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vendredi 2 février 2018

Couture : mon bilan 2017 et mes projets pour 2018

J'ai un peu de retard dans mes posts en ce moment, car j'ai beaucoup de boulot et j'enchaîne les déplacements pro, et je n'ai pas très envie de me coller devant mon PC pour bloguer les weekends... La rengaine habituelle quoi ;) C'est donc en ce premier deuxième (oui, je suis encore plus en retard que prévu...) jour de février que je fais mon bilan couture de l'année 2017 et que je dresse ma liste de projets pour 2018. Bon, en réalité, j'ai déjà fait cette dernière depuis quelques temps, puisque j'ai partagé mon #2018makenine sur Instagram il y a déjà quelques semaines!

L'an dernier, j'ai participé au défi/projet #jecoudsmagarderobe2017, lancé par Clotilde. L'objectif était de coudre un vêtement de chaque type (pantalon, jupe, robe, T-shirt, etc) par mois, afin de se constituer une garde robe cousue main complète en une année. J'avais donc fait en janvier dernier une liste de projets, qui me plaisait beaucoup (et que vous pouvez voir ici). Je m'y suis plutôt bien tenue, du moins pour les pièces que j'ai réalisées, même si j'ai accumulé beaucoup de retard au fil de l'année. J'ai rattrapé une grande partie de ce retard au cours de l'été, et c'est ainsi qu'en septembre, j'avais cousu huit pièces sur ma liste : une robe fleurie pour janvier, un jean Safran pour février, un T-shirt Plantain basique en coton gris pour mars, une jupe Chardon en wax pour avril, une combi cache-coeur pour mai, une blouse brodée de fleurs pour juin, un short-culotte fleuri pour août, et une robe-chemise pour septembre. Je me suis montrée plus paresseuse en automne et hiver, mais pour ma défense il y a eu mon déménagement au milieu. Il reste donc 4 pièces qui n'ont pas été réalisées, dont deux pour lesquelles je n'avais pas beaucoup de motivation, ni de projet vraiment bien défini de toute façon, et qui étaient plutôt là en "bouche-trous" pour remplir les deux catégories restantes. J'ai donc reporté une partie de ces projets en 2018.


J'ai également cousu quelques pièces en dehors de ma liste : une robe Moneta (qui était plus une toile portable qu'autre chose à vrai dire), un top Aime comme Magellan inspiré d'un haut Sézane qui attendait d'être réalisé depuis des mois, un costume de Harley Quinn pour le Hellfest composé d'un short Aime comme Manège et d'un T-shirt Plantain, un top et une robe longue pour une de mes amies (OUI INCROYABLE j'ai cousu pour quelqu'un d'autre que ma petite personne ^^), et une housse de fauteuil (oui je la compte dans mes cousettes de l'année, mes fauteuils aussi ont le droit d'avoir des jolies fringues non?). Vous pouvez voir certaines de ces cousettes sur mon Instagram (la robe, le costume d'Harley Quinn et la housse de fauteuil), et je pense consacrer un article à mes nombreuses Aime comme Magellan un de ces jours (comprendre : dans 7 mois et demi, à peu près ^^'). Mais en attendant, voici un retour plus détaillé sur chacune des pièces que j'ai cousues dans le cadre du défi #jecoudsmagarderobecapsule2017. Elles ont toutes leur post dédié, que vous pouvez retrouver en cliquant sur les mois de l'année ci-dessous.


Janvier : une robe rouge à fleurs à partir de la blouse La Brune de Delphine et Morissette. C'est le plus gros échec de mon projet capsule, je ne l'ai jamais mise, à part pour faire des photos... Dans ma précipitation, j'ai choisi un tissu trop raide, et surtout qui colle aux collants... Mais j'aime toujours l'idée donc je compte la refaire dans un crêpe avec des motifs semblables (enfin, si j'arrive à en trouver un qui me convient, j'avais commandé celui-ci chez Aniline mais les fleurs sont trop grosses, et pas plus tard qu'avant-hier j'avais trouvé LE tissu de mes rêves et passé commande, malheureusement il y a eu un problème de gestion des stocks et il était en réalité épuisé :'( ) et raccourcir la ratée pour en faire une blouse! Rien de perdu donc!



Février : un jean Safran (Deer and Doe). J'ai mis beaucoup de temps à le finir, mais c'est l'une des plus grosses réussites de ce projet ! Il n'est pas parfait (notamment au niveau de la fourche, qui est trop tombante) mais je l'ai tout de même porté un nombre incalculable de fois, à vrai dire j'ai même délaissé tous mes autres jeans! Je vais donc probablement m'en coudre un nouveau cette année, ou bien un Ginger de chez Closet Case (ou les deux ^^)



Mars : un T-shirt Plantain (Deer and Doe). Un beau basique dans un tissu tout doux, une merveille de confort, mais malheureusement il prend très vite l'odeur de la transpiration... A refaire dans un autre tissu !



Avril : une jupe Chardon en Wax (Deer and Doe, encore!). Je rêvais d'une jupe de ce genre depuis un bon moment, alors je suis totalement ravie de ma réalisation! J'aimerais lui faire un petit crop top assorti pour l'été prochain.



Mai : une combi cache-coeur, mélange de patrons Tilly and the Buttons et La Maison Victor, dans un tissu Atelier Brunette qui est un vrai régal à porter (bien qu'un chouilla transparent...)! Cette combi, c'est le "secret pyjama" par excellence, dommage que j'aie cafouillé sur les jambes (je ne les ai pas coupées dans le droit fil :s)



Juin : une blouse Aime comme Macumba (Aime comme Marie) au plastron brodé de fleurs (à l'aide d'un cours Artesane). Un projet qui m'a demandé beaucoup de temps mais que j'ai adoré réaliser, et que j'adore porter car c'est tout à fait mon style!



Août : un short-culotte Aime comme Manège (Aime comme Marie) à fleurs. Un projet qui trainait sur ma to-do list depuis des mois, je suis donc très contente de l'avoir enfin concrétisé. J'aime beaucoup ce short léger et confortable, parfait pour l'été.


Septembre : une robe-chemise Reeta (Named) à fleurs (oui, j'avoue, je suis addict aux motifs fleuris!). Bon là j'ai un peu triché car je devais faire une chemise, mais une robe-chemise c'est presque pareil non? ^^ je porte de toute façon très peu de chemises (voire aucune, en fait), alors c'était plus pertinent de faire une pièce que je mettrais plus souvent. Cette robe est ma pièce coup de coeur du projet, un vêtement qui me ressemble vraiment et que je compte garder longtemps !

***

En conclusion, j'ai adoré participer à ce défi, même si je n'ai pas été aussi assidue que je l'avais imaginé en janvier. Ça m'a permis d'exploiter ma collection de patrons et de tissus puisque j'ai essayé au maximum d'utiliser des ressources que j'avais déjà. Me forcer à coudre un vêtement dans chaque catégorie a été bénéfique pour moi, d'une part parce que ça m'a permis de m'attaquer à des types d'habits que je ne couds jamais (ou très peu) comme les pantalons ou les pièces en jersey. D'autre part cela m'a permis d'identifier plus clairement ce que je porte réellement, et de déterminer quels sont mes vrais besoins en matière de vêtements. Parce que coudre des jolies robes, c'est sympa, mais si elles doivent s'entasser dans le placard, alors que je manque de jeans en parallèle, c'est pas très utile... Ceci dit, j'ai aussi pu constater le pouvoir d'une pièce longuement fantasmée et réalisée uniquement pour le plaisir. Je n'avais pas réellement besoin de ma robe Reeta par exemple (j'ai d'ailleurs longtemps lutté mentalement contre ce projet qui m'obsédait), et pourtant je suis tellement heureuse de l'avoir réalisée! C'est certes une n-ième robe à fleurs dans la penderie mais c'est désormais une de mes préférées et elle m'apporte une confiance et une joie incroyable quand je la porte, donc je ne regrette pas une seule seconde d'avoir succombé!

***

C'est donc à partir de ces constatations que j'ai dressé ma liste de projets pour 2018 : j'y ai inclus à la fois des pièces qui correspondent à un réel besoin, d'autres qui répondent à des envies présentes depuis longtemps en moi, et enfin j'y ai reporté les pièces que je n'ai pas réalisées en 2017, qui présenteront en plus l'avantage de me faire progresser sur le plan technique. J'ai, là aussi, essayé de composer cette liste à partir de patrons et de tissus que j'ai déjà en stock, même si je sais que je devrai faire quelques nouveaux achats pour certains projets. Voici donc ce que j'ai prévu pour 2018 :


      *     Un nouveau Jean, soit un autre Safran, soit le Ginger mid-rise de Closet Case, qui a très bonne réputation. Peut-être les deux, qui sait? Un Sew Along du Ginger est en cours de préparation chez Aude, il y a donc de très fortes chances que j'y prenne part.

      *     Un T-shirt Hemlock de Grainline Studio. Parce que même si j'adore les robes, je passe en réalité la majorité de mes journées en jean avec un T-shirt en jersey bien confortable.

      *     Une veste Aime comme Madawan (j'ai le patron depuis ma première visite au CSF en 2015...), dans un jersey gris tout doux, car je me rends compte que je manque de cardigans noir ou gris.

      *     Un pull ou sweat un peu mignon, comme le Kyoto de Papercut par exemple, car là aussi je manque de pulls un peu funky (et puis maintenant que j'habite en Alsace, il serait peut-être bien d'étoffer un peu la garde-robe hivernale !). J'avoue réfléchir aussi à faire un crop-sweat (comme l'Astoria de Colette, dont j'ai déjà le patron) car je porte souvent des jupes taille haute et que je me retrouve coincée au moment de mettre un pull avec... Je suis également tentée par l'idée d'un pull fin à col roulé noir, mais je n'arrive pas à savoir si j'aime réellement cette idée ou si elle est dans ma tête par simple effet de mode...

      *     Une robe Frida de Wear Lemonade, en chambray bleu, qui attend dans ma to-do list depuis des siècles (au moins!). J'espère qu'elle me rendra aussi enthousiaste que ma Reeta! Si j'ai le temps/la motivation, j'en ferai peut-être une deuxième dans un tissu à carreaux acheté exprès pour ça à La Grande Mercerie, mais dans sa variante boutonnée sur le devant.

      *     Une (ou plusieurs) robe Moneta de Colette. Celle que j'ai faite en début d'année dernière est hyper confortable, et j'avais depuis longtemps l'idée d'en faire à manches 3/4 pour l'automne et l'hiver, inspirée par une robe H&M que j'ai beaucoup portée pendant mes études. Quoi de mieux qu'une robe mignonne ET confortable ? J'ai trois jerseys unis qui se prêteront très bien à l'exercice (oui oui, vous avez bien lu, pas de motifs à fleurs pour cette fois!), j'ignore encore s'ils passeront tous à la casserole...

      *      Des culottes. Ça, c'était sur ma liste #jecoudsmagarderobecapsule2017 pour le mois de décembre, mais j'avais en réalité peu d'espoir d'en réaliser car je suis toujours en rush au cours de ce mois. Du coup je reporte l'idée sur 2018, car elle a plein d'avantages : me faire utiliser des chutes de tissu, répondre à un réel besoin (oui, j'ai besoin de culottes confortables, voilà c'est dit! #memepashonte Et si en plus elles peuvent être pas trop moches, cet mieux !), et me faire travailler sur de la lingerie, ce qui demande des techniques parfois différentes de la couture de vêtements. J'ai deux patrons en stock pour ça : Bel Air de Rebecca Meurin (pour du chaine et trame) et Accacia de Megan Nielsen (pour du jersey).

      *     Et enfin, mes deux gros projets que j'ai repris de ma liste de l'an dernier. Tout d'abord un perfecto en suédine brique, le 202 de DP Studio dans un tissu Mondial Tissu. J'ai déjà décalqué le patron (25 pièces !!! Je voulais un ouvrage technique, me voilà servie!) mais malheureusement mes epingles ne se plantent pas dans la suédine donc il va falloir que j'utilise des poids pour maintenir les pièces de patron et que je coupe au cutter rotatif, sauf que je n'ai pas de tapis de coupe... Ça fait des mois et des mois que je repousse cet achat, cette fois je n'ai plus le choix ! J'aimerais aussi lui trouver une doublure un peu plus jolie qu'un simple tissu noir, mais pour l'instant rien ne trouve grâce à mes yeux.

      *     Ensuite, une cape jaune, la Camden de Colette. Je m'interroge un peu sur la praticité de ce genre de vêtement, mais je trouve ça tellement beau qu'il faut que je tente le coup au moins une fois! Et puis comme ça je pourrai me balader sur les marchés de Noël bien au chaud sous ma cape! J'espère juste que ma machine sera en mesure de coudre du lainage...

***

Voilà donc pour mes projets de 2018, c'est pas mal chargé non? Bon, j'ai aussi un projet d'Aime comme Magellan qui traîne dans un coin de ma tête depuis des lustres... Plus un pantalon-culotte prévu en 2015, une nouvelle Eliana, pourquoi pas une salopette en suédine, bref, je devrais vivre dans un monde idéal où j'aurais des journées de 72h dédiées uniquement à la couture... Mais tant qu'à rallonger la liste, je vais plutôt y mettre des projets qui ne sont pas pour moi : cela fait une éternité que j'ai promis des chemises à chéri, j'ai une deuxième housse de fauteuil qui attend d'être montée, et je voudrais en faire une pour mon canapé également, avec quelques coussins aussi. Haha, quand je vois la taille de ma liste mais que je pense que je n'ai pas touché ma machine de tout le mois de janvier, je me dis que je ne suis pas au bout de mes peines! En tout cas, vous, vous l'êtes, puisque je clos (enfin!) cet interminable roman-fleuve ^^' Si vous voulez partager vos projets couture (ou tricot!) de l'année en commentaire, faites-vous plaisir, je suis toute ouïe ;) Je vous souhaite un excellent weekend!

mardi 3 octobre 2017

{#jecoudsmagarderobecapsule2017} Septembre : la presque-chemise

J'avoue : j'ai triché. Non seulement parce que je devais réaliser une chemise en septembre, et non pas une deuxième robe (mais c'est une robe-chemise, alors ça compte aussi, non? Franchement, j'ai suffisamment galéré sur le col pour pouvoir la faire rentrer dans la catégorie chemise!), mais aussi parce que j'ai en réalité cousu cette pièce au début de mois d'août, sur un coup de tête, et dans l'urgence la plus totale (on y reviendra). Mais j'aime tellement cette cousette que je ne pouvais absolument pas attendre l'année prochaine pour la montrer par ici, même si je suis déjà à la limite du météorologiquement correct avec une tenue pareille en octobre! De toute façon, je vous le disais début septembre, n'ai pas eu le temps de coudre une chemise comme je l'avais prévu ce mois-ci, étant sans cesse en vadrouille le weekend. En plus de ça je n'avais pas trouvé de tissu comme je voulais, et puis quoi qu'il en soit, les chemises et moi, on est pas super copines. C'est vraiment une pièce que j'ai du mal à porter, car je n'arrive jamais à trouver de coupe qui me convient : sur les modèles ajustés, soit ça tombe au niveau des épaules, soit ça tire sur la poitrine. J'ai peur d'essayer des couples droites et un peu plus amples, par crainte de ressembler à un sac à patates tout droit sorti des années 80. Je ne sais jamais combien de boutons fermer, j'aime l'effet "preppy" d'une chemise boutonnée jusqu'en haut mais je me sens alors complètement coincée dans mon vêtement, comme à chaque fois que je porte une encolure à raz du cou. Je n'arrive pas à gérer la superposition avec un pull ou un gilet (est-ce que je dois mettre le col par dessus? Rentrer la chemise dans mon pantalon ou la laisser dépasser?), ni le port d'une montre et de bracelets (est-ce que je dois les glisser dessus ou dessous les poignets de la chemise? Ou bien les entasser en bout de bras, entre ma main et la fin de la manche? Ou encore ouvrir un bouton pour les laisser circuler? Retrousser le bout des manches?) (Notez que j'ai le même problème avec toutes les manches qui se resserrent au niveau du poignet, alors que c'est pourtant un style que je trouve très joli...). Bref, vous l'avez compris, les chemises, c'est pas mon truc.





Alors certes, ce projet capsule de septembre, c'était peut-être l'occasion de me réconcilier avec ce vêtement, mais bon, j'ai raté le coche. Par contre, puisqu'on parle de réconciliation, c'est grâce à cette robe que j'ai retrouvé le chemin de la machine à coudre. Après mes galères avec mon pantalon Safran cet hiver, et le retard qui s'accumulait petit à petit sur mes projets, j'avoue avoir un peu perdu la motivation. Je cousais peu, sans grand entrain, tout juste motivée par le fait que j'avais une to-do list (qui m'enthousiasmait pourtant beaucoup sur le papier!). Et puis en mars dernier, Named a sorti sa collection de patrons printemps-été. Plusieurs silhouettes m'ont alors tapé dans l'oeil, et en particulier la robe Reeta. Je trouve généralement cette marque trop pointue et minimaliste à mon goût, mais là, ce fut le coup de coeur. En même temps, entre sa longueur midi et sa silhouette à mi chemin entre la saharienne et le kimono, et ce superbe tissu fleuri sur la version de présentation, ce modèle avait tout pour me faire craquer. Mais voilà, je m'étais promis de m'en tenir à ma liste et de ne pas y ajouter de projet qui me ferait acheter du tissu et/ou un nouveau patron, alors j'ai tenu Reeta à distance de mes pensées.






Et puis un jour, mon regard se pose sur un des tissus de mon stock, un coupon bleu à motifs fleuris, dont l'harmonie de couleur me fait vibrer à chaque fois que je le vois. C'est un des premiers coupons que j'ai achetés quand j'ai eu ma machine, et je ne sais par quel miracle, j'ai réussi à lui épargner de finir dans une robe beaucoup trop apprêtée que je n'aurais jamais portée. D'un coup, ça a fait tilt dans mon cerveau : "Ce tissu ferait une magnifique Reeta!". La coupe épurée du modèle contrebalançait parfaitement le côté chargé de l'imprimé, et la légèreté et le drapé de l'étoffe étaient parfaits pour ce genre de projet. Oui, mais non, Nina. Pense à ta to-do list! Tu n'as PAS besoin d'une énième robe fleurie! Les mois passent, et ma Reeta fantasmée resurgit de temps en temps dans un coin de ma tête, elle paraît si lumineuse à côté de tous ces autres projets couture que je n'arrive pas à terminer, mais je résiste encore et toujours. Jusqu'à cet été, où je commence à réfléchir à la tenue que je pourrais porter au mariage auquel je suis invitée. Je n'arrête pas de me dire que cette fameuse Reeta est la candidate parfaite pour moi, qui ai tant de mal avec les tenues formelles. M'habiller pour un évènement de ce genre est très compliqué pour moi : je me sens affreusement coincée dans une tenue chic et sobre, et j'ai alors bizarrement l'impression d'en faire des caisses. Je suis beaucoup plus à l'aise dans des tenues un peu bohèmes, mais je me sens alors en total décalage avec le reste de l'assemblée, et je finis par me sentir négligée. #bienvenuedansmatête.



Mais cette Reeta imaginaire, elle avait tout pour elle : je la trouvais à la fois assez "hippie-fleurie" pour être à l'aise, tout en étant suffisamment classe pour ne pas non plus avoir l'impression de débarquer à un mariage habillée comme si je revenais de Woodstock. Et pourtant, je n'arrêtais pas de me répéter que je ne manquais pas de robes, et que j'en trouverais forcément une qui conviendrait dans celles que j'avais déjà sans avoir besoin de m'en faire une nouvelle, tandis que dans le même temps, mon fantasme de Reeta éclipsait tout le reste de ma penderie. Je suis longtemps restée plongée au coeur de ce dilemme, et puis, à 5 jours du mariage, alors que je contemplais pour la n-ième fois l'idée de ma Reeta fleurie, Named annonce des soldes spéciales anniversaire sur tous leur patrons. Si ça, c'est pas un signe de l'univers, je ne sais pas ce que c'est! J'ai donc immédiatement acheté le patron tant convoité (et uniquement celui-ci, totalement obsédée par mon idée, et après coup je me suis dit que j'avais été stupide de ne pas en profiter pour prendre les autres modèles qui me plaisaient...), et je le faisais imprimer sur une traceuse le soir même. Je peux vous assurer que quand on voit la taille finale du truc (pas loin de 2m de long!!!), je suis bien heureuse que cette option soit proposée, car si j'avais du découper et scotcher toutes les parties du patron, je n'aurais probablement pas fini ma robe dans les temps, et je me serais même probablement découragée avant d'avoir commencé à coudre! Le lendemain, j'avais décalqué mon patron, découpé et entoilé mon tissu, et je démarrais le montage le surlendemain. Un vrai marathon couture comme j'en ai rarement vécu, je ne pouvais pas lâcher ma machine, et j'étais concentrée au maximum pour ne pas faire d'erreur. A quelques minutes du départ, je finissais de poser la coulisse de la ceinture (mon chéri, qui n'avait alors pas compris que je voulais porter cette robe au mariage, a dû me haïr, à me voir coudre alors qu'il était en train de préparer nos affaires pour le weekend!), et j'emportais avec moi mes boutons et du fil à coudre, ainsi qu'une des robes de ma penderie en guise de plan B, au cas où ma Reeta ne m'irait pas du premier coup, sur les conseils très avisés de chéri. Moi j'étais tellement à fond dans mon truc, tellement heureuse d'avoir fini à temps et tellement satisfaite du résultat que je n'imaginais même pas porter autre chose! J'ai posé les boutons le matin même du mariage, j'ai fébrilement enfilé ma création, noué la ceinture à la taille, et je me suis regardée dans le miroir. C'était parfait. La robe de mes rêves, telle que je l'imaginais depuis si longtemps. Je me sentais totalement moi-même dedans, confiante comme je l'ai rarement été dans une tenue pour un événement formel, et là, je me suis dit : "voilà pourquoi je couds!". J'avais enfin retrouvé mon modjo couture!




Il serait tout de même faux de prétendre que je n'ai eu aucun doute pendant la réalisation de cette robe. Avant de poser la coulisse pour la ceinture, j'avais l'impression de coudre une chemise de nuit pour grand-mère, car la robe est très large et très droite quand on la porte non ceinturée. J'ai eu des doutes sur le thermocollant à utiliser, j'avais peur d'avoir un effet trop "cartonné" avec celui que j'avais choisi, mais heureusement ça n'a pas été le cas. Je craignais aussi de me retrouver avec une robe trop grand pour moi, étant donné que le patron est prévu pour une stature d'1m72 et que je mesure 10 cm de moins. Et en effet, je me retrouve avec une robe longue qui m'arrive aux chevilles plutôt qu'à mi-mollets, mais ça ne me dérange absolument pas, bien au contraire! Pour la même raison, je me suis aussi demandé si la coulisse de ceinture tomberait un bon endroit, déjà que j'ai souvent des soucis à ce niveau-là à cause de ma taille haute (c'est d'ailleurs pour cela que chéri avait judicieusement suggéré que je prévoie une robe plan B, au cas où), mais non, c'était parfait. J'ai d'ailleurs trouvé ça plutôt surprenant, j'ignore si je me suis plantée en positionnant la ceinture, ou si elle est placée assez haut exprès, donc si vous tentez ce patron, vérifiez éventuellement ce point.





A part ça, il n'y a que deux vraies difficultés sur ce modèle : la première est de gérer une grande longueur de tissu (et de papier de soie pour le décalquage, je peux vous dire que cette fois j'ai bien compris pourquoi certaines préfèrent découper directement leur patron! J'ai pas mal hésité à le faire, d'autant que j'ai le format PDF et donc la possibilité de le réimprimer si besoin, mais j'avoue que même malgré ça, j'avais des scrupules à couper dans mes 2m de papier fraîchement imprimés. Et puis vous connaissez ma propension à couper les cheveux en 4, pourquoi faire simple alors que je peux me prendre la tête à batailler avec mon papier de soie, hein?... Bref...). Je peux vous dire que j'étais bien contente d'avoir mon mannequin pour former les ourlets! La seconde difficulté, c'est le montage du col et de la doublure du dos. D'une part parce qu'il faut d'abord bien comprendre la technique, qui n'est pas intuitive bien que très bien pensée, et d'autre part parce que c'est une étape délicate pendant laquelle il faut bien maintenir toutes les pièces en place et faire attention à ne pas faire de faux plis. Le fait que le col soit thermocollé ne m'a pas facilité la tâche, car j'ai eu du mal à l'étirer un peu pour bien faire correspondre les crans. J'ai dû m'y prendre en plusieurs fois, décousant les parties que j'avais un peu ratées, pour finalement arriver à un résultat acceptable. Il reste encore un petit pli ici ou là, mais ils sont cachés sous le col. Heureusement, une fois cette étape passé, tout le reste se fait sans difficulté particulière, les instructions sont très claires tout au long de la réalisation. La seule modification que j'ai apporté, c'est de ne pas m'encombrer à faire des boutonnières, car j'avais lu sur cet article de What Katie Sews que la robe pouvait s'enfiler facilement par la tête sans avoir besoin d'ouvrir les boutons. J'ai donc cousu ces derniers à travers les deux pans de la robe, et ça fonctionne très bien ainsi.



En conclusion, c'est une robe que j'ai adoré réaliser et que j'adore porter, aussi bien au quotidien que pour une occasion spéciale. J'aime beaucoup sa légèreté, ses fentes sur le côté et son ouverture sur le devant. Le col tombe bien, les manches ont une aisance très confortable, le décolleté est pile à la bonne profondeur et la ceinture se pose parfaitement sur ma ligne de taille, sa longueur est nickel, bref, la coupe est absolument parfaite. Je me sens vraiment moi-même dans cette tenue, j'ai l'impression de porter un kimono en plus moderne. A ce jour, je pense que c'est ma réalisation préférée, et j'espère que le tissu supportera bien le passage du temps car je compte bien porter cette robe pendant plusieurs années!


Patron : Reeta - Named
Niveau : intermédiaire
Techniques requises : pose de col
Remarques sur le patron : patron très bien expliqué (en anglais), avec des schémas de montage clairs, et un tableau de mesures du vêtement fini (très utile pour choisir sa taille). Le patron existe en version papier ou PDF, avec la possibilité d'imprimer ce dernier chez soi sur plusieurs feuilles A4, ou en un seul morceau sur une traceuse. Les différentes pièces de patron ne se superposent pas, donc il est possible de les découper directement si on le souhaite.
Taille : 36, basé sur ma mesure de tour de poitrine. Le modèle étant assez ample, je n'ai pas eu besoin de le grader au niveau de la taille (qui est ajustable avec la ceinture) ou des hanches
Fournitures : 2m50 à 3m de coton fleuri de chez Toto Tissus (je ne me souviens plus des dimensions exactes de mon coupon, mais le patron demande 2m70 en 150cm de laize) +  8 boutons + thermocollant + lien pour la ceinture 
Modifications apportées : pas de vraies boutonnières : les boutons sont cousus à travers les deux pans de la robe, et je l'enfile en la glissant par la tête.
Difficultés rencontrées : le montage du col, pris entre le haut du dos et sa doublure, est l'étape la plus délicate à comprendre et à réaliser, j'ai du le faire en plusieurs fois car je formais des faux plis par endroits. Grande longueur de tissu à manipuler.

Cohérence avec ma garde robe : 10/10, une robe pile dans mon style!
Confort : 10/10, rien à dire, elle est légère et confortable
Seyant : 10/10, elle tombe parfaitement sur moi. Comme je mesure 10cm de moins que la stature prévue par la créatrice, je me retrouve avec une robe longue plutôt que midi, mais j'aime beaucoup cette longueur aux chevilles.
Qualité : 9.5/10, quelques petits faux plis au niveau du col, qui sont heureusement cachés par ce dernier

A refaire ? : OUI! J'ai dû me retenir pour ne pas transformer la moitié de mon stock en Reeta haha! J'ai un tissu jaune à gros motifs fleuris qui rendrait très bien avec ce patron, mais j'attendrai l'été prochain pour me lancer car je songe maintenant à des projets un peu plus en raccord avec la saison ;)

mercredi 20 septembre 2017

{#jecoudsmagarderobecapsule2017} Février et juin : un jean Safran et une blouse brodée

Haha, vous avez cru que j'en avais fini avec la couture? Eh bien non, il me reste encore trois pièces à vous montrer (dont deux dans cet article, ouf!), et après ça vous serez tranquilles jusqu'à fin octobre !  Si vous avez bien suivi, il me reste encore les cousettes de février, juin et juillet à vous présenter. Pour juillet, j'avais prévu un maillot de bain mais j'ai laissé tomber pour cette fois, de toute façon je ne vais plus très souvent à la plage ou à la piscine... Mais comme j'ai acheté du lycra, je compte quand même en faire un d'ici l'été prochain, d'autant plus que My Dress Made propose un tuto pour faire un haut croisé qui me plaît beaucoup !


Restent donc juin et février. Pas vraiment des mois compatibles en terme de tenues, et pourtant, ça fonctionne! On va commencer par le plus simple : ma blouse Macumba brodée (aka mon projet de juin, vous vous en doutez). Pas grand chose à dire sur le patron en lui-même, je vous l'ai déjà présenté ici et mon avis n'a pas changé, si ce n'est que j'ai résolu ce problème de soutien-gorge apparent sur les côtés en pliant deux fois le haut du triangle sur 1 cm et non sur 1 cm puis 2 cm comme prévu dans les instructions. Pour la broderie, je voulais un motif floral un peu bohème, voire même proche des broderies traditionnelles slaves. J'avais au départ envisagé de coudre une blouse blanche et d'y broder des motifs colorés (comme ici par exemple), et j'avais d'ailleurs commandé de la mousseline de coton chez Amandine Cha, sauf que celle-ci s'est avérée beaucoup trop transparente, comme je le craignais. J'avais donc prévu un plan B : utiliser un coupon de voile de coton jaune acheté chez Mondial Tissus (j'avais été inspirée par cette robe, malheureusement il n'y avait plus assez de tissu sur le rouleau pour une pièce de ce genre et le rouleau suivant avait une couleur légèrement différente qui me plaisait moins, et de toute façon il aurait fallu tout doubler et ça aurait sans doute été plus galère qu'autre chose), dont la légèreté se prêtait parfaitement à une Macumba. Même si ça ne se voit pas sur les photos, le problème de transparence persiste un peu avec ce tissu, surtout que je n'ai que des soutiens-gorge de couleur foncée, mais rien de vraiment indécent non plus ;)


Restait ensuite à trouver les motifs à broder, et après des recherches sur Etsy et sur le site de DMC (qui propose de nombreux motifs en téléchargement gratuit), j'ai finalement craqué pour ceux du cours "Je brode le printemps et l'été" d'Artesane. Je les ai réagencés et j'ai changé quelques points pour obtenir un résultat plus conforme à ce que je voulais, et, bien sûr, qui rentre dans le plastron de la blouse. Pour les couleurs, j'ai laissé tombé l'idée d'un motif multicolore car je n'arrivais pas à la projeter sur un tissu jaune, et après avoir hésité avec plusieurs nuances de fil dans mon stock (jaune ton sur ton, rose pâle, caramel), je suis revenue à celles qui me trottait dans la tête dès le début, à savoir du bleu marine et du blanc. Je ne saurais pas quantifier le temps que j'ai passé sur cette broderie, je m'y attelais le soir devant une série ou un film (et croyez-moi, c'est pas facile de suivre un film en VOST d'un oeil et de surveiller sa broderie de l'autre, surtout dans la pénombre de la soirée!) ou bien tôt le matin en écoutant des podcasts (et c'est beaucoup mieux comme ça!). Au total, je dirais que j'ai bien atteint la dizaine d'heures, si ce n'est plus! Mais je ne regrette absolument pas le temps que j'ai investi sur cette pièce, car c'est désormais une de mes favorites! J'ai choisi de broder sur ma blouse déjà découpée et partiellement montée, car au départ j'avais envisagé de faire des motifs qui suivaient l'encolure comme dans la première partie du cours, mais le plastron s'est avéré trop petit pour cela. Je n'ai pas vraiment eu de difficulté à broder sur un tissu déjà découpé, mais je pense qu'il est tout de même préférable de le faire sur un plastron tracé mais non découpé pour bien tendre le tissu (on peut voir que le mien gondole un peu par endroits mais ça ne me gêne pas vraiment, en fait je suis même très satisfaite du résultat, d'autant plus que c'est la première fois que je brode quelque chose de cette ampleur!). Quelques mots à propos du cours d'Artesane : c'est un investissement, mais j'en suis vraiment contente, même si je ne l'ai pas encore regardé en entier (à vrai dire j'ai sauté de points en points pour voir ceux qui m'intéressaient), et j'ai appris beaucoup de nouveaux points sans difficulté. Le seul petit reproche que je puisse faire est qu'il est souvent fait mention de techniques vues dans les cours précédents, et si on ne les a pas suivis, on se retrouve parfois à se demander de quoi il s'agit. Mais bien entendu, je comprends qu'on ne puisse pas revoir les bases à chaque fois, et il est bien précisé qu'il s'agit là d'un cours de niveau avancé, donc si vous êtes totalement débutant(e) en broderie, je vous conseillerais de commencer avec quelque chose de plus simple.

Points employés : point d'arrête, point de Rhodes, passé plat, passé empiétant, grille sur couchure, point de chaînette, point d'épine bilatéral, point de tige, point de roue festonnée, point de chaînette surjetée, point lancé

Bon, passons maintenant au pantalon. Là, c'est une autre paire de manches... Ou de jambes, devrais-je dire ;) Aaah, ce fameux pantalon, c'est à lui que vous devez cette avalanche de posts couture, puisque c'est lui qui a fichu le bazar dans mon joli programme tout bien établi! Il était prévu pour février, mais à la fin du mois, je n'avais même pas commencé à découper mon tissu... Il faut dire que j'ai eu du mal à mettre la main sur un tissu qui convenait, d'un part parce que je suis très difficile en terme de couleur de jeans, et d'autre part parce qu'il fallait quelque chose avec 20 à 30% d'élasticité, ce qui ne se trouve pas facilement. Il y avait bien un tissu qui remplissait tous les critères chez Pretty Mercerie, mais il s'est retrouvé sold out en moins de deux, et j'ai du attendre plusieurs semaines avant d'en retrouver un qui m'allait, toujours chez Pretty Mercerie (attention, il est marqué comme "noir", mais c'st en réalité une sorte de bleu/gris très foncé). après ça, j'ai enchaîné les galères : tissu qui se déforme au lavage, thermocollants de mon stock qui ne conviennent pas (j'ai donc dû en commander une autre type, que je ne trouvais que chez Rascol, mais j'avoue que j'avais moyennement envie de payer deux fois plus cher en frais de port qu'en thermocollant, et les autres produits qui auraient pu m'intéresser étaient en rupture de stock, donc j'ai attendu leur retour pour commander et ça a encore ajouté du retard à mon projet...), oubli des fonds de poche (#ledécoudviteesttonami), entrejambe qui plisse (j'avais pourtant creusé la fourche pour atténuer le truc, mais ça ne suffisait pas), dos qui baille, point triple élastique non disponible sur ma machine (j'ai donc cousu la fourche avec plusieurs rangées de point zigzag assez plat, ce qui se voit un peu quand le tissu est tendu)... Bref, j'en avais raz la casquette de ce jean, alors en mai, je l'ai posé dans un coin de mon atelier, et je n'y ai plus touché.


Mais avec le retour de mon modjo couture, je me suis décidée à ressortir ce projet, d'autant qu'il ne lui manquait pas grand chose! J'ai donc ajusté encore un peu l'entrejambe en supprimant 1 cm au niveau de la couture interne des jambes, et même si c'est encore loin d'être parfait, ça reste très satisfaisant pour une première fois (vous pouvez voir sur les photos que l'entrejambe est un peu tombante, je pense que j'aurais dû la raccourcir un peu). La ceinture s'est avérée légèrement plus courte que le haut des jambes (j'ai l'impression d'avoir ce problème à chaque fois que je couds un bas, je vais finir par penser que c'est normal!), ce qui a permis de bien plaquer le dos du pantalon qui ne baille donc plus, mais qui a formé des plis sur le devant. J'ai donc dû en découdre puis recoudre une partie pour arranger ça. D'ailleurs, la ceinture m'a donné pas mal de fil à retorde de manière générale, car j'avais entoilé toutes les pièces, ce qui l'a rendue particulièrement épaisse, et elle ne marquait plus du tout les plis au fer. J'ai également coincé un des passants de ceinture en travers en cousant la ceinture aux jambes, mais j'ai décidé de le laisser tel quel et de dire que c'est fait exprès ;) Et pour finir, alors que j'étais tout près du but, j'ai cousu ma boutonnière sur le mauvais côté de la ceinture (à la place du bouton, sur la partie qui va en dessous), et plutôt que de vérifier mon travail avant de l'ouvrir, j'ai taillé direct dans ma ceinture... Voilà voilà, je crois qu'on a touché le fond du fond là! Je vous raconte pas le désespoir quand j'ai vu mon erreur... J'ai donc recousu le tout avec un point zigzag bien serré, et j'espère que ça tiendra le coup.


Zoom sur le passant raté :s

Mais finalement, je l'ai vaincu, ce Safran, et j'en suis plutôt contente! Malgré ses quelques défauts, je suis globalement satisfaite du seyant. J'ai eu peur de trouver la ceinture un peu étroite, mais finalement ça va. Avec mon passant raté, je ne pourrai probablement pas mettre de ceinture, mais je n'en porte de toute façon jamais avec mes pantalons (celui-ci n'en a de toute façon pas besoin puisqu'il tient très bien sans!), et quoi qu'il en soit, je ne le porterai pas avec des hauts rentrés dedans. Dans ce cas, quel est l'intérêt de faire une taille haute, me direz-vous? Eh bien c'est tout simplement parce que je déteste les tailles basses, que je ne trouve ni flatteuses, non confortables sur mes hanches en bouteille d'Orangina (sans compter que ça dévoie la moitié de mon fessier quand je m'assieds, supeeeer, merciii...). Là au moins, pas de risque, la taille emboîte bien, peut-être même un peu trop puisque le bouton a tendance à me rentrer dans le ventre quand je suis assise et que j'ai le ventre un peu gonflé (typiquement, après manger...).  A l'avenir, je me laisserai donc plutôt tenter par un jean "medium rise" (comme le Ginger de Closet Case Patterns, qui propose désormais cette hauteur de taille, ainsi qu'une variation "flare" au niveau des jambes, de quoi se faire le jean qui nous convient parfaitement en somme!), ou alors il faudrait que je rallonge légèrement la ceinture à l'avant mais j'ai peur que cela ne fasse alors bailler le dos... Au niveau de la longueur, j'ai retiré 2 cm de tissu en bas de jambes et j'ai fait un ourlet de 3 cm au lieu des 2 prévus dans les instructions (je précise que je mesure 1m62). Le bas des jambes plisse donc légèrement sur mes chaussures quand je le porte non roulotté, mais je n'ai pas trop de tissu à replier quand je fais un revers. J'aurais peut-être pu resserrer les jambes pour un effet vraiment slim, et un peu moins de plis au genoux, mais je le trouve bien comme ça et j'espère que le tissu ne se détendra pas trop à l'usage. Allez, un dernier défaut pour la route, mais dont je ne suis pas responsable cette fois : même après un premier lavage, le tissu déteint, et après une soirée entière à porter mon jean, je me suis retrouvée avec les mains bleues et de jolies traces sur un pull blanc... Pourvu que ça s'arrange après quelques lessives!

Petit condensé des défauts de mon jean : une entrejambe un peu tombante et les traces de ma première boutonnière du mauvais côté...


PANTALON
Patron : Pantalon Safran - Deer and Doe
Niveau : confirmé
Techniques requises : pose de braguette, boutonnière
Remarques sur le patron : J'aurais apprécié des crans supplémentaires sur les passepoils des poches pour bien les positionner. Les marges de couture sont d'1,5 cm, ce qui est très confortable pour coudre, mais fait des surépaisseurs assez gênantes au niveau de la fourche ou dans la ceinture, je les ai donc recoupées une fois les coutures faites.
Taille : 40 à la taille, gradé vers un 42 aux hanches
Fournitures : tissu jeans Pretty Mercerie (1m60, laize 145 cm) + tissu Lili Atelier Brunette pour les fonds de poche, thermocollant Vlieseline G770 (trouvée chez Rascol), zip métallique 15 cm, bouton 15 mm
Modifications apportées : fourche remontée d'un centimètre sur la couture avant-arrière et sur la couture interne des jambes, bas raccourci de 2 cm et ourlet de 3 cm au lieu des 2 cm préconisés
Difficultés rencontrées : La pose du passepoil des poches est assez délicat, il faut bien s'appliquer pour avoir des pointes bien nettes. La pose du zip est également un moment un peu complexe, mais dans mon souvenir les instructions sont claires à ce niveau, le plus dur est de gérer la trajectoire de l'aiguille avec le zip. La ceinture s'est avérée légèrement plus courte que le haut des jambes et j'ai dû tirer dessus pour faire coïncider les pièces entre elles. De plus, avec le thermocollant, elle était très épaisse et ne se formait pas du tout au fer, mais heureusement les surpiqûres l'ont aplatie. J'ai raté un passant de ceinture (il s'est pris dans la couture entre la ceinture et les jambes et je n'ai pas voulu le défaire) et j'ai fait ma boutonnière du mauvais côté (#championnedumonde), que j'ai donc "rebouchée" au point zigzag.

Cohérence avec ma garde robe : 10/10, j'avais terriblement besoin d'un jean!
Confort : 8/10 la taille a tendance à me rentrer dans le ventre quand je suis assise...
Seyant : 7/10, l'entrejambe n'est pas correctement ajustée, malgré mes modifications
Qualité : 7(?)/10, en plus défauts de construction du jean, le tissu s'est déformé au premier lavage et déteint encore sur mes mains et mes vêtements. J'ignore également s'il ne se détendra pas trop à l'usage... A voir dans le temps, donc!

A refaire ? : Pas de suite, il va falloir attendre que je remplisse un peu ma jauge d'énergie et de courage avant de m'attaquer de nouveau à un jean! Pourtant,  c'est le genre de pièce dont j'ai besoin, donc j'y reviendrai probablement. Je serais curieuse de retenter ce patron en ajustant encore plus la fourche, et pourquoi pas la ceinture. Je pourrais aussi opter pour un autre modèle (le Ginger ou le Morgan de Closet Case Patterns me plaisent bien aussi!)


BLOUSE
Patron : Aime comme Macumba - Aime comme Marie + motifs du cours "Je brode le printemps et l'été" - Artesane
Niveau : débutant (couture) - intermédiaire (broderie)
Techniques requises : fronces, utilisation d'un pied ourleur
Remarques sur le patron : marges de couture non incluses. Réalisation facile, explications claires.
Taille : S (mais le XS aurait suffit)
Fournitures : voile de coton Mondial Tissus, biais d'encolure, fils à broder
Modifications apportées : diminution de la taille des replis sur le haut du triangle sous les bras (deux fois 1 cm au lieu d'1 cm puis 2 cm). Plastron avant brodé.
Difficultés rencontrées : aucune

Cohérence avec ma garde robe : 10/10, la forme, la couleur et les broderies sont tout à fait dans mon style
Confort : 10/10
Seyant : 10/10 (après correction des triangles)
Qualité : 9.5/10, j'avoue, j'ai fait une mini boulette : j'ai oublié de replier l'extrémité de mon biais sur elle-même... La broderie n'est évidemment pas parfaite, mais comme c'est ma première pièce de cette ampleur, j'en suis plus que satisfaite!

A refaire ? : oui, j'envisage toujours une version blanche avec des broderies plus colorées, mais ça attendra l'été prochain ;)

mercredi 6 septembre 2017

{#jecoudsmagarderobecapsule2017} Mai : la combi miraculée

L'avantage d'être en vadrouille tous les weekends ce mois-ci, c'est que je trouve de nouveaux décors pour mes photos! Pour cette série, prise le weekend dernier à Avignon (où j'ai passé la journée de samedi dans le cadre du Frames Festival , un événement dédié à la création vidéo sur le web), je voulais initialement prendre les photos sur le fameux pont. Mais comme le prix pour y accéder m'a paru totalement exagéré (non mais 5€ pour monter sur un pont à moitié brisé, faut pas déconner quand même! Je veux bien qu'il faille conserver le patrimoine, que ça coûte de l'argent, et ça aurait été 2€ ou 2.50€, je les aurais déboursés sans problème, mais là, 10 balles à 2 pour passer 10 minutes sur un demi-pont, non merci hein...), je me suis rabattue sur ce petit palmier et sa mosaïque au détour d'une ruelle. On a du jouer à cache-cache avec le soleil, d'où certaines poses un peu bizarres pour ne pas avoir la tête en pleine lumière... Mais bon, au final on y est arrivés, et je peux désormais vous présenter ce qui devait être mon projet capsule de mai, mais que j'ai achevé pile la veille de notre départ à Avignon!  Aaah cette combi... Elle revient de loin, je vous le dis! C'est un mélange entre mes meilleures intentions et mes pires erreurs en couture, qui s'est heureusement soldé par un happy end. Installez-vous confortablement et attrapez une tasse de thé, car c'est une longue histoire...


Ce projet avait plutôt bien démarré, quoi qu'avec un mois de retard sur le planning prévu, mais bon, je commençais à avoir l'habitude! J'avais prévu de mixer les patrons de la combinaison Marigold de Tilly and the Buttons et du top Bree de La Maison Victor (numéro de juillet/août 2016), et pour cela je devais faire quelques ajustements assez simples : tout d'abord, baisser la fourche du pantalon car je voulais qu'il se pose sur mes hanches hautes et non pas à la taille comme dans le patron original. Rien de bien difficile de ce côté, la marche à suivre pour ce genre de modification est expliquée en détail sur le bog de Tilly, et le patron possède des lignes de coupe placées exprès pour cela. J'ai quand même eu un instant de doute car en mesurant la distance entre ma taille et mes hanches hautes, je trouvais qu'il fallait que je retire 11 cm aux pièces concernées, ce qui me semblait énorme et surtout déformait totalement les poches. Après un petit appel à l'aide sur Instagram, l'équipe de Tilly m'a conseillé de retirer seulement 5 cm afin que je puisse m'asseoir sans avoir l'entrejambe du pantalon qui me rentre dans les fesses! Seconde modification, ou plutôt vérification : m'assurer que le haut était de la même largeur que la ceinture au niveau de leur jonction, et ajouter ou retirer quelques centimètres si besoin. Par miracle, je n'ai rien eu à faire de ce côté là, car les mesures coïncidaient parfaitement, c'est à croire que ces deux patrons étaient faits pour s'entendre! Confiante, je décide de me lancer sans faire de toile. Pas bieeen!


Je découpe donc mes pièces, et c'est là que les ennuis ont commencé. Par pure flemme, je n'ai pas repassé mon tissu qui présentait quelques plis du fait de son stockage (je précise tout de même que je l'avais quand même lavé et repassé une première fois). Pas bieeen, bis! Ajoutez à ça le fait que j'ai travaillé dans une pièce avec une luminosité assez faible, sur un tissu sombre, et vous obtenez la recette parfaite d'un découpage raté. Résultat des courses : mes jambes ne sont ABSOLUMENT PAS positionnées dans le droit fil, mais sur le moment, je ne m'en suis pas rendue compte. Pire, toujours par flemme (et là, franchement, on atteint des profondeurs désastreuses, vous allez voir), je replie et pousse à côté de moi les pièces déjà découpées plutôt que de me lever et de les mettre en lieu sûr. C'est ainsi que je me retrouve à étaler partiellement un bout de tissu sur les jambes avant, et en découpant de nouvelles pièces, je commence tout à coup à sentir une résistance dans mes ciseaux. Intriguée, je poursuis tout de même en donnant un second coup, quand je réalise que je suis en fait en train de découper une entaille dans les jambes avant, posées sous mon tissu!... Bravo Nina, bien joué... Vous pouvez donc voir ci-dessous les restes de ma bêtise, que j'ai essayé de réparer du mieux que j'ai pu, en collant un rectangle de thermocollant sous les fentes et en cousant les deux bords ensemble avec un point zig-zag serré. Heureusement, avec les marges de couture de 1.5 cm, la plupart de l'entaille s'est retrouvée "hors champ". J'ai aussi eu de la "chance" de réaliser assez vite ce qui se passait, car si je donnais un coup de ciseau de plus, j'atteignais le bord des pièces et je les amputais d'un triangle de tissu.


Après ces premières galères, je démarre l'assemblage du pantalon. Coudre avec les patrons de Tilly, c'est un vrai bonheur, on est soigneusement guidé (en anglais) dans chaque étape avec des instructions et des photos très claires, impossible de se rater. Les finitions sont parfaitement détaillées, et j'ai soigneusement suivi toutes les consignes de repassage, décidée à avoir un rendu le plus propre possible. Au vu de la finesse de mon tissu, j'ai choisi de faire des coutures anglaises partout où je le pouvais, c'est-à-dire sur les coutures du côté du pantalon (et du haut également) ainsi que sur la fourche, afin de rendre mon vêtement plus solide. Et pour être sûre que tout tienne bien, j'ai même surfilé les bords de coupe avant de les enfermer à nouveau dans les coutures. Et là, alors que j'avais fait preuve de minutie sur toutes les autres étapes, j'ai laissé à nouveau ma flemme m'envahir : je n'ai pas recoupé mes bords avant de former la seconde couture, en me disant que le surfilage réduirait un peu les marges et que ça ne dépasserait pas sur l'extérieur. Devinez quoi? Ca n'a pas été le cas! Je me suis donc retrouvée avec plein de petits fils et bouts de tissus qui sortaient de mes coutures côté sur la première jambe que j'ai montée, et plutôt que de tout défaire, recouper l'excès de tissus, et tout refaire, j'ai préféré tailler soigneusement tout ça avec des petits ciseaux. (Je vous ai déjà dit que j'étais la pro du coupage de cheveux en quatre?) J'ai réussi à arranger le truc, et j'ai bien retenu la leçon pour les autres coutures! 


C'est aussi à ce moment là que j'ai mesuré l'ampleur de mon découpage approximatif : les extrémités des jambes étaient complètement décalées, et pas dans le même sens en plus! Sur les coutures côté externes, c'est l'avant qui dépassait, et au contraire sur les coutures internes, les pièces arrières étaient plus longues. Une fois les jambes formées et assemblées, j'ai donc égalisé tout ça, perdant au passage 3 bons centimètres de longueur de jambe, soit pile ce qu'il me fallait pour faire un ourlet à ma taille. Heureusement, quand j'avais imaginé cette combi, j'avais l'envie de faire des revers en bas des jambes, et j'ai donc pu sauver mes ourlets de cette façon. J'ai donc découpé deux rectangles de tissu de même longueur que la circonférence du bas des jambes (plus 2 cm de marges de couture) et d'une largeur de 12 cm (pour un revers de 5 cm, avec 2 cm de marges de couture), que j'ai cousu en rond puis repliés en deux, avant de les assembler en bas des jambes et de les rabattre vers le haut pour former les revers, et de les maintenir en place par des petits points à la main de chaque côté de la jambe. Autre conséquence de mon découpage foireux : les jambes ne sont pas coupées dans le droit fil, et ont donc tendance à vriller vers l'intérieur. Ca reste relativement discret quand je suis debout, mais une fois assise le défaut s'accentue : sur la photo ci-dessous, c'est bien la couture externe de la jambe que l'on voit, et qui vient presque se positionner à l'intérieur de la jambe! Non seulement ce n'est pas très joli, mais ce n'est pas non plus très confortable... Donc si jamais vous vous êtes déjà demandé s'il était vraiment important de respecter le droit fil, la réponse est oui, mille fois OUI! Et vous aurez beau prendre toutes les précautions possible pour faire de jolies finitions, vous ne pourrez pas rattraper une erreur de coupe, alors soyez particulièrement soigneux/ses lors de cette étape!



Pour le haut, heureusement, j'ai eu beaucoup moins de problèmes, si ce n'est que comme d'habitude sur les tissus fins, ma machine à tendance à faire plisser et gondoler un peu les coutures (c'est d'ailleurs aussi le cas sur les coutures côté du pantalon). Les explications des patrons de La Maison Victor sont également très claires, illustrées avec des schémas parfaitement compréhensibles. Les planches de patron sont beaucoup moins complexes et beaucoup moins grandes que celles de Burda (qui ne comporte qu'une seule immense planche alors que la Maison Victor en propose généralement 4 ou 5 au format proche du A2), et les différentes pièces mieux identifiées, ce qui rend le décalquage relativement aisé. L'inconvénient, c'est que ans le cas de grandes pièces, celles-ci sont généralement coupées en deux et réparties sur deux planches différentes, mais ce n'était pas le cas pour ce patron. Il faut également rajouter les marges de couture à la main, mais pour un magazine je comprends ce parti-pris, car il permet d'économiser de la place sur les planches. Le top Bree est un modèle très simple, et intelligemment conçu. L'arrière du col est fini par une parmenture qui se rattache aux deux pièces avant, et qui est rabattue lorsque l'on crée les replis du cache-coeur. Normalement, les bords en biais sont juste finis à la surjetteuse ou au point zig-zag avant d'être repliés vers l'intérieur sur 3 cm, mais pour un résultat plus propre, j'ai d'abord replié les bords sur 1 cm puis à nouveau sur 2 cm avant de les piquer en place, comme on le ferait pour un ourlet. Les emmanchures sont finies à l'aide de bandes découpées dans le biais. Un bouton pression permet de maintenir les deux pans en place à l'avant. Le bas est normalement terminé avec un élastique glissé dans l'ourlet, mais moi je l'ai tout simplement pris entre les deux pièces de la ceinture en suivant les instructions du patron Marigold. J'ai tout de même eu la surprise de constater que le haut était un peu plus large que la ceinture à l'avant, alors que les mesures que j'avais prises lors du décalquage du patron suggéraient que ça collerait parfaitement. Heureusement, j'ai très facilement remédié à ce problème en fronçant légèrement le haut, qui se retrouverait de toute façon plissé sur le bas une fois le ruban noué sur mes hanches.


Ma combi est alors restée à l'état de "presque finie" pendant un long moment, sans revers en bas des jambes, ni bouton pression, ni ceinture. J'ai d'ailleurs choisi de remplacer l'élastique initialement prévu dans les patrons par un lien à nouer. Pour cela, j'ai réalisé deux boutonnières de part et d'autre du milieu avant de la ceinture, en renforçant ces zones à l'arrière avec deux carrés de thermocollant (j'ai utilisé de la Vlieseline G785 pour sa finesse, afin de ne pas trop rigidifier mon tissu). Cependant, je ne trouvais pas de lien à mon goût, et sans cela, impossible de bien me rendre compte du tombé de ma combi, et donc de faire l'ourlet du bas et de placer la pression. Il me semblait bien que le haut était trop long et bouffait trop à la ceinture, ce qui ne m'étonnait pas outre mesure, car j'ai le buste assez court (j'avais notamment eu ce problème à la taille sur ma robe Eliana). Quand j'ai enfin mis la main sur un ruban qui me convenait lors d'une récente visite chez Mondial Tissus et que j'ai pu essayer ma combi en "conditions réeelles", j'ai eu confirmation de mon impression. J'avoue qu'à ce moment, j'ai un peu regretté de ne pas avoir fait de toile, car je n'avais pas vraiment envie de désassembler le haut et le bas pour recouper l'excès de tissu. J'ai bien essayé de nouer la ceinture un peu plus bas sur les hanches, mais l'entrejambe du pantalon pendouillait trop (déjà que là, porté légèrement au dessus des hanches, c'est limite à mon goût!) alors j'ai du me résoudre à dégainer le découd-vite. J'ai donc défait toute la ceinture, ce qui n'était pas très compliqué au niveau du pantalon car je n'avais pas encore fini les bords, au cas où (enfin une décision intelligente!) ; en revanche au niveau du haut, j'ai du découdre tout le surfilage, et comme j'avais recoupé les marges de couture comme indiqué dans les instructions, je n'avais plus que 0.5 cm au lieu des 1.5 cm initiaux pour tout recoudre! J'ai supprimé cinq bons centimètres en bas de mon haut, avant de remonter la ceinture (en réalisant à nouveau des fronces sur le haut à l'avant), puis les jambes, en croisant les doigt pour ne pas avoir enlevé trop de tissu. A l'essayage, c'est le soulagement : le tombé est parfait! J'ai donc cousu mon revers et mon bouton pression, et ma combi était enfin terminée, après bon nombre de rebondissements et de moments de doute. J'avoue que je n'étais pas tout à fait convaincue par l'entrejambe un peu tombante à l'avant, aussi bien en terme d'esthétique que de confort, mais mon copain m'a assuré que c'était très bien comme ça, et après une journée entière à porter cette combi, j'ai pu constater que j'étais très bien dedans. Le tissu (le modal Lili d'Atelier Brunette) est très agréable à porter, très doux et léger, parfait pour l'été ou les belles journées de mi-saison. Il se travaille très bien, et même s'il est assez froissable, une fois porté il se comporte plutôt bien et ne marque pas trop les plis. Son seul petit souci, c'est sa légère transparence, qui m'interdit les sous-vêtements colorés lorsque je porte cette pièce, mais rien de bien dramatique. 
  

Au final, je suis très contente de ma combi, et surtout soulagée d'avoir pu la sauver malgré toutes les fois où ça partait dans une mauvaise direction. J'ai bien fait de persévérer car le résultat est à la hauteur de ce que j'avais imaginé pour cette pièce, malgré ses nombreux défauts. Ce n'est pas la première fois que je réalise que je dois être plus soigneuse lors de l'étape de découpage, mais jamais encore je n'avais atteint le point où ma hâte, ma fainéantise et mon imprécision risquent sérieusement de compromettre un vêtement... Je peux vous dire que la leçon a été plus que retenue! Comme l'a si bien dit Mandela : "Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends" (même si là je suis quand même passée à deux doigts de perdre 2m50 de tissu...), et franchement, il devait faire la couture ce cher monsieur, parce sa citation s'applique parfaitement à ce loisir ;)


Patron : bas de la combi Marigold (Tilly and the Buttons), haut : top Bree (La Maison Victor)
Niveau : Intermédiaire
Techniques requises : aucune
Remarques sur le patron : les patrons de Tilly and the Buttons sont d'une qualité exceptionnelle, avec des explications parfaitement claires, mais en anglais seulement. Cependant, je pense qu'il suffit d'apprendre un peu de vocabulaire spécifique pour comprendre les instructions, et des photos illustrent très bien chaque étape. Des explications complémentaires sont disponibles sur le blog de Tilly (notamment pour mieux ajuster le patron à ses mensurations, choisir le tissu, etc). Le patron du top Bree est également très bien expliqué, avec des illustrations très claires. Pour les patrons de La Maison Victor, il faut rajouter systématiquement les marges de couture.
Taille : haut : taille 36 - bas : taille 4 
Fournitures : tissu Lili Atelier Brunette (j'ignore quel métrage exact j'ai utilisé, car j'avais deux coupons différents, mais le pantalon demande 1m50 en laize 150 et le haut 1m en laize 140) + thermocollant et ruban (ou élastique) pour la ceinture
Modifications apportées : entrejambe du pantalon abaissée de 5 cm, ajout de boutonnières à la ceinture pour passer un ruban plutôt qu'un élastique, suppression d'une bande de 5 cm sur le haut au niveau du raccordement à la ceinture, coutures anglaises pour les côtés du pantalon et du haut et pour l'entrejambe, ajout de revers en bas de jambe
Difficultés rencontrées : beaucoup d'erreurs lors de la coupe (entaille sur les avants des jambes, pièces qui ne sont pas coupées dans le droit-fil) qui m'ont conduite à trouver des solutions pour réparer mes bêtises (rapiècement des fentes, pose des revers en bas de jambe). N'ayant pas fait de toile, j'ai du découdre toute la ceinture pour recouper l'excès de tissu sur le haut au niveau des hanches.

Cohérence avec ma garde robe : 10/10, une pièce très facile à porter (forcément, puisqu'elle n'a pas besoin d'être assortie à un haut ou un bas ^^) et qui se marie bien avec les vestes et accessoires de ma garde-robe. Je lui trouve une allure un peu chic mais décontractée qui la rend assez passe-partout.
Confort : 7/10, l'entrejambe est un peu basse, mais j'ai fini par m'y faire. En revanche, les jambes vrillent tout particulièrement lorsque je suis assise et ce n'est pas très confortable d'avoir une couture qui s'enroule autour du mollet. 
Seyant : 8/10, après raccourcissement du haut, le tombé est pile comme je le voulais. Les jambes sont un chouïa serrées au niveau des mollets quand je m'assois, peut-être à cause des coutures anglaises qui ont consommé un peu plus de marge de couture que prévu (j'ai pourtant fait attention sur ce point).
Qualité : 5/10, vous l'avez compris, j'ai complètement foiré ma découpe des jambes et j'ai fait plusieurs boulettes ici et là. J'ai rattrapé les choses comme j'ai pu, mais il n'existe malheureusement aucune solution pour "dévriller" les jambes.

A refaire ? : non, merci, pas pour le moment ^^ je tenterai peut-être une version du pantalon seul quand j'aurai dépassé mon traumatisme de la découpe ratée, mais ça ne sera pas pour de suite! En revanche, j'ai moins d'appréhensions sur le haut, mais avec l'automne qui arrive, ce n'est pas vraiment le moment d'en refaire un. A moins que je n'arrive à lui greffer des manches?