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jeudi 30 janvier 2020

Protéines de soja à la sauce cacahuète et curry thaï

Je devrais appeler ce blog Crazy Green Phoenix, vu le nombre de fois où je le fais renaître de ses cendres après l'avoir abandonné pendant des mois... Sauf que cette fois-ci, je ne vais pas faire la promesse d'être à nouveau régulière dans mes publications. J'ai fini par accepter que mon rythme de vie n'est plus le même ces derniers mois, et que l'époque où j'avais le temps de faire de la photo et de poster toutes les semaines est révolu. Pour autant, je ne compte pas abandonner cet espace, mais j'y viendrai de manière plus sporadique, en fonction de mes disponibilités et de mon inspiration. Il y a quand même un avantage pour vous au au fait que je sois moins présente ici, c'est que les recettes que je partage sont plus proches de ce que je mange réellement, alors qu'au début de ce blog il m'arrivait de créer des recettes que je n'ai jamais refaites, juste pour pouvoir faire un article (exemple typique : ces spaghettis de courgette crus à la sauce forestière...).

Le plat que je vous présente aujourd'hui est un exemple typique de ce que l'on peut trouver régulièrement dans mon assiette es derniers temps. A vrai dire, c'est une de mes recettes de flemme/fin de placards par excellence. Pourtant, j'ai longtemps eu un usage très restreint des protéines de soja, me limitant à utiliser le type "petits morceaux" à la place de la viande hachée dans une bolognaise ou un chili, des lasagnes (elles ont depuis été remplacées par du tofu Rosso) ou autre gratin, et parfois dans des farces ou steaks végétaux/boulettes (9,9 fois sur 10 en suivant des recettes de Marie Laforêt dans Vegan, ou alors cette recette chez Du Bio dans mon Bento que j'aime beaucoup). La seule fois où vous avez vu des PST sur ce blog, c'est pour ma version végane de l'axoa, et là encore il s'agit d'un usage de type "viande hachée". En revanche, je ne les utilisais jamais comme substituts de viande en gros morceaux, en sauce ou dans des poêlées, préférant plutôt le tofu ou le seitan. 


Et puis Mélanie du blog Le Cul de Poule (que j'adore et que je vous conseille x 1000 si vous ne connaissez pas déjà) a changé ma vie (oui oui, rien que ça !) avec sa recette de PST en sauce gravy qu'elle a postée sur Instagram. Le principe est simple : on réhydrate les protéines dans une casserole avec du bouillon, et quand elles sont tendres et que presque tout le liquide à été absorbé, on ajoute les ingrédients de la sauce (miso + ail en poudre + sucre pour la sauce gravy) et un peu de fécule pour épaissir le tout. Yapluka servir avec l'accompagnement qui va bien ! J'ai voulu improviser une variante à ma façon, c'est à dire avec des saveurs asiatiques, et c'est comme ça qu'est née cette recette (enfin, pour être honnête j'étais d'abord partie sur une version mafé avec concentré de tomate, gingembre et beurre de cacahuète et finalement je n'ai pas pu résister à l'appel du curry thaï ^^'). Le résultat ayant immédiatement fait l'unanimité (bon c'était pas bien compliqué, on est que 2 et on adore les cuisines asiatiques, mais quand même!), ce plat est devenu un vrai basique à la maison car j'ai toujours les ingrédients pour la faire dans mes placards, même quand on a pas fait de courses depuis 3 semaines. En plus il ne demande aucune préparation en amont, ne salit qu'une casserole, et est prêt en 15 minutes, tout pile le temps de faire cuire du riz pour servir avec. La perfection, en somme !

La recette que je vous donne ci-dessous est vraiment une base avec des ingrédients du placards, mais vous pouvez la parfumer encore plus en rajoutant des tranches de gingembre frais ou un bâton de citronnelle dans le bouillon. Et si les saveurs thaïes ne sont pas votre dada, il est possible de faire plein d'autres variations, je vous donne des exemples en fin de recette. Si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à les partager en commentaire !


Protéines de soja à la sauce cacahuète et curry thaï {végétalien, sans gluten}
Pour 2 personnes :
- 50 g de protéines de soja déshydratées (moyens morceaux)
- 20 cl de bouillon de légumes froid (ou 20 cl d'eau + 1/2 cube de bouillon de légumes)
- 1 cs de sauce soja (sans gluten si besoin)
- 1,5 cs de beurre de cacahuète
- 1 cc de pâte de curry rouge thaï (à doser selon le goût et la résistance au piment)
- 1 cc de sucre
- jus de citron vert au goût (optionnel)
- 1/4 cc de gingembre en poudre (optionnel)
- 1 cc de fécule de maïs ou de pomme de terre diluée dans 2 cs d'eau froide
- pour servir : herbes fraîches (coriandre, ciboule, basilic thaï), cacahuètes concassées, riz parfumé ou nouilles de riz

Dans une petite casserole, mettre les protéines de soja et recouvrir avec le bouillon. Ajouter la sauce soja.

Porter à ébullition, puis laisser mijoter à petits bouillons pendant environ 15 min, jusqu'à ce que les protéines soient tendres et qu'il ne reste qu'environ 1/3 du liquide. Selon les protéines de soja, cela peut prendre plus ou moins de temps et peut nécessiter d'ajuster la quantité de liquide.

Sur feu doux, diluer le beurre de cacahuète et la pâte de curry dans la casserole. Ajouter le sucre et le gingembre en poudre. Rectifier l'assaisonnement à l'aide de sauce soja, sucre et jus de citron vert pour obtenir l'équilibre souhaité entre sucré, salé et acide.

Lorsque la sauce est à votre goût, ajouter la fécule préalablement diluée dans un peu d'eau, et laisser épaissir quelques minutes à petits bouillons.

Servir immédiatement, parsemé d'herbes fraîches et de cacahuètes concassées et accompagné de riz ou de nouilles de riz.

Variantes : pour toutes les variantes, conserver la quantité de PST et de bouillon, ainsi que la fécule en fin de cuisson et remplacer la sauce soja, le beurre de cacahuète, le curry et le gingembre par les ingrédients ci-dessous :
- sauce gravy : voir la recette de Mélanie en lien dans le texte
- façon provençale : en fin de cuisson, diluer 2 cs de concentré de tomates dans le bouillon et ajouter des herbes de Provence et de l'ail en poudre
- façon couscous : en fin de cuisson, ajouter 2 cs de concentré de tomates et du raz el hanout
- façon mafé : suivre la recette façon thaïe en remplaçant la sauce soja par 1 cc de miso blond et la pâte de curry par 1 cs de concentré de tomate
- sauce à la moutarde : en fin de cuisson, rajouter de la moutarde de Dijon ou à l'ancienne (1 cc ou plus au goût) et 10 cl de crème végétale. En option : ajouter 1 cc de miso blond en début de cuisson
- curry/coco : en fin de cuisson, ajouter 10 cl de lait de coco et du curry en poudre.

jeudi 6 juin 2019

Curry de blettes et pois chiches // Swiss chard and chickpea curry

Vous connaissez l'histoire de la nana qui attend qu'il fasse à nouveau grand soleil et 30°C pour poster une recette de curry croisé avec une soupe de nouilles ? Ben c'est moi. Pour ma défense, je pourrais m'avaler un bol de ramen par n'importe quelle température ! (Et pour ma défense bis, alors que j'avais rédigé cet article quelques jours auparavant sous une chaleur écrasante, on a eu un gros orage la nuit dernière qui a bien fait chuter les températures, donc on peut à nouveau envisager de manger autre chose que de la salade. Si ça c'est pas une coïncidence parfaite...). Cependant, si l'idée d'une soupe en cette saison ne vous emballe pas, vous pouvez réduire la quantité de bouillon dans la recette pour obtenir un curry plus épais à à servir avec une céréale ou des pains plats ou pains vapeur. Mais en tout cas ne passez pas a coté de cette recette qui pourrait bien changer votre vision des blettes!


Faut dire que c'est pas un légume super glamour à la base, j'ai personnellement eu beaucoup de mal à l'apprivoiser, mais maintenant que c'est fait, j'adore ça! Je dois l'idée de cette recette à ma mère, qui m'a un jour parlé d'un curry blettes/pois chiches qu'elle avait cuisiné quelques temps auparavant. Là où c'est marrant, c'est qu'en fait l'idée lui était venue après un curry que j'avais fait lors d'une de mes visites chez mes parents, et dans lequel j'avais mis des blettes cueillies dans le jardin de ma grand-mère, où elles poussent en abondance (ma copine Délia vous confirmera que ça pousse tout seul!). Ma mère avait adoré ce plat alors qu'elle n'est pourtant pas une grande amatrice de blettes, et depuis elle les cuisine régulièrement en curry! Donc si ce n'est pas un légume qui vous fait rêver, je vous suggère de retenter quand même le coup avec du lait de coco et des épices, vous m'en direz des nouvelles !



Ici, j'avais en tête un plat assez liquide pour pouvoir être mangé avec des nouilles de blé ou de riz (ou pourquoi pas des raviolis asiatiques), sur une base d'échalote, gingembre, citronnelle et poudre de curry jaune, et je voulais que la saveur du lait de coco soit présente sans non plus être prédominante. On saupoudre d'une bonne dose d'herbes fraîches, de graines et/ou de cacahuètes concassées, d'un trait de jus de citron vert, et pour les plus téméraires de piment frais, et c'est parti pour la transpiration dégustation ;)



Curry de blettes et pois chiches {végétalien, sans gluten, sans noix, option sans soja}
Pour 4 personnes :
- 4 ou 5 tiges de blettes (cotes et feuilles)
- 250 g de pois chiches cuits
- 1 échalote
- 1 gousse d'ail
- 1 morceau de gingembre frais dee la taille de la gousse d'ail
- 1 tige de citronnelle
- 1 piment thaï frais (optionnel)
- 1 cs de curry en poudre
- 200 ml de lait de coco
- 500 ml de bouillon de légumes
- 1 à 2 cs de sauce soja (sans gluten si besoin, pour une version sans soja utiliser de la sauce coco aminos ou simplement du sel)
- 1 à 2 cs de sucre
- huile végétale neutre
Pour servir, au choix :
- nouilles ou céréale cuite au choix
- jus de citron
- herbes fraîches (coriandre, oignon nouveau, basilic thaï)
- cacahuètes ou graines toastées et concassées
- copeaux de noix de coco toastés
- huile de sésame
- citron vert
- sauce piquante ou piment frais

Peler l'échalote, l'ail et le gingembre. Retirer les premières feuilles externes de la branche de citronnelle ainsi que le haut de la tige pour ne garder que la partie tendre du bulbe. Si vous le souhaitez, épépinez le piment.

Émincer finement le tout ou réduire en pâte dans un mixeur.

Séparer les côtes et les feuilles des blettes. Découper les côtes en tronçons d'environ 1 cm et hacher grossièrement les feuilles.

Faire chauffer 1 cs d'huile dans une casserole et y faire revenir le mélange à l'échalote à feu moyen, jusqu'à obtenir une légère coloration.

Ajouter le curry, bien mélanger et faire revenir 1 minute.

Verser le bouillon de légumes et bien gratter le fond de la poêle pour décoller les sucs de cuisson. Ajouter le lait de coco et mélanger. Goûter et assaisonner avec de la sauce soja et du sucre selon votre goût. Porter à ébullition.

Quand le bouillon bout, ajouter les cotes de blettes. Couvrir et laisser mijoter jusqu'à ce qu'elles soient tendres.

Une fois les côtes de blettes cuites, ajouter les feuilles et les pois chiches. Laisser mijoter encore quelques minutes pour attendrir les feuilles.

Rectifier l'assaisonnement et servir avec les garnitures désirées.



Swiss chard and chickpea curry {vegan, gluten-free, nut-free, soy-free option}
Serves 4 :
- 4 or 5 Swiss chard stems (with leaves)
- 250 g cooked chickpea
- 1 shallot
- 1 clove garlic
- a piece of fresh ginger (roughly the same size as the garlic clove)
- 1 lemongrass stalk
- 1 fresh bird eye chili (optional)
- 1 tbs curry powder
- 200 ml (approx. 1 cup) coconut milk
- 500 ml (approx 2 cups) vegetable stock
- 1 to 2 tbsp soy sauce (GF if need be, for a soy-free version use coconut aminos or salt)
- 1 to 2 tbsp sugar
- neutral vegetable oil
To serve (suggestions) :
- cooked noodles or grain of your choice
- fresh herbs (cilantro, scallions, Thai basil)
- roasted and chopped peanuts or seed of choice
- toasted coconut flakes
- sesame oil
- hot sauce or sliced bird eye chili
- lime juice

Peel the shallot, garlic and ginger. Remove the outer leaves of the lemongrass stalk and cut out the top, leaving only the tender bulb. If desired, remove the seeds from the chili.

Finely chop all the ingredients above or blend to a paste.

Separate the chard stems from the leaves. Slice the stems in 1cm (1/2 inch) pieces and roughly chop the leaves.

Heat 1 tbsp oil in a pot and cook the shallot mix on medium heat, until slightly golden. Add the curry powder, stir and cook for 1 minute.

Pour the vegetable stock in, scraping the bottom bits into the pan. Add the coconut milk and stir, taste and adjust the seasoning with soy sauce and sugar, then bring to a boil.

Add the chopped stems, cover and simmer on medium heat until the chard is tender.

Add the leaves and chickpea and cook a few more minutes, until the leaves are wilted.

Adjust the seasoning and serve with your choice of toppings.

jeudi 14 février 2019

Haricots blanc au chorizo végétal et fenouil caramélisé

Je sais, je sais, vous vous dites que j'ai complètement pété les plombs pour vous proposer une recette de haricots le jour de la Saint Valentin. Bah ouais quoi, les haricots, c'est pas hyper glamour, ça fait péter, on a vu plus romantique quand même... Mais vous savez quoi? À moins que vous ne vous appeliez Valentin, auquel cas je vous souhaite une bonne fête, je m'en tamponne le coquillard avec une feuille de monstera deliciosa, de cette énième fête commerciale qui vise à nous faire acheter des trucs dont on a pas besoin. J'ai jamais vraiment accordé d'importance à cette fête, mais cette année elle me sort par les yeux puissance 1000.


Alors OK, si la St Valentin c'est votre délire et que vous aimez consacrer cette journée à la personne que vous aimez, mettre de la lingerie sexy, y aller à fond sur les bougies, offrir du chocolat ou que sais-je, eh bien faites-vous plaisir, tant que c'est VOUS qui l'avez décidé. Mais si vous pouviez privilégier les cadeaux éthiques ou les expériences plutôt qu'une nouvelle machine à café, c'est quand même cool.


Mais moi, j'en peux plus, de l'aspect hyper oppressif, sexiste, et hétéronormé de cette célébration. J'en peux plus de voir des pubs avec des nanas en lingerie, comme si on devait toutes s'offrir docilement et joliment emballées à nos mecs ce soir. Et pendant ce temps, elles sont où, les pubs avec des gars à moitié à poil, hein?


D'ailleurs, à eux aussi on leur met la pression, pour qu'ils nous organisent une journée parfaite et nous couvrent de cadeaux (censés répondre à nos désirs les plus profonds alors qu'ils sont souvent plus sexistes les uns que les autres...), alors qu'on sait toutes qu'on préférerait qu'ils fassent leur part de tâches ménagères plutôt que de nous offrir une énième paire de boucles d'oreilles. Et puis, on en parle, du coût écologique désastreux des roses en plein hiver, ou de l'or et autres métaux précieux ?


J'en peux plus qu'on érige le couple en modèle absolu de bonheur (et par là j'entends le couple blanc et hétérosexuel, dites-moi un peu combien de couples homosexuels ou de couleur vous avez compté sur les pubs?...) et de la pression qu'on met sur les célibataires, qu'ils le soient par défaut ou par choix, ou sur tous les gens malheureux dans leur relation, que ce soit de leur fait ou de celui de leur couple.


Parce que non, le couple ne fait pas tout. J'aimerais vous servir des belles phrases comme "all you need is love", j'aimerais même y croire moi même, mais mon expérience personnelle me fait dire que ce n'est pas toujours vrai. Si la Saint-Valentin à un goût particulièrement amer dans ma bouche aujourd'hui, c'est parce que cela fait 6 mois que mon ex-compagnon a choisi de s'oter la vie, et ce malgré tout l'amour qu'on avait l'un pour l'autre, malgré tout ce qu'on avait vécu ensemble et qu'on aurait pu vivre. Alors en cette journée soit-disant réservée aux amoureux, j'aimerais vous dire de vous aimer vous-mêmes avant toute chose, car vous êtes la personne la plus importante de votre vie.


Haricots blancs au chorizo végétal et fenouil caramélisé {végétalien, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 200 g de haricots blancs secs trempés toute une nuit ou 400 g de haricots blancs frais
- 1 oignon
- 1 morceaux de branche de céleri d'environ 7 cm
- 1 carotte moyenne
- 2 gousses d'ail
- 1 feuille de laurier
- 2 branches de thym
- 2 clous de girofle
- 50 g de chorizo végétal (maison ou du commerce), ou à défaut 1/2 cc de piment fumé
- 2 gros bulbes de fenouil
- 1 cs de sucre roux
- huile d'olive
- sel et poivre
Pelez l'ail, l'oignon et la carotte. Coupez l'oignon en quarts et plantez un clou de girofle dans chaque. Coupez la carotte en quatre dans la longueur puis en longs bâtonnets (environ de la même taille que la branche de céleri)
Découpez le chorizo en rondelles.
Placez les haricots, le chorizo, l'ail, l'oignon piqué de clous de girofle, la carotte, le céleri, le thym et le laurier dans une cocotte minute ou une grande casserole. Ajoutez 1 litre d'eau. Faites cuire les haricots 45 min minutes à la cocotte, ou 1h30 dans de l'eau bouillante.
Retirez le thym, le laurier et les clous de girofle après cuisson. Réservez les rondelles de chorizo à part. Égouttez les haricots et réservez l'eau de cuisson.
Découpez le fenouil en quarts en conservant la base pour que les différentes couches restent attachées.
Dans une sauteuse, faites chauffer 2 cs d'huile d'olive. Ajoutez le sucre et déposez les morceaux de fenouil en une seule couche. Laissez caraméliser à feu vif puis retournez pour faire dorer de tous les côtés.
Ajoutez environ 2 cm d'eau de cuisson des haricots dans la poêle, portez à ébullition puis couvrez et baissez le feu. Laissez mijoter le fenouil à feu doux pendant une quinzaine de minutes, en le retournant à mi-cuisson, jusqu'à ce qu'il soit tendre. Réservez.
Faites sauter les rondelles de chorizo dans la même poêle jusqu'à ce qu'elles soient croustillantes. Ajoutez les haricots cuits (avec l'oignon, l'ail, le céleri et la carotte), salez et poivrez, puis déposez le fenouil caramélisé sur le dessus.  Mouillez avec un peu de liquide de cuisson et portez le tout à température. (Le reste du liquide de cuisson peut être utilisé comme bouillon dans une soupe)
Servez chaud arrosé d'un filet d'huile d'olive.

mercredi 4 avril 2018

Kedjenou de légumes // Vegetable kedjenou (African vegetable stew)

Hééééé, ça faisait longtemps que j'avais pas posté ici, non? Il faut dire que le mois de mars est toujours difficile pour moi sur le plan culinaire. Comme beaucoup de monde, je commence à me lasser des légumes d'hiver, et au fur et à mesure que le mois avance et que le printemps se rapproche, l'envie de laisser derrière moi courges, brocolis, poireaux et autres se fait de plus en plus pressante. Sauf que je sais pertinemment qu'il faut que je compose avec eux pendant encore un moment, puisqu'il faut attendre encore plusieurs semaines avant de voir arriver artichauts, fèves, petits pois, et autres délices printaniers.


Cette année, c'est encore plus dur que d'habitude, pour deux raisons. Premièrement, parce que nous sommes membres d'une AMAP, et donc que nous n'achetons quasiment plus de légumes en dehors de ceux fournies dans notre panier (ils suffisent amplement à nous nourrir pour une semaine, et en ce moment nous avons même du mal à les écouler d'une fois à l'autre car nous avons récupéré deux fois des paniers doubles). Or, il n'y a pour l'instant pas la moindre trace de primeurs dans celui-ci, si ce n'est des pissenlits, et on n'aime pas la salade amère... Le reste, c'est du chou, du céleri rave, du potimarron, des carottes même pas nouvelles, et surtout, encore du chou. Je vous jure que ce légume commence à me sortir par les yeux, surtout le blanc qui s'entasse inexorablement dans notre frigo (on en a encore 2 et demi...). J'en ai tellement marre que je serais prête à bouffer du navet nouveau plutôt que de me farcir encore le moindre crucifère! Heureusement, l'ail des ours est arrivé et je commence à sortir de ma torpeur hivernale ! (Si vous voulez voir mes recettes des années précédentes avec cette délicieuse plante sauvage, c'est ici pour la foccacia et pour les scones. J'attaque bientôt le cru 2018 ;) )


Deuxièmement, si vous me suivez sur Facebook ou Instagram, alors vous savez que je suis partie deux semaines en Côte d'Ivoire pour rendre visite à un ami expatrié là bas. Et autant vous dire que deux semaines de parenthèse estivale ont rendu le retour au chou et au poireau encore plus difficile, et pourtant les Ivoiriens ne sont pas de grands mangeurs de légumes. N'écoutez d'ailleurs pas le Petit Futé sur ce point, si vous êtes végétarien, vous allez galérer pour trouver de quoi manger là bas, à moins de vous nourrir uniquement d'accompagnements : riz blanc, attieke (semoule de manioc), frites de pommes de terre, de patate douce ou d'igname, aloco (banane plantain frite), et parfois salade de tomates, oignons rouges et concombres (enfin, en admettant qu'elle ne soit pas assaisonnée avec du bouillon de poulet Maggi émietté...). Dans les grandes villes ou les hôtels touristiques, les végétariens pourront aussi trouver, entre deux spécialités françaises que personne n'a envie de manger avec la chaleur ambiante (comme la blanquette de veau... Par 35°C, oui oui!) et diverses grillades de viandes et poissons, quelques pizzas ou omelettes, et pour les végétaliens, de rares pâtes à la tomate ou poêlées de légumes. Par contre, si vous espérez goûter à la cuisine locale en version végétale, n'y comptez pas, les Ivoiriens sont friands de viande en tout genre (poulet, boeuf, mais aussi chevreau, et "viande de brousse", à savoir toutes les bestioles sauvages qu'ils arrivent à capturer : hérisson, agouti -une sorte de ragondin, lézard, serpent...) et de poisson et tous leurs plats en contiennent. Ils sont de plus souvent assaisonnés avec du poisson fumé, ou des crevettes séchées, ou, très souvent, avec du bouillon cube Maggi, et j'imagine que ce n'est pas la version aux légumes qui est la plus populaire là bas... Bref, pas le pays le plus végane-friendly, mais heureusement ils ont des beignets à tomber à la renverse, et qui ne contiennent pas le moindre gramme d'oeuf ou de produit laitier!


Parmi toutes ces spécialités, on trouve le kedjenou, un ragoût de poulet, pintade ou poisson, avec une sauce très liquide, à base de tomates, oignon, et évidemment de piment (c'est une constante là bas!). C'est un plat qui a l'air très populaire, pourtant chéri n'a pas du tout apprécié celui qu'il a goûté, déclarant que c'était juste piquant, et donc pas très intéressant. J'ai voulu en faire une version aux légumes, inspirée par un autre plat vu là bas, qui y ressemblait beaucoup mais qui contenait également du chou, des carottes, des haricots verts, et ce que j'ai identifié comme étant de l'oignon nouveau. J'ai gardé cette association, utilisant donc des haricots verts surgelés, mais vous pouvez évidemment utiliser l'assortiment de légumes de votre choix et vous adapter à la saison!



Kedjenou de légumes {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 1 oignon jaune ou blanc
- 2 gousses d'ail
- 1 morceau de gingembre d'environ 2 cm (optionnel, j'en ai vu dans toutes les recettes de kedjenou que j'ai trouvées sur internet mais je n'ai pas eu l'impression qu'il y en avait dans celui qu'on nous a servi en Côte d'Ivoire)
- 1 piment séché (ou plus, ou moins selon le goût)
- 1/4 de chou blanc (environ 300 g)
- 2 belles carottes (j'ai utilisé des carottes jaunes car je n'avais que ça mais ça fonctionne très bien avec des carottes oranges!)
- 150 g de haricots verts (surgelés pour moi)
- les tiges vertes de 2 oignons nouveaux (ou la partie la plus claire des feuilles de 2 poireaux, prenez les feuilles internes qui sont plus tendres)
- 200 g de pulpe de tomate (fraîche si en saison, sinon en conserve)
- 1 l de bouillon de légumes (pour un goût plus authentique, utilisez du bouillon cube Maggi, les Ivoiriens en raffolent !)
- huile végétale, sel et poivre
Pour servir : riz blanc ou attieke (semoule de manioc fermentée)

Détaillez l'oignon en petits dés. Coupez chaque gousse d'ail en deux, retirez le germe, et écrasez chaque moitié avec le plat du couteau. Coupez le morceau de gingembre en deux dans la longueur.
Pelez les carottes et découpez-les en rondelles. Coupez le chou en gros morceaux. Détaillez l'oignon vert en tronçons de 5 cm.

Faites chauffer 2 cs d'huile dans une casserole avec un couvercle, ou dans une cocotte minute. Ajoutez l'oignon, l'ail, le piment et le gingembre et laissez revenir à feu moyen-vif jusqu'à ce que l'oignon devienne translucide.

Ajoutez les carottes (et tout autre légumes un peu dur si vous utilisez un autre mélange) et laissez cuire en remuant pendant une dizaine de minutes.

Versez la pulpe de tomate et le bouillon, puis ajoutez les légumes restants. Mélangez et couvrez, puis laissez mijoter à petits bouillons pendant une vingtaine de minutes, ou jusqu'à ce que tous les légumes soient cuits. Pour remuer, maintenez le couvercle sur la casserole et secouez l'ensemble (kedjenou signifie "secoué" en baoulé). Vous pouvez également faire cuire les légumes à la cocotte, comptez 7 minutes à partir du moment où la vapeur s'échappe. Retirez les morceaux de gingembre et le piment avant de servir, à moins que vous ne vouliez épicer votre dégustation...

Rectifiez l'assainissement avec du sel et du poivre et servez chaud avec une belle portion de riz blanc (le mien est jaune à cause de l'huile de colza que je mets dedans) ou d'attieke. En côte d'Ivoire, le riz ou l'attieke sont moulés en dôme et servis dans une assiette, et le kedjenou est amené à part dans un bol en terre. On utilise une fourchette et une cuillère pour le manger (on ne nous a jamais amené de couteau quand il y avait du poulet !), Mais j'ignore s'il faut mettre la sauce dans l'assiette de riz, ou l'inverse, ou encore manger les deux séparément. Si vous le savez, dites-le moi!


This dish is inspired by two meals I had in Côte d'Ivoire (Ivory Coast) during my trip last month. One is kedjenou, which is chicken, Guinea hen or fish cooked into a thin and spicy tomato sauce. The other one was pretty similar but had vegetables too (cabbage, carrots and green beans, plus something that I identified as spring onion). I made a vegan version using the same vegetables, but you could of course use whatever you like and whatever is in season !



Vegetable kedjenou (vegetable stew from Ivory Coast) {vegan, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4 :
- 1 yellow onion, diced
- 2 cloves garlic, halved and crushed
- 1 1-inch piece of ginger, halved (optional, all the recipes for kedjenou that O found had ginger in them but I am not sure there was some in the dish that was served to us)
- 1 dried red chili (or more or less depending to your taste)
- 1/4 of a white cabbage head (about 300g)
- 2 carrots (I used yellow because that's what I had on hand but regular orange ones work too!)
- 150 g green beans (I used frozen)
- the green part of 2 scallions (or the light green parts of 2 leek leaves, use the center leaves as the are more tender)
- 200 g diced tomatoes (fresh if in season, or from a can)
- 1 litre vegetable stock (use cubed Maggi stock for a more authentic taste, because many people cook with it in Western Africa!)
- vegetable oil, salt and pepper
To serve : white rice or attieke (fermented cassava couscous)

Peel the onion and garlic. Dice the onion. Halved the garlic, removed the inner sprouts and crushed each halve. Halve the ginger.

Peel and slice the carrots. Chop the cabbage in big pieces. Cut the green onion in 2-inch pieces.
Heat 2 tbsp oil in a pot with a lid or in a pressure cooker. Add the onion, garlic, ginger and chili and cook on medium-high heat, until the onion gets translucent.

Add the carrots (and any other hard vegetable if you're using others) and cook for 10 minutes, stirring.

Pour in the tomatoes and vegetable stock, then add the remaining vegetables and toss gently.
Cover and simmer for 20 minutes, shaking the whole pot and the lid from time to time ("kedjenou" means shaken). You could also use a pressure cooker : cook the stew for 7 minutes from the moment the steam comes out.

Season to taste, and remove the ginger pieces and dried chili before serving (or you might have a naughty surprise during your meal...). Serve with a good plate of white rice or attieke.

In Côte d'Ivoire, the rice was always moulded into a round shape and served on a plate on its own, while the kedjenou was brought separately in a pottery bowl. It is eaten with a fork and tablespoon (we never had knives when we were served chicken!) and I don't know if you are supposed to pour the sauce into the rice plate, or put the rice into the bowl, or eat it separately. If you know, please tell me!

mercredi 8 février 2017

Version tradi, version veggie : poule au pot végétale

Me passer de viande n'a jamais été très difficile. Je ne dirais pas que je n'aime pas ça, mais je n'y tiens pas plus que ça. Dans ma famille, on en mangeait certes à presque tous les repas, mais je pense que c'était plus par habitude qu'autre chose. Je n'ai pas grandi dans le "culte" d'une "belle" pièce de boucher, ni dans celui de la cuisine française traditionnelle. Mon père n'aime de toute façon pas les viandes en sauce, qui composent à mes yeux une grande partie du patrimoine culinaire français, et ma mère, tout comme moi, n'aime pas les viandes saignantes (et encore moins le gibier, ou les abats!). Même chez ma grand mère, les plats bien franchouillards se faisaient très rares à table, à l'exception de la poule au pot.



La poule au pot, c'est une sorte de pot au feu mais avec une volaille plutôt que des morceaux de boeuf. La légende veut que ce soit un plat typique du Béarn, et même le favori du roi Henri IV, né à Pau. La poule est farcie et plongée dans une marmite d'eau agrémentée de légumes (carotte, poireau, navet, céleri, oignon, chou) et d'un bouquet garni. Elle mijote longuement, et lorsqu'elle est cuite, on la retire de son bouillon, ainsi que les légumes. Le bouillon est alors dégraissé puis servi en entrée, agrémenté de vermicelles, suivi de la poule avec sa farce et ses légumes, accompagnés de "riz au gras" (du riz dans lequel on a délayé le gras du bouillon), et de sauce. Il semblerait que la sauce traditionnelle soit  un roux (beurre + farine) délayé avec du bouillon et de la crème, mais ma grand mère sert du coulis de tomate maison tellement délicieux que je pourrais le boire à la louche!



Même si manger de la viande ne me manque absolument pas, j'ai parfois la nostalgie de certains plats de mon enfance. Mais plutôt que d'être triste de ne plus pouvoir en manger, je préfère voir cette situation comme une opportunité de recréer ces recettes en version végétale. La poule au pot de ma grand mère était en tête de ma liste depuis longtemps, c'est même elle qui a motivé la création de ma rubrique "Version tradi, version veggie" (mais comme je ne trouvais pas de gluten de blé en magasin jusqu'à présent, j'ai mis longtemps à passer à l'action...). Elle est inspirée d'une recette de Marie Laforêt dans son livre Vegan, un rôti de seitan farci aux marrons. J'ai changé la farce pour quelques chose de plus rustique, à base de lentilles et de champignons. Lorsque j'avais demandé son secret à ma grand mère, elle m'avait expliqué que sa farce contenait une part importante de foie de volaille, ce qui lui donnait beaucoup de saveur et parfumait le bouillon. J'avoue avoir été un peu horrifiée par cette révélation, étant donné que le foie est quelque chose que je déteste habituellement... Mais j'ai gardé dans un coin de ma tête l'idée que la farce devait avoir un profil aromatique bien marqué, et j'ai donc accentué sa saveur avec de la sauce soja et des champignons séchés (pour booster le côté umami) et des épices (pour "recréer" la richesse aromatique du foie). 


Le rouleau de seitan farci est alors mis à cuire dans un bouillon de légumes au miso. J'ai eu la main très généreuse sur les légumes (vous n'en voyez que la moitié sur les photos!) probablement plus que ma grand mère, mais cela permet de bien corser le bouillon de cuisson, qui peut ensuite être servi en entrée, comme on le fait dans la recette originale. Libre à vous cependant d'en diminuer la quantité si vous ne voulez pas servir un régiment (ou en manger pendant 12 jours, comme ça sera probablement le cas chez nous...). Bien qu'assez simple à réaliser, c'est une recette qui demande un temps assez long de préparation et de cuisson par rapport à celles que je propose habituellement, mais c'est le lot de toute recette traditionnelle (ou nouvellement traditionnelle, dans ce cas ^^). En tout cas pour moi, le temps que j'ai passé en cuisine en a clairement valu la peine car je suis très satisfaite de ma poule au pot végétale, qui m'a prouvé encore une fois que cuisine traditionnelle et végétalienne ne sont pas incompatibles!



Poule au pot de seitan {végétalien, option sans noix}
Pour 8 personnes :
Pour le seitan :
- 175 g de gluten de blé 
- 75 g de farine de maïs ou de riz
- 1 cc d'ail semoule
- 1/4 cc de poivre
- 5 cs de sauce soja
- 250 ml de bouillon de légumes 
Pour la farce :
- 180 g de lentilles brunes ou vertes séchées 
- une dizaine de champignons de Paris
- une dizaine de noix (optionnel)
- 10 g de champignons séchés de votre choix
- 1 gousse d'ail
- 1 cs de sauce soja
- 1/2 cc de coriandre moulue (attention, pour les épices j'utilise une cuillère à café classique et non pas une cuillère mesureuse)
- 1/2 cc de muscade moulue
- 1/2 cc de poivre
Pour le bouillon :
- 3 l d'eau 
- 2 cs de miso brun
- 1 oignon
- 3 carottes
- 2 poireaux
- 1 petit navet (ici un navet boule d'or)
- 1 branche de céleri
- 1 petit chou vert
- 2 feuilles de laurier 
- 3 branches de thym 
- 4 clous de girofle 
Pour servir :
- riz
- coulis de tomate (maison, de préférence)

Placer les lentilles dans une casserole et recouvrir d'eau non salée. Porter à ébullition et laisser cuire 20 minutes, ou jusqu'à ce que les lentilles soient tendres. 

Pendant que les lentilles cuisent, préparer le seitan : mélanger le gluten, la farine, l'ail et le poivre dans un saladier. Mélanger le bouillon et la sauce soja dans un verre et versez dans le saladier. Pétrir pour obtenir une pâte homogène. Réserver.

Quand les lentilles son cuites, égoutter et verser dans un saladier (vous pouvez évidemment réutiliser celui qui a servi à la préparation du seitan!). Écraser grossièrement avec une fourchette ou le dos d'une cuillère.

Hacher l'ail (finement) et les champignons (grossièrement). Faire revenir dans un peu d'huile à feu moyen, pendant quelques minutes. Quand les champignons commencent à s'attendrir, ajouter 1 cs de sauce soja et laissez cuire encore 1 minute en remuant.

Réduire les champignons séchés en poudre. Concasser les noix. Ajouter les champignons cuits et en poudre, les noix et les épices à la farce. Bien mélanger.

Étaler le seitan en un rectangle d'environ 20 X 30 cm sur une étamine ou un torchon propre. Disposer la farce au centre et rouler le seitan pour bien entourer la farce. Envelopper dans l'étamine et ficeler sans trop serrer.

Brosser les carottes et le navet pour éliminer la terre. Les peler s'ils ne sont pas bio. Couper le navet en gros dés et les carottes en deux ou quatre morceaux dans la longueur. Peler l'oignon, le couper en quartiers et enfoncer un clou de girofle dans chaque morceau. Retirer les feuilles externes du chou pour ne conserver que le coeur vert clair (gardez les feuilles pour un autre usage : soupe, chou farci, chips de kale) et couper en quartiers. Retirer les racines et le vert des poireaux (conserver les fanes pour un autre usage : soupe, quiche, ...) et couper en deux dans la longueur. Nettoyer les poireaux sous l'eau courante en soulevant les feuilles pour bien retirer la terre. Briser la branche de céleri en trois morceaux.

Placer la moitié des légumes dans une cocotte, poser le seitan farci par dessus et repartir les légumes restants autour. Ajouter trois litres d'eau, le laurier, le thym et le miso. Le seitan doit être entièrement immergé.

Porter à ébullition, ecumer puis laisser mijoter une heure à couvert et a petits bouillons, jusqu'à ce que tous les légumes soient tendres.

À l'aide d'une écumoire, retirer les légumes du bouillon. Retirer le seitan de son étamine et disposer dans un plat. Servir accompagné des légumes, de riz et de coulis de tomates.

Le bouillon peut être servi en entre (agrémenté de vermicelles si souhaité) ou être conservé ou congelé pour un usage ultérieur (soupe, risotto, ...)


English translation coming soon

mardi 30 août 2016

Version tradi, version veggie : tempeh basquaise // Basquaise tempeh (tempeh in a tomato and pepper sauce)

Vous vous souvenez de cette rubrique lancée l'automne dernier avec une recette d'axoa vegan? Depuis, je n'ai pas publié d'autres articles sous ce titre (bien que si vous cliquez sur le tag, vous tomberez aussi sur mes légumes farcis au tofu rosso et mon pâté de potimarron en croûte, qui rentrent dans cette catégorie à mes yeux), et pourtant ce n'est pas faute d'avoir plein d'idées de recettes! Mais comme toujours, ce qui manque chez moi, c'est le temps ou l'occasion pour les réaliser. Mais là, je me suis dit qu'il était hors de question de laisser l'été filer sans vous proposer ce tempeh basquaise! A vrai dire, je voulais déjà rédiger cette recette après mon axoa, mais vu qu'on était déjà en novembre, je me suis dit qu'encore un plat à base de poivrons ne serait pas des plus adaptés (et puis deux recette basques à la suite sur le blog d'une béarnaise, ça fait tache :p).



Bref, le tempeh basquaise, adapté du poulet du même nom, c'est du tempeh mijoté dans de la pieperade, à savoir une sauce à base de poivrons ou de piments doux et de tomates, aux couleurs du drapeau basque. Comme pour l'axoa, le débat fait rage : quel légume utilise-t-on, le poivron ou le piment? Les opinions s'affrontent, comme pour toute recette traditionnelle tout le monde a sa variante et personne n'est d'accord. Dans ma famille, on a toujours fait la piperade aux poivrons, en partie parce que nous préférons les piments doux en salade ou en omelette. Et il me semble que chez les amis basques de mes parents, c'était également le poivron qui était utilisé (mais vu le peu de souvenirs que j'ai de ces repas, il est possible que je me trompe). Ici, puisque j'ai remplacé le poulet par du tempeh, je suis de toute façon grillée en matière de tradition, alors la question piment/poivrons n'a pas vraiment de raison d'être!




Tempeh basquaise {vegan, sans gluten, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 200 g de tempeh
- 1 gros oignon
- 2 poivrons rouges
- 2 poivrons verts (vous pouvez remplacer les poivrons, verts en particulier, par des piments doux des landes si vous en trouvez)
- 2 grosses tomates bien mûres (j'ai une préférence pour les variétés coeur de boeuf ou la tomate piment, particulièrement adaptées aux sauces)
- 1 grosse gousse d'ail
- 1 feuille de laurier (facultatif)
- 1/2 verre de vin blanc (facultatif)
- huile d'olive
- sel, poivre, piment d'Espelette en poudre

Retirer le pédoncule et les graines des poivrons. Pelez l'oignon et l'ail. Découpez l'oignon et les poivrons en lamelles et émincez finement l'ail. Coupez le tempeh et les tomates en gros dés (vous pouvez peler les tomates préalablement si vous le souhaitez, en entaillant leur peau et en les plongeant quelques instant dans une casserole d'eau bouillante)

Faites chauffer 2 cs d'huile dans une grand poêle ou une sauteuse, à feu moyen-vif. Ajoutez les lamelles d'oignon et de poivron et faites revenir pendant 20 minutes en remuant régulièrement. Baissez le feu si les légumes accrochent au fond de la poêle ou s'ils brunissent trop vite.

Ajoutez le tempeh et la gousse d'ail et faites revenir 5 minutes supplémentaires.

Ajoutez les dés de tomate, la feuille de laurier et le vin blanc (ou 1/2 verre d'eau), salez, poivrez et assaisonnez de piment d'Espelette (pas trop, ça pique! Je mets environ 1/2 cuillère à café mais faites en fonction de vos goûts et de votre tolérance au piment, sachant que le plat ne doit pas être trop épicé). Couvrez et laissez mijoter à petits bouillons pendant 15 à 20 minutes, en écrasant les tomates une fois qu'elles commencent à ramollir. Lorsque la sauce a épaissi et que les poivrons sont bien tendre, c'est prêt!

Servez accompagné de riz.

Si vous souhaitez simplement faire une piperade (c'est à dire juste la sauce aux poivrons), procédez exactement de la même façon mais n'utilisez ni laurier, ni vin blanc. Vous pouvez la servir telle quelle ou bien casser des oeufs dans la sauce (traditionnellement, ils sont brouillés dans la poêle, mais c'est très bon aussi avec des oeufs au plat).



Many months ago, I posted my vegan take on a traditional recipe from the Basque country called axoa (aka a veal -or TVP in this case- and mild or bell peppers). I had wanted for that veganization of traditional recipes to become more regular, and I have loads of ideas for this series, but unfortunately I lack the time or occasion to try them. There was however no way that I'd let summer slip without posting this tempeh basquaise recipe.



This is another take on a traditional Basque recipe (if you can't tell, I was born in Basque country and lived my first four years there, and although I live now quite far away from there, its cuisine still has in place in my kitchen!), originally made with chicken. The sauce, made with tomatoes, onion, garlic and peppers (whose colours are the same as the Basqe flag), is called "piperade". There is an endless debate on whether mild green peppers or belle peppers should be used in this recipe, and no one seems to agree, as it is often the case with traditional recipes. In my family, we have always used bell pepper (partly because we prefer our sweet green peppers in salads or omelettes), and if I remember well, the Basque friends of my parents used these too. Anyways, since I swaped the chicken for tempeh here, I'm off the traditionnal ground, so I can very well use whatever pepper I want!



Basquaise tempeh (tempeh in a tomato and pepper sauce) {vegan, gluten-free, nut-free}
Serves 4 :
- 200 g tempeh
- 1 large yellow or white onion
- 2 red bell peppers
- 2 green bell peppers (instead of the bell peppers, you coul use sweet green peppers from the varaity "doux des Landes" if you find them, but they seem quite rare outside of Southwestern France)
- 2 large, very ripe tomatoes (use a variety that is suited for sauce)
- 1 large clove garlic
- 1 bay leaf (optional)
- 1/2 cup dry white wine (optional)
- olive oil
- salt, pepper, Espelette chili powder (omit the latter if you can't find it)

Remove the stem and seeds from the peppers. Peel the onion and garlic. Slice the peppers and onion in strips. Mince the garlic. Cut the tempeh and tomatoes in big dices (you can peel the tomatoes beforehand if you wish, by slicing their skin and plunging them into boiling water for 30 seconds).

Heat 1-2 tbsp olive oil in a large pan on medium-high heat. Cook the onion and peppers for 2 minutes, stirring regularly. Lower the heat they stick to the bottom of the pan or brown too fast.

Add the garlic and tempeh and cook for 5 additional minutes.

Add the diced tomatoes, bay leaf and white wine (or 1/2 cup water if not using wine), season with salt, pepper and 1/2 tsp Espelette chili (more or less depending your taste and your resistance to heat. Note that the dish musn't be very spicy in the end). Cover and simmer for 15 to 20 mintes, breaking the tomatoes with a wooden spoon so that they form a nice sauce.

The dish is ready when the sauce has thickened and the peppers are soft. Serve with rice.

If you only want to make piperade (aka the tomato and pepper sauce), proceed as described above but don't use wine nor bay leaf. You can serve it on its own with rice or pasta, or you can also breaks eggs into it (traditionally, you would scramble the eggs in the sauce, but it is also delicious shakshuka-style with sunny side eggs).

mardi 12 janvier 2016

Potée de chou aux lentilles // Lentils and kale stew

Je traverse une période "zéro prise de tête" en cuisine en ce moment. Il faut dire que je n'ai pas beaucoup de temps devant moi pour cuisiner, car mon boulot risque de me prendre pas mal de temps sur les mois à venir (attendez-vous donc à un rythme de publications erratique, même si je ferai de mon mieux pour garder le cap!). Le soir, j'ai donc peu d'énergie pour me lancer dans de grands festins, et je veux pouvoir profiter au maximum de mes soirées et de mes weekends, sans avoir à les passer derrière les fourneaux. Il faut aussi que j'avoue que j'ai atteint un stade de raz-le-bol extrême de la vaisselle, alors je favorise les plats qui salissent le moins de poêles et casseroles possible. Et puis, avec l'hiver qui s'installe, j'ai envie de ralentir le rythme. L'hiver est de toute façon un moment où la nature tourne au ralenti, se repose et se ressource pour être prête à éclore au printemps, et je ressens l'envie de faire pareil, rentrer dans une phase d'hibernation, ne pas brûler toute mon énergie, déjà très sollicitée en ce moment.





Ces derniers temps, les soupes et les ragoûts sont donc une réponse parfaite à la question "qu'est ce que je vais manger ce soir?". Des plats mijotés, réconfortants, réchauffant et ressourçants, qui appellent au cocooning et qui se prêtent parfaitement aux légumes de saison. Une préparation et une cuisson qui ne demandent pas beaucoup d'efforts, on coupe et on cuit, ça ne salit qu'une seule casserole, et on peut facilement les préparer en grande quantité et les resservir toute la semaine, d'autant plus que ce genre de plat devient souvent meilleur de jour en jour. Vous risquez donc de voir apparaître un bon nombre de soupes et ragoûts ici durant les prochains mois, d'autant plus que j'ai dans mon frigo un chou gigantesque, cadeau de la grand-mère de mon chéri, ainsi que deux immenses citrouilles dans mon cellier, cadeau de ma propre grand mère. Ma cocotte minute et mon mixeur plongeant ne vont pas chômer cet hiver, je vous le dis!



Potée de chou aux lentilles {vegan, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes : 
- 100 g de lentilles sèches
- 1 grosse pomme de terre
- 3-4 grandes feuilles de chou vert
- 1 oignon jaune
- 1 carotte
- 1 branche de céleri
- 1 grosse gousse d'ail
- 1 belle feuille de laurier
- huile végétale
- sel, poivre
Pour servir : jus de citron, persil haché, parmesan, huile de noix, noisette, sésame ou à la truffe, pain de campagne, ...

Pelez l'ail, l'oignon, ainsi que la carotte et la pomme de terre si vous le souhaitez.

Détaillez l'oignon, la carotte et le céleri en petits dés. Hachez l'ail.

Faites chauffer 1 cs d'huile à feu moyen dans une cocotte minute ou une grande casserole. Faites revenir l'oignon, la carotte, le céleri, l'ail et le laurier pendant 10 minutes, en remuant régulièrement. Les légumes doivent commencer à s'attendrir, et l'oignon doit devenir translucide. Si vous voyez que les légumes colorent trop vite, baissez le feu.

Coupez la pomme de terre en gros dés. Retirez la nervure dure des feuilles de chou et déchirez-les en morceaux de taille moyenne.

Ajoutez la pomme de terre, le chou et les lentilles dans la cocotte, puis versez un litre d'eau. Poivrez mais ne salez pas. Remuez en grattant bien le fond. Fermez la cocotte et laissez cuire sept minutes à partir du moment où la vapeur s'échappe (pour une cuisson à la casserole, couvrez et portez à ébullition puis laissez mijoter 15 à 20 minutes, jusqu'à ce que les lentilles soient cuites).

Goûtez et rectifiez l'assaisonnement. Servez bien chaud accompagné de pain de campagne. Vous pouvez parsemer le ragoût de persil haché, de jus de citron, de parmesan, d'un petit filet d'huile de votre choix, etc avant de déguster.

Vous pouvez également réaliser une soupe sur la même base, en ajoutant plus d'eau et en augmentant éventuellement la quantité de chou tout en diminuant celle de lentilles.


Lentils and kale stew {vegan, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4 : 
- 100 g dried French lentils
- 1 big potato
- 1 carrot
- 1 stalk celery
- 1 yellow onion
- 1 big garlic clove
- a bunch of kale leaves
- 1 bay leaf
- vegetable oil
- salt, pepper
- to serve : crusty bread, lemon juice, chopped parsley, shaved pamigiano, your favourite oil to drizzle on top, ...

Peel the onion, garlic, carrot and potato (if desired, I used it unpeeled but cleaned from dirt). Rince the lentils and pick up and discard any small rock. Remove the hard stem from the kale leaves and tear into bite-sized pieces

Finely dice the onion, carrot and celery stalk. Finely chop the garlic.

Heat 1 tbsp oil in a pressure cooker or big pot. Cook the onion, carrot, celery, garlic and bay leaf on medium-low heat, stirring often, until they start to soften (10-15 minutes). If they brown too quickly, lower the heat.

Chop the potato in big chunks. Add it to the pot with the lentils and kale, then pour 4 cups (1 litre) water into the pot and scrape the bottom to remove the lose bits.

Season with pepper (but not with salt!) and close the lid of your cooker. Cook for 7 minutes from the moment the steam goes out. If using a regular pot, cover and bring the water to a boil, then simmer until the lentils are cooked (20-30 minutes).

Taste and adjust the seasonning. Serve hot with crusty bread and your choice of toppings.

If you want a more soup-y stew, double the amount of water, and add more kale while decreasing the amount of lentils if desired.