si vous espérez en manger ne serait-ce qu'un seul...



C'est marrant de voir à quel point certaines alternatives végétales m'attirent bien plus que la version à la viande, c'est le cas des boulettes donc, mais aussi de l'axoa, ou des burgers (qui offrent tellement plus de saveurs et de possibilités en version végé qu'en version viandarde!). Mais il y a aussi des aliments que je déteste tellement que même végétalisés, je ne peux pas y toucher. C'est notamment le cas des cupcakes et layer cakes plein de crème, ou de la plupart des fromages. Je vous jure que quand je suis allée au VeggieWorld à Lyon en janvier dernier, j'étais incapable de goûter à du fromage végétal (ou même simplement de le toucher, dans le cas du camembert végane) (oui, oui, je suis atteinte à ce point là...) quand bien même je savais que ces produits sont majoritairement composés d'oléagineux, huiles et de levure maltée. J'ai quand même pris sur moi et goûté une variété aux noix (j'ai choisi intentionnellement un bout avec beaucoup de noix et peu de fromage ;), et OHMONDIEU c'était hyper fort, et tout à fait conforme à l'idée que je me fais du vrai fromage #beurkbeurkbeurk. Les connaisseurs auraient probablement pu faire la différence, mais pour moi, c'était tout aussi mauvais!



Bref, revenons en à nos boulettes. Je cherchais une recette vraiment basique, pour accompagner des pâtes ou un couscous, et c'est chez Naturally Ella que j'ai trouvé mon bonheur. J'ai très légèrement adapté la recette pour la rendre végétalienne, mais je vous conseille tout de même d'aller voir l'originale car elle pointe vers une recette de sauce au curry vraiment délicieuse (croyez-moi sur parole, je l'ai déjà testée l'an dernier!). Vous pouvez aussi les retrouver ici, accompagnées de pâtes et de tomates rôties (à remplacer par des tomates confites à l'huile en cette saison). Ce que j'adore avec ces boulettes, c'est qu'elles sont ultra modulables : changez les épices, et elles s'adapteront à toutes vos envies. Je vous propose d'ailleurs quelques substitutions en fin de recette, mais aussi un couscous de légumes avec lequel elles se marient à merveille. Car même si le printemps commence à pointer le bout de son nez, on va tout de même devoir se coltiner les légumes d'hiver encore un petit moment avant de voir apparaître asperges, artichauts ou pois gourmands sur nos étals... Alors autant prendre son mal en patience et se concocter une belle marmite pleine d'épices et de saveurs, non?



Boulettes de lentilles {végétalien, sans gluten, option sans soja, option sans noix}
Adapté de Naturally Ella
Pour 12 boulettes : 
- 1/2 tasse de lentilles brunes ou vertes
- 2 échalotes (ou 1 petit oignon)
- 2 gousses d'ail
- 1 carotte (épluchée si elle n'est pas bio)
- 1/2 tasse de noisettes, de noix ou de noix de pécan (à omettre ou à remplacer par des graines de courge ou de tournesol pour une version sans noix)
- 1 cs de graines de lin moulues + 2 cs d'eau
- 1 cs de concentré de tomates
- 1 cs d'huile d'olive + 1 cs pour huiler les boulettes
- 5 branches de persil
- 1/2 cc de cumin en poudre
- 1/2 cc de coriandre en poudre
- 1/4 cc de noix de muscade moulue
- 2 généreuses pincées de poivre

Mettre les lentilles et 1/2 litre d'eau non salée dans une casserole. Porter à ébullition et laissez cuire 15 à 20 minutes, jusqu'à ce que les lentilles soient tendres. Bien égoutter et placer dans un saladier. Ecraser grossièrement les lentilles avec une fourchette ou le dos d'une cuillère.

A l'aide d'un robot, hacher finement l'ail, l'oignon et la carotte. Faire chauffer 1 cd d'huile d'olive dans une poêle et faire revenir le mélange d'ail, d'oignon et de carotte à feu moyen pendant 5 à 10 minutes, jusqu'à ce que l'oignon devienne translucide. Ajouter aux lentilles.

Mélanger les graines de lin et l'eau et laisser épaissir quelques minutes.

Hacher le persil et les noisettes. Ajouter aux lentilles avec la sauce soja, les épices, le concentré de tomates et le gel de lin. Le mélange doit être assez collant pour pouvoir être modelé en boulettes. Si ce n'est pas le cas, ajouter 1 cs de farine de pois chiches ou de polenta pour assécher le mélange. Bien mélanger et laisser agir quelques minutes avant de répéter l'opération si nécessaire.

Former des boulettes de la taille d'une balle de ping-pong et les disposer sur une plaque de four. Badigeonner légèrement d'huile d'olive et enfourner pour 20 minutes à 180°C. Vous pouvez également faire cuire les boulettes à la poêle dans un peu d'huile, en les retournant régulièrement pour qu'elles soient bien croustillantes de tous les côtés.

Variantes : vous pouvez adapter ces boulettes selon vos goûts ou selon ce avec quoi vous les servez. Cette version est parfaite en accompagnement d'un couscous végétal, et vous pouvez y ajouter de la coriandre fraîche, du paprika ou des graines de fenouil moulues pour plus de saveur. Vous pouvez utiliser les noix ou les graines de votre choix, ou les remplacer par des champignons de paris hachées et revenus à la poêle, ou encore des olives hachées. Pour accompagner des pâtes, vous pouvez remplacer tout ou une partie du persil par du basilic et remplacer le cumin et la coriandre par 1/2 cc d'origan et/ou de thym. Pour une version indienne, remplacez les épices par du garam massala et remplacez le persil par des feuilles de coriandre.


Couscous de légumes {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 6 personnes : 
- 1 oignon
- 2 gousses d'ail
- 300 g de carottes
- 300 g de topinambours
- 300 g de panais
- 300 g de courge (potiron, butternut, potimarron, ou autre courge à chair ferme)
- 1 bulbe de fenouil
- 1 navet boule d'or
- 1 branche de céleri
- 1 boîte de pois chiches
- 4 cs de raisins secs
- 3 cc de cumin
- 1 cc de paprika
- 1 cc de coriandre moulue
- 1/2 cc de curcuma
- 1/2 cc de cannelle
- 1/2 cc de poivre
- 1 à 2 cs de harissa (optionnel)
- huile d'olive, sel

Eplucher l'ail, l'oignon et la courge. Brosser les autres légumes pour en retirer la terre. Les éplucher s'ils ne sont pas bio.

Couper l'oignon en quarts, puis couper chaque quart en deux dans la largeur. Emincer l'ail. Couper les légumes en gros dés de taille uniforme.

Faire chauffer 3 cs d'huile d'olive dans une grande cocotte. Ajouter tous les légumes et faire revenir 10 minutes à feu moyen, en mélangeant de temps en temps.

Ajouter les épices et bien mélanger pour enrober les légumes. Laisser cuire quelques minutes supplémentaires.

Versez de l'eau jusqu'à mi-hauteur des légumes, portez à ébullition et laissez mijoter à petits bouillons pendant 20 à 30 minutes, ou jusqu'à ce que les légumes soient tendres (bien vérifier les carottes car ce sont elles qui mettent le plus de temps à cuire). Vous pouvez également utiliser une cocotte minute : dans ce cas, comptez 7 minutes à partir du moment où la vapeur s'échappe.

Ajouter les pois chiches égouttés et les raisins secs, en mélangeant délicatement pour ne pas écraser les légumes. Laisser cuire quelques minutes supplémentaires pour porter les pois chiches à température. Saler et ajouter la harissa au goût.

Servir chaud accompagné de semoule (ou du millet ou du quinoa pour une version sans gluten). Se marie très bien avec des boulettes ou des merguez végétales.

Les restes se conservent quelques jours au frigo, ou peuvent être congelés.

Variantes : vous pouvez bien évidemment changer la composition du couscous et utiliser les légumes que vous aimez ou avez sous la main. En hiver, vous pouvez utiliser du céleri rave, du chou blanc, du navet blanc, des rondelles de poireau, des champignons, de la pomme de terre, de la patate douce, ... En été, ajoutez des courgettes, de l'aubergine ou de la tomate.

mardi 7 mars 2017

Mes favoris du mois - février 2017


Qui dit "mois de février écoulé à vitesse grand V" dit "liste de favoris riquiqui" (et à la bourre, aussi...). Comme d'habitude, on commence par la bouffe ;)

01. Okara "crab" cakes | Fatfree vegan kitchen : Je vous le disais dans mon post zéro déchet : cette année, je compte bien faire du lait végétal plus souvent afin de réduire ma consommation de briques Tetra Pak (qui sont un cauchemar à recycler, contrairement à ce que l'on croit!). Et quand on fait du lait végétal chez soi, on se retrouve avec de l'okara, à savoir la "pulpe" essorée de l'ingrédient utilisé pour le lait (amandes ou autre noix, soja, avoine, etc). Ce résidu solide s'avère être un concentré de nutriments qui peut trouver sa place dans de nombreuses recettes : allez donc voir chez Antigone XXI (ici pour le sucré et là pour le salé) ou Marie Chicoca (là encore vous trouverez des idées sucrées ou salées) pour vous en convaincre! Pour ma part, j'ai choisi de tester une recette de "crab" cakes à l'okara de soja, et je dois dire que j'ai été hyper bluffée par leur texture, très similaire à du vrai crabe (ou en tout cas au souvenir que j'ai des très rares fois où j'en ai mangé...). Au niveau du goût, j'aurais du y aller un peu plus franco sur les paillettes d'algues pour avoir un goût marin plus prononcé, mais même sans ça, les galettes sont très bien assaisonnées (pour le mélange d'épices Old Bay, j'ai utilisé cette recette qui s'inspire de la version anglaise). Le seul inconvénient de ces crab cakes est leur fragilité qui les rend très difficiles à retourner dans le four (alors pour une cuisson à la poêle, n'y pensez même pas!), peut-être que l'ajout de gel de lin ou de chia pourrait améliorer les choses.

02. Tartonoireaux (tarte poireaux et noix) | Echos Verts : les tartes salées sont un grand classique chez nous, on en mange très souvent et on adore tester de nouvelles recettes. On s'est laissé tenter par cette variante de la très classique tarte aux poireaux, assaisonnée de moutarde et de noix, et le mélange des saveurs est une vraie réussite! Je pense que c'est une recette que l'on refera très souvent!

03. Baozi au tempeh laqué | Clea Cuisine : je vous le dis de suite : quand j'ai vu cette recette, j'ai bloqué dessus. Bien que je n'en mange pas souvent, j'adore les bahn-bao, ces petites brioches farcies et cuites à la vapeur originaires d'Asie. J'aime beaucoup le moelleux de leur pâte, mais je n'ai jamais osé tenter l'aventure chez moi de peur que ce soit hyper compliqué. Clea m'a convaincue du contraire avec cette recette, qui met également à l'honneur un ingrédient que l'on adore à la maison : le tempeh (ajoutez à ça une marinade à base de beurre de cacahuète, et on touche au sublime haha!). Alors certes, ça demande un peu plus de préparation qu'un plat de spaghettis, mais rien d'insurmontable non plus, et le résultat est évidemment délicieux. Maintenant, je n'ai plus aucune excuse pour ne pas tenter cette version aux légumes chez The Woks of Life!


Passons maintenant à mon coeur lecture de ce mois de février (voire même, de ces derniers mois, je crois que je n'avais pas accroché à un livre à ce point depuis The Expanse cet été!). J'avais prévu de vous faire des posts lecture en février, mais je n'ai pas eu le temps de m'y atteler sérieusement, et je pense que c'est cuit pour mars aussi, alors je ne veux pas prendre le risque de ne jamais vous parler de cette saga absolument passionnante! Allez, j'arrête avec mon suspense à deux balles : il s'agit de La Passe-Miroir, de Christelle Dabos. Vous en avez probablement déjà entendu parler, tant le succès rencontré par les deux premiers tomes est immense, en tout cas après des membres du groupe Facebook du Club Lecture Mango and Salt! Victoria a d'ailleurs consacré un article au sujet de ces deux livres que je vous invite à aller lire, car son analyse est très pertinente (et sans spoil!), je n'aurais pas fait mieux (et en plus je m'épargne de taper le résumé de l'histoire, haha!)

Je pense ne pas exagérer en disant que cette saga a un pouvoir d'addiction du niveau d'Harry Potter, pour ma part j'ai été totalement enthousiasmée par l'univers, les personnages et la plume de l'auteur (pas du tout "infantilisante" comme on peut trop souvent le voir dans les romans jeunesse). Moi qui adore le fantastique, j'ai été servie, je crois même que je n'avais pas lu quelques chose de cette qualité depuis très longtemps, l'histoire est parfaitement cohérente, les péripéties sont savamment dosées, et le mystère au coeur de la saga est véritablement passionnant. Ces deux premiers tomes, que j'ai dévorés à vitesse grand V, m'ont rappelé mon enfance et mon adolescence, passées à bouquiner des oeuvres du même genre.

Pour finir, un favori tout à fait différent, puisqu'il s'agit d'un site internet. A vrai dire, je voulais vous en parler le mois dernier, mais ça m'est totalement sorti de la tête... Je crois que je devrais renommer ce blog "mieux vaut tard que jamais", à force! Enfin bref... S'il vous est déjà arrivé de vouloir agir pour la planète sans trop savoir comment vous y prendre, rassurez-vous, vous n'êtes pas seul(e)! C'est pour y remédier que le site Qu'est-ce qu'on fait? a été crée. Il présente, sous forme d'infographies, des informations au sujet de différents problèmes environnementaux ou sociaux, de façon neutre et ludique. Mais surtout, le site propose des pistes d'action pour chaque problème étudié, des microbilles plastiques au cyberharcèlement. Le site prpose également une application pour aider à mieux consommer, avec une sélection d'adresses et de bons plans (pour l'instant limité à Paris, mais le site promet une extension au reste de la France). Une très bonne découverte donc, j'apprécie ce genre d'initiatives qui aident à agir au quotidien pour une société plus durable!

mercredi 22 février 2017

Zéro déchet : mes axes d'amélioration pour 2017

Et le lauréat du prix du mois-qui-passe-à-la-vitesse-supersonique est attribué à... Février 2017! Félicitations! Non mais là, entre mes déplacements pro hebdomadaires, mes beaux-parents qui nous rendent visite, un weekend entre amis en Lorraine (donc avec 5h de route pour y aller et en revenir, hein), et quelques jours de vacances dans ma famille, je peux vous dire que je n'ai absolument pas vu passer le temps... Avec tout ça, je n'ai pas eu le temps de publier cet article plus tôt, alors que je l'avais prévu pour le mois de janvier. Mais bon, mieux vaut tard que jamais non? Alors aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un sujet que je voulais mentionner ici depuis longtemps : le zéro déchet, et plus particulièrement là où j'en suis dans ce mode de vie et les actions que je veux mener dans ce domaine en 2017.

Qu'est-ce que le zéro déchet?


Je suppose que vous connaissez tous ce mouvement, dont on parle de plus en plus en ce moment, mais au cas où ce n'est pas le cas, voici un petit résumé. Comme son nom l'indique, le zéro déchet ou ZD est un mode de vie qui vise à réduire au maximum la quantité de déchets que nous produisons, cela afin de préserver notre environnement et nos ressources, mis à mal par l'excès d'emballages que l'on trouve dans le commerce. Le zéro déchet fait donc la part belle aux achats en vrac, de seconde main, et aux préparations maison, que ce soit en cuisine, pour les cosmétiques ou même les produits d'entretien. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire le livre de la papesse de ce mouvement, Béa Johnson, ou bien le blog et le livre de La famille (presque) zéro déchet.

La base du zéro déchet : le vrac et le fait-maison

Et moi, dans tout ça?

Pour ma part, je suis rentrée dans ce mouvement par la porte de l'alimentation (comme on pouvait s'en douter vu ma passion pour la bouffe haha!). Depuis que j'ai commencé à cuisiner au quotidien, je tiens en horreur le gaspillage alimentaire (pourtant je n'ai pas le souvenir d'avoir été élevée à coup de "finis ton assiette, y'a des enfants qui crèvent de faim dans le monde!"). Je déteste jeter de la nourriture et des ingrédients, non seulement ce n'est pas écologique (toutes les ressources nécessaires à la production des aliments jetés sont perdues), mais c'est aussi une perte d'argent. J'ai donc été ravie de tomber, il y a quelques années, sur le très instructif livre de Lisa Casali : Cuisiner mieux en jetant moins. Il explique comment cuisiner et consommer des parties de légumes habituellement jetées  bien que totalement comestibles (épluchures, fanes, cosses etc), mais aussi accommoder un reste de céréales, de pain ou de gâteau sec, etc, et la grande majorité des recettes sont végétariennes (seules quelques unes sont a base de poisson). J'avoue que je ne suis plus aussi motivée qu'au début (je ne stocke plus de pelures en quantité astronomique dans mon congélateur pour en faire du bouillon par exemple, mais j'ai tout de même une recette de bouillon en poudre à partir de pulpe de légumes ici) mais j'essaie tout de même de continuer dans cette voie au maximum. 

De plus, mon goût pour la cuisine et le fait maison, ainsi que mon aspiration à une alimentation (et également à une routine beauté, d'ailleurs) les plus exemptes possibles d'additifs nocifs, me poussent à me passer au maximum des préparations industrielles. Je fais donc moi-même mes pâtes à tarte et à pizza, mes pains a burger, granolas et mueslis, gâteaux, brioches... Ça prend certes un tout petit peu plus de temps que d'ouvrir un paquet de "tout fait", mais au moins je sais ce que j'y mets et je trouve ça meilleur, et c'est souvent moins cher ! C'est par ce biais que je me suis intéressée au zéro déchet et petit à petit, j'ai commencé à en appliquer de plus en plus les principes de base dans ma vie : j'achète mes légumes à des producteurs locaux, je refuse les sacs plastiques et leur préfère les tote bag en tissu, je privilégie le vrac en magasin bio, ne consomme quasiment pas de plats préparés sous emballage, et finalement nous avons mis en place un bac de compost sur notre balcon, qui s'est rapidement rempli (mais malheureusement, le compost ne s'est pas correctement formé et nous avons maintenant un bac rempli d'une substance marronnasse bizarre qu'on refuse d'ouvrir...). 

Malgré ça, je trouvais que nos déchets continuaient à se multiplier à une vitesse qui me rendait dingue. C'est dans un de ces moments de raz-le-bol envers ma poubelle qu'est paru La famille (presque) zéro déchet, et j'ai décidé d'y voir un signe. Je me suis donc jetée sur ce livre (qui s'est d'ailleurs retrouvé quasiment en rupture de stock dès sa sortie, du moins dans ma librairie) en espérant y voir un peu plus clair dans mes déchets.

Le tofu en barquette ou sous vide, le lait et la crème végétale en brique : un cauchemar pour les zéro déchets...

La famille (presque) zéro déchet

Après une introduction qui m'a semblé un peu répétitive, probablement car les mêmes chiffres y sont mentionnés plusieurs fois, le livre se divise en plusieurs parties pour attaquer les déchets sous tous les angles : les courses, la cuisine, l'hygiène de la maison, les cosmétiques, les fêtes, les enfants, et la maison. J'ai beaucoup apprécié la profusion de "recettes" de cosmétiques et de produits ménagers, qui permettent de réaliser aussi bien du mascara que des tablettes pour lave-vaisselle. Mais à part ça, je n'ai rien appris de nouveau par rapport à ce que je savais déjà : pour limiter ses déchets, il faut d'abord ne pas en créer. Donc, ne pas acheter de produits emballés ou refuser les emballages dès que possible, leur privilégier des emballages réutilisables (sacs à vrac, tuperwares), faire soi-même ce que l'on trouve généralement sous plastique (biscuits, yaourts, compotes, pâtes à tartes, etc), préférer les contenants en verre ou métal (recyclables à l'infini), acheter d'occasion, offrir des cadeaux non matériels ou faits main, etc. 

J'avoue qu'après une première lecture, je me suis sentie un peu découragée, du moins par rapport à mes déchets alimentaires. Car la famille presque zéro déchets n'est pas végétarienne, et ils peuvent donc relativement facilement trouver de la viande et des produits laitiers en vrac. Mais quand on ne consomme aucun de ces produits et qu'on cherche à les remplacer par des alternatives végétales, impossible de se passer d'emballage : briques Tetra Pak pour les laits et crèmes, et plastique à gogo pour le tofu et tempeh. Et je ne parle même pas des substituts carnés ou des fromages véganes, eux aussi vendus sous emballage, c'est d'ailleurs ce qui fait que je n'en achète jamais (ainsi que leur prix exorbitant... De toute façon j'en trouve très peu dans mon magasin bio!) À quand les boucheries et crèmeries véganes ?! (Le premier qui me dit "y'en a une a Paris!", je l'étrangle...).

Une fois ce premier moment d'abattement passé, j'ai décidé que je n'allais pas en rester là et j'ai réfléchi un bon coup aux déchets que je produisais et aux actions que je pouvais mener pour les réduire. J'ai donc fait une liste, déchets d'un côté, solutions de l'autre. Et croyez-moi, même sans m'occuper de mes produits végétaliens, j'ai déjà une belle marge de progression ! J'ai déjà commencé à entreprendre quelques améliorations, je fais par exemple ma margarine maison, et j'ai acheté une brosse à dents entièrement compostable (à 4€ pièce, quand même... J'espère qu'elle va me dire jusqu'en 2025 à ce prix là !), et en ce début d'année (oui bon, on est fin février, OK, mais ça reste quand même le début d'année par rapport à décembre non?) je voulais lister quelques actions zéro déchet que je compte bien intégrer à mes habitudes en 2017! J'ai divisé cette liste en deux volets, correspondant à deux endroits particulièrement générateurs de déchets chez nous : la cuisine et la salle de bains. J'espère que cette petite liste me motivera à poursuivre dans la bonne direction, et qu'elle vous encouragera à vous lancer si vous êtes un novice en la matière !



Mes objectifs zéro déchets pour 2017 : en cuisine...
  • Bannir le Sopalin : oui, vous avez bien lu. On utilise toujours du Sopalin, l'ennemi n°1 des ZD. Ca fait un moment que je songe à m'en débarrasser, alors cette fois, on va le faire une bonne fois pour toutes. Une fois que notre dernier rouleau sera terminé, on n'en rachètera pas, et à la place on utilisera des lingettes microfibres et des serviettes en tissu.
  • Fabriquer des sacs à vrac : privilégier le vrac, c'est bien, mais avec des sacs réutilisables, c'est mieux. Pour l'instant, on réutilise les sachets en papier fournis dans notre magasin bio, mais ils finiront bien par nous lâcher un jour (sans compter que ceux qui sont fournis actuellement ont une bande de plastique sur le devant qui se décolle/déchire/les deux au premier usage...). Je vais donc rentabiliser mes chutes de tissus fins pour fabriquer quelques sacs à vrac, même si ce n'est franchement pas le truc le plus passionnant à coudre...
  • Fabriquer des tawashis : rien à voir avec les sushis, si ce n'est l'origine géographique. Le tawashi est une éponge lavable, tissée ou crochetée, qui nous vient du Japon. Une fois sale, hop, un petit tour au lave-vaisselle, et c'est reparti pour un tour! Exit les éponges jetables qui se désagrègent au bout de trois semaines! Comme j'ai prévu de coudre avec du jersey cette année, je vais là aussi rentabiliser mes chutes pour me fabriquer un ou deux tawashis et me débarrasser définitivement des éponges classiques. Et pour la partie grattounette (mais siiii, vous savez, le côté vert, là!), j'avais déjà prévu le coup il y a quelques mois en achetant des brosses à vaisselle à Amsterdam (chacun ses souvenirs, hein...)
  • Changer de poêles : alors là, vous vous demandez peut-être le rapport avec le zéro déchet. C'est pourtant simple : chez moi, les poêles en Teflon dépassent rarement les 5 ans d'existence (et encore, je vise large), avant que le revêtement ne se fasse la malle (et me file le cancer au passage). Parce que, sérieusement, le Téflon, c'est l'enfer, en vrai. Tu peux rien faire dans ta poêle ou ton moule : ne pas couper dedans, ne pas le gratter pour le laver, et en plus la chaleur dégrade le revêtement. Alors pourquoi est-ce qu'on est aller coller ça sur un truc qui sert à cuire des aliments ?! Alors qu'une poêle en inox, ça te dure au minimum 20 ans, voire même toute une vie. En plus de ça, aucun risque sanitaire n'est associé à ce matériau. Donc c'est décidé, je remplace toutes mes poêles une bonne fois pour toutes par de l'inox. C'est certes un investissement, mais lors des soldes, il est possible en trouver à des prix intéressants (chacun son objectif soldes, hein...)
  • Remplacer les biscuits petit déj de chéri par du fait maison : autant côté salé, on ne génère pas trop de déchets, autant sur le sucré, on a quelques progrès à faire, surtout concernant les biscuits emballés en portion individuelles, fourrées dans une boîte en carton. Je pense notamment aux biscuits "petit déjeuner" que mon copain mange de temps en temps, les matins où il est pressé et qu'il n'a pas le temps de déjeuner à l'appart. (Au passage, on en parle de cette imposture marketing du biscuit petit déj? Hop, on y met trois pauvres flocons d'avoine et on fait croire que c'est trop bien de commencer la journée en mangeant des gâteaux bourrés de sucre et d'huile de palme. Bref.) Pour lui éviter d'en consommer, je fais déjà des muffins que je congèle, il suffit d'en sortir un la veille pour le lendemain. Le problème, c'est qu'on n'y pense pas systématiquement, d'où la présence de biscuits petit déj dans nos placards. Cette année, je compte bien me trouver une recette de cookies pour petits déjeuners, riche en vrais flocons de céréales, que je ferai régulièrement pour remplacer les biscuits industriels. Chéri n'aura plus qu'à en attraper un ou deux dans un bocal avant d'aller travailler!
  • Refuser les sachets du pain : oui, ça paraît ridicule comme action, dit comme ça. Mais autant on refuse les sacs plastiques, autant on continue à accepter les sachets/papiers du pain. Et vu le nombre de baguettes que l'on consomme, je peux vous dire que c'est un déchet TRÈS présent chez nous. Donc en 2017, on refuse les sachets pour le pain, et on apporte nos sacs à vracs pour les pains à trancher!
  • Faire du lait végétal plus souvent : comme je le disais ci-dessus, nous produisons des déchets car nous consommons des substituts végétaux à la viande et aux produits laitiers, d'autant plus que nous avons décidé de bannir définitivement les briques de lait de vache de notre alimentation. Nous le remplaçons par du lait de soja ou d'amande, et malheureusement il n'est pas possible de se fournir directement chez un producteur avec une bouteille en verre pour ce genre de produits. La bonne nouvelle, c'est que faire du lait végétal maison, c'est tout à fait possible (de même pour le tofu et le tempeh d'ailleurs, mais chaque chose en son temps!). J'aimerais donc prendre l'habitude d'en réaliser plus souvent, notamment du lait d'amande, de cajou, ou d'avoine, car c'est très simple à faire. Il suffit juste de penser à mettre les noix à tremper la veille au soir, et le lendemain matin l'affaire est réglée en 5 minutes de mixage et filtrage! Pour le lait d'avoine, c'est même encore plus simple puisqu'il n'y a même pas besoin de passer par l'étape trempage! En outre, je suis certaine que cela coûte moins cher que d'en acheter du tout fait.

... et dans la salle de bain.

  • Bannir les mouchoirs en papier: eh oui, en plus du Sopalin, on utilise des mouchoirs en papier. Enfin, surtout moi d'ailleurs, vu que je passe une bonne moitié de l'année avec la reniflette... La honte du zéro déchet quoi! Eh bien cette année, fini les mouchoirs jetables, je passe à la version en tissu. Je sais que c'est un sujet controversé, beaucoup trouvent ça sale, mais je pense que c'est uniquement parce qu'on nous a fourré ça dans le crâne pour mieux nous vendre du jetable. Car honnêtement, QUI ne se mouche réellement qu'une seule fois dans son Kleenex avant de le jeter à la poubelle? (Ne me dites pas que je suis la seule à les collectionner dans mes poches?...) Quant à ceux qui disent que c'est dégoutant de les laver en même temps que ses vêtements, je vous répondrai que vous l'avez bien vous sous-vêtements qui ont été en contact avec vos fesses toute une journée sans que ça ne vous pose de problème, alors pourquoi les mouchoirs seraient-ils pires? Et puis vous pouvez choisir de les laver avec vos draps et serviettes au pire!
  • Faire du déodorant maison : ça fait longtemps que j’ai abandonné les déodorants « classiques » du commerce, d’une part parce que ceux-ci étaient de plus en plus inefficaces sur moi, et surtout parce qu’ils sont bourrés de produits a priori pas tip-top pour la santé (d’autant plus qu’on les utilise sur une zone de notre corps assez stratégique, à savoir près de ganglions situés sous les aisselles et à proximité des seins pour les femmes…). Depuis, j’ai examiné plusieurs alternatives plus naturelles, d’abord du bicarbonate de soude (au très fort pouvoir anti-odeurs) en friction sur les aisselles, puis un déo solide acheté sur Etsy et dont la texture trop crémeuse ne m’a pas convaincue, et enfin de l’huile essentielle de palmarosa (anti-bactérienne, elle permet d’éviter les mauvaises odeurs liées non pas à la transpiration mais bien aux bactéries qui prolifèrent dans le milieu chaud et humide que sont nos aisselles !) mais son odeur très forte a fini par me dégoûter un peu (depuis, j’en ai dilué quelques gouttes dans du bicarbonate et ça va mieux !). Je m’étais promis depuis longtemps de me fabriquer un déo en crème car c’est un produits très facile à faire et qui ne nécessite que quelques ingrédients faciles à trouver (vous pouvez en trouver une recette ici par exemple) . C’est donc un bon point de départ pour ceux qui voudraient se tourner vers les cosmétiques maison. Je compte bien honorer enfin cette promesse en 2017, même si ça ne sera pas pour de suite car j’ai encore pêché par fainéantise et acheté un stick de la marque Dr Schmidt’s récemment. Mais une fois vide, promis, je me lance ! [Petite précision concernant le bicarbonate de soude : il est possible qu'il vous irrite les aisselle à forte dose, donc si vous avez la peau sensible, évitez de l'appliquer pur sur votre peau. Ceci dit, moi j'ai une peau habituellement très réactive mais le bicarbonate ne m'a jamais fait le moindre mal!]
  • Remplacer mes gommages industriels par du fait-maison : j’ai une peau sensible et fragile, aussi je n’utilise que très rarement des produits de gommage, et pourtant j’en ai trois tubes dans ma salle de bain! Une fois qu’ils seront vides, je ne les remplacerai pas car il est très facile de fabriquer ce genre de produits soi-même, c’est même encore plus simple que pour le déo! Le plus ironique dans l’histoire, c’est que j’en ai déjà fait plusieurs fois pour offrir, à partir de cette recette. Les avantages d’un gommage maison sont nombreux : outre le fait de pouvoir contrôler parfaitement la composition et de l’adapter aux besoins de sa peau, et bien entendu de ne produire aucun déchet plastique (flacon ou boîte), c’est également une solution beaucoup plus économique et surtout écologique. En effet, les gommages du commerce contiennent souvent des microbilles en plastique qui vont alors polluer les océans (il existe cependant des alternatives naturelles à base de noyaux d’abricots, c’est le cas des produits que j’ai chez moi). Ce type de produits sera bientôt interdit à la vente en France, si ce n’est pas déjà le cas, mais en tout cas, avec une recette maison, vous êtes sûrs de ne rien rejeter de toxique dans la nature!
  • Se passer d'après shampoing : je dois vous avouer que j'ignore pourquoi j'ai commencé à en utiliser, car pendant des années je faisais sans. Je me suis peut-être dit que ça permettrait de limiter l'apparition de fourches sur mes pointes toujours très sèches, mais je ne suis pas certaine que ce soit réellement efficace... Je compte donc finir le flacon que j'ai en cours et ne pas en racheter, à la place je miserai sur un masque mensuel à base de gel d'aloe vera et d'huile végétale, un mélange qui fait des miracles sur cheveux secs.
  • Passer au dentifrice solide : bon, je ne vais pas vous mentir, ce point sera probablement le plus difficile de la liste,. Ce ne sont pourtant pas les options qui manquent, qu'elles soient maison ou du commerce, mais je ne sais pas trop si on arrivera à se faire à ce type de produit... Et j'avoue également que je me demande un peu si c'est réellement pratique à transporter en voyage. Enfin bon, qui ne tente rien n'a rien!
  • Favoriser les produits multi-usages au maximum : pourquoi avoir une crème pour les mains ET une pour le corps quand une seule peut faire le boulot de deux? Je vous ai déjà parlé de mon produit chouchou du moment, une crème Basis sensitiv de Lavera, qui remplit parfaitement son rôle partout où je l'applique (elle a même sauvé en deux jours à peine mon nez complètement écorché par un mouchage intensif!). Dans le même genre, je pense au beurre de karité, qui peut en plus faire office de baume à lèvres : du trois-en-un!
  • Bannir le savon liquide pour les mains (et peut-être pour le corps?) : même si on utilise uniquement des recharges que l'on versé dans un flacon-pompe, et qui sont donc moins polluantes qu'un nouveau flacon à chaque fois, ça reste un déchet plastique que l'on peut facilement éliminer. Il nous suffira d'utiliser des savons solides à la place. Ça tombe bien, j'en ai justement quelques uns d'avance, car on m'en a offert plusieurs fois mais je ne les utilisais pas sous la douche car je trouvais que ce genre de produit m'asséchait la peau. J'ai appris récemment que c'est parce qu'il ne s'agit pas de savons saponifiés à froid, qui, eux, sont bien plus doux pour l'épiderme. Je vais donc circonscrire l'usage de mes savons-pas-bons au lavage de mains, et puis peut-être que dans un second temps je passerai aux savons saponifiés à froid pour le reste du corps (mais pour l'instant on a encore un méga flacon de gel douche à terminer!)
ET VOILA, tu es arrivé à la fin de cet interminable article (aussi bien à lire qu'à écrire, dis toi que ta souffrance est partagée!) (si t'as tout lu en entier hein, rien n'est moins sûr... Si ce n'est pas le cas, je ne t'en veux pas, rassure-toi). Pour les pros du zéro déchets, ces actions pourront peut-être paraître assez minimes, mais je suis une partisane du "chaque chose en son temps", il me faut un certain moment pour mettre en place des routines et des habitudes. Pour les novices en revanche, ça peut paraître beaucoup d'un coup, mais une fois encore, il s'agit d'y aller progressivement et de découper la chose en petits morceaux pour la rendre plus digeste. C'est vraiment un pli à prendre, et ça se fait plus facilement qu'on ne se l'imagine. Et puis la communauté du zéro déchet grandit, de nombreux blogs et groupes Facebook sont consacrés à ce mode de vie et vous y trouverez toujours du soutien les jours où le découragement pointe. Chaque petit geste compte, ne laissez personne vous dire le contraire! Si vous aussi, vous avez des objectifs zéro déchet pour l'année 2017, n'hésitez pas à les partager avec moi, plus on est de fous, plus on rit ;)

mardi 14 février 2017

Une robe Eliana bohème


Je m'étais promis de vous montrer cette cousette en janvier, mais avec les températures polaires de ces derniers temps, difficile de faire des photos dehors sans perdre trois orteils au passage... (Quant aux photos en intérieur, vous voyez ce que ça donne...) Heureusement, il fait maintenant (un peu) moins froid, je peux donc vous présenter ma robe Eliana, qui attendait de voir le jour depuis une éternité (si ce n'est pas deux, haha). En effet, cela fait presque un an, ou peut-être même plus, que je l'ai terminée une première fois, et depuis, elle était en attente de retouches pour pouvoir l'aller correctement. Allez, grimpez dans la DeLorean avec moi, je vous raconte son histoire !

Automne/hiver 2015. Les robes bohèmes à motifs de fleurs sur fond sombre sont à la mode. J'en ai vu partout dans les festivals pendant l'été, c'est une pièce qui est pile dans mes goûts et dans mon style, bref, moi aussi je veux ma robe fleurie. Un jour, ça fait tilt dans mon cerveau : en réalité, je l'ai déjà, mais en pièces détachées. D'un côté, le patron Eliana de Pauline Alice, l'un des tout premiers que j'ai achetés. De l'autre, un tissu en pseudo crêpe de je-sais-pas-quoi, acheté au poids chez Toto, à motifs végétaux sur fond noir.


À cette époque, j'ai encore peu d'expérience en couture et je suis un peu perdue quant à la taille que je dois couper. Mes mensurations m'orientent vers un 36 en haut, 38 à la taille et 40 en bas, mais les mesures de la robe finie me laissent penser qu'un 36 partout peut suffire. Confuse, je profite de ma venue au salon CSF pour demander a Pauline, la créatrice du patron en personne, un conseil de taille. D'après elle, un 36 suffit, voire même un 34.




Une fois de retour chez moi (et après quelques mois semaines de procrastination...) je me décide enfin à couper dans mon tissu. En bonne tête de mule que je suis, je choisis du 36 au niveau du buste que je grade vers un 38 à la taille et pour la jupe. La réalisation se passe sans encombre, si ce n'est la pose du biais sur la fente sur le devant, qui est un peu délicate et qui fait quelques plis, mais rien de vraiment grave. Je suis contente du résultat, mais au moment de l'essayage, je déchante. Déjà, les manches sont beaucoup trop longues, de 10 bons centimètres, mais c'est facilement corrigeable. Et surtout, il y a un gros excès de tissu à la taille et sous les bras, qui forme un repli pas du tout esthétique au niveau de l'élastique.





J'essaie alors d'imaginer des solutions : reprendre la robe sur les côtés, mais avec les manches raglan je ne suis obligée de faire correspondre ma couture côté avec celle en biais de manches, et en pinçant le tissu avec les doigts, je vois bien que ça resserrera beaucoup trop la manche sous le bras. Ou bien je peux remonter l'encolure, puisque je me rends compte qu'en tirant dessus pour faire coïncider la couture de dessous du bras avec mon aisselle, tout l'excès de tissu est résorbé. Mais ça implique de couper 5 bons centimètres sur le haut de la robe, de perdre les pinces sur le haut des manches et la fente sur le devant, et surtout il faudrait reposer tout le biais d'encolure et j'avoue que ça ne m'emballe pas vraiment. À ce stade, j'envisage d'envoyer un mail avec des photos à Pauline pour lui demander conseil, mais je ne prends pas le temps de le faire.





C'est ainsi que ma robe a passé environ 10 mois en stand-by, en attendant que je trouve une solution miracle pour l'arranger. Arrive alors le mois de novembre, et avec lui le salon CSF et une nouvelle occasion de poser mes questions à Pauline. Je prends donc quelques photos de ma robe avant de monter à Paris, et une fois sur le stand, j'expose mon problème et les deux solutions auxquelles j'avais réfléchi. C'est alors que Pauline me dit : "Pourquoi ne pas simplement remonter la taille? Ça résorberait l'excès de tissu à ce niveau, quant aux aisselles, c'est normal qu'elles soient basses sur ce modèle."



Mais oui, c'est aussi simple que ça! Au cours de l'année passée, j'avais pourtant réalisé que j'avais la ligne de taille assez haute, ça aurait du me mettre sur la piste, mais je restais bloquée sur mes deux pseudos solutions galère. J'ai donc tout simplement repris la taille de 3 cm, et raccourci les manches pour qu'elles tombent correctement, deux modifications ultra faciles à mettre en place et qui se sont avérées payantes puisque ma robe me va désormais parfaitement! J'ai juste un peu fait mon boulet sur les biais d'emmanchure : j'ai recoupé des rubans un peu trop étroit et je n'arrivais pas à les replier vers l'intérieur, j'ai donc du en coudre une seconde bande au bout de la première, mais le résultat n'est pas très régulier et la piqûre de maintien n'est pas droite et surtout elle se voit sur l'endroit. Malgré ce détail, je suis véritablement dingue de cette robe, elle correspond parfaitement à mes attentes et elle a (presque, faut bien la laver de temps en temps!) relégué au placard toutes les autres! Elle se marie aussi bien avec un gros gilet et une paire de bottines qu'avec un gros pull et des cuissardes, et s'assortit à merveille avec tous mes bijoux de hippie ;) En bref, c'est vraiment LA robe bohème parfaite pour l'automne et l'hiver, et je sais qu'elle va m'accompagner pendant de nombreuses années! Merci donc à Pauline pour ce patron et ses réponses à mes questions (deux fois, tout de même!), sans quoi cette merveille n'aurait jamais vu le jour! Oui oui, merveille, rien que ça, j'assume tout à fait mon enthousiasme débordant et mon manque d'objectivité envers cette robe, mais que voulez-vous, je suis tellement heureuse du résultat et j'étais tellement dépitée d'être bloquée si près du but que je peux difficilement cacher mon amour pour cette pièce ;)

Patron : Robe Eliana (Pauline Alice)
Niveau : Débutant confiant
Techniques requises : fronces, pose de biais
Remarques sur le patron : j'ai choisi la version PDF,je n'ai eu aucun souci sur l'assemblage des feuilles. Les explications sont détaillées et illustrées de façon très claire.
Taille : 36 au niveau du buste, gradé vers un 38 à la taille et pour la jupe
Fournitures : tissu au poids Toto Tissus, élastique
Modifications apportées : taille remontée de 3 cm et manche racourcies de 9 cm
Difficultés rencontrées : la pose du biais sur la fente de devant est un peu délicate

Cohérence avec ma garde robe : 10/10, une robe pile dans mon style!
Confort : 9/10, avec un pull par dessus, la taille a parfois tendance à remonter. J'adore le fait qu'elle ait des poches! #lespochescestlavie
Seyant : 10/10, après retouche, je suis pleinement satisfaite de la coupe!
Qualité : 8/10, le tissu a l'air solide, mais est un peu décoloré par endroits (en bout de manches notamment). Les finitions au niveau du biais d'emmanchure ne sont pas très propres. Heureusement, ces défauts n'ont pas d'impact sur le rendu général de la robe!

A refaire ? : maintenant que je sais quelles modifications faire pour que ce modèle tombe parfaitement sur moi, il est probable que j'en fasse une nouvelle un jour car j'aime beaucoup cette silhouette! Je tenterais bien la version B sans manches pour l'été.