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jeudi 5 juillet 2018

Kalam polo shirazi : riz iranien au chou rave et aux herbes // Kalam polo shirazi : iranian rice casserole with kohlrabi and herbs

Hééé, mais oui, voilà que pour ma première recette de l'été, le chou est de retour! Vous vous y attendez pas à celle-là hein? À vrai dire, moi non plus... Après plusieurs mois à en bouffer à toutes les sauces, grâce à nos paniers AMAP qui nous fournissaient copieusement, j'ai accueilli les légumes de printemps avec soulagement. Enfin, on allait pouvoir passer à autre chose ! J'ai compris à ce moment-là pourquoi les Allemands et les Alsaciens appréciaient autant les asperges, au point de placarder des panneaux annonçant leur arrivée sur les devantures de restaurants, de supermarchés, sur le bord de la route, et d'en vendre à peu près partout. Un véritable culte! Il faut dire que quand vous mangez du chou de novembre à avril, et qu'un autre légume débarque enfin sur le marché, vous l'accueillez comme le messie et vous en mangez des kilos comme si votre vie en dépendait, au cas où ce soit un rêve et que vous vous réveilliez soudain devant un plat de choucroute !


On a donc passé quelques semaines sans le moindre crucifère dans notre panier, et plus l'été approchait, plus le souvenir des kilos de chou ingurgités au cours de l'hiver s'éloignait (même s'il me reste encore l'équivalent d'un spécimen et demi au congélateur...). Sauf que... J'ignorais qu'il existait du chou de printemps ! Et notre AMAP s'est fait une joie de nous en refiler, c'est à croire qu'après deux mois de sevrage, les Alsaciens ont à nouveau besoin de leur dose de choucroute... On s'est donc retrouvés avec du chou pointu sur les bras, mais aussi au chou rave, LE légume alien par excellence. Et autant le chou pointu, j'ai désormais plein d'idées pour le préparer après l'entrainement intensif de cet hiver, pour le chou rave, je sèche... À part la soupe (plat qui ne me fait absolument pas envie en ce moment) ou la salade (mais on est d'accord que c'est clairement pas la bonne solution pour se farcir 3 kg de chou rave), je n'ai absolument aucune idée de ce qu'on peut faire avec ce légume. J'ai testé cette recette de pizza, ainsi que des frites et des rostis en mélange avec des pommes de terre, et j'ai réalisé un truc : le chou rave cuit, c'est pas ce que je préfère... Pourtant j'avais mangé une délicieuse soupe en Allemagne, au goût très doux, mais là je ne retrouve pas du tout cette saveur. On est entre le chou et le navet, et comme je déteste ce dernier, vous imaginez bien que je suis bien embêtée avec mes choux raves...


Ma solution dans ce genre de cas, c'est de miser sur les cuisines du monde, et en particulier celles qui utilisent plein d'épices, histoire de planquer un peu les machins que j'aime pas trop au milieu d'autres saveurs. Sauf que je ne savais absolument pas quels pays cuisinent le chou rave. Et puis je suis tombée sur la recette que je vous propose aujourd'hui, complètement par hasard. En fait, c'est en cherchant une recette de kimchi de radis (là aussi, on en a eu la dose!) que je suis tombée sur ce post donnant des idées pour cuisiner le chou. Or, comme je disais plus haut, il m'en reste encore un et demi au congélateur donc je me suis dit que toute nouvelle recette était bonne à prendre. C'est ainsi que j'ai découvert l'existence du kalam polo, un plat Iranien à base de riz, de chou et de boulettes ou de morceaux de viande. J'étais déjà très contente d'avoir un nouveau moyen d'écouler un peu de notre nouveau légume préféré (ahem...), mais alors quand j'ai découvert qu'il existait des variantes à base de chou rave, j'ai fait une petite danse de la joie! Enfin, j'allais pouvoir me débarrasser de la bête! Comme je n'ai trouvé aucune version française (et végane!) de cette recette, j'ai décidé de faire un post ici! D'après mes recherches, il existe deux façons de préparer le kalam polo : une avec une garniture parfumée à la tomate et aux épices, l'autre aux herbes (basilic, aneth et estragon ou sariette, parfois persil, j'ai choisi d'utiliser ce dernier car je ne trouvais pas les autres), cette dernière étant systématiquement employée dans les recettes à base de chou rave. Je testerai donc la version à la tomate avec du chou blanc une autre fois (et vous n'échapperez probablement pas à la recette ;) )


Pour véganiser ce plat, j'ai simplement utilisé du seitan à la place de la viande. J'avais d'abord imaginé faire des boulettes de protéines de soja texturées, mais je n'en avais plus, alors je me suis rabattue sur le seitan. J'en fais très rarement, et mon taux de réussite est variable, donc j'avoue que j'avais un peu peur de choisir cette option. Mais j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai appliqué plusieurs conseils lus à droite à gauche, à savoir : bien pétrir la pâte, ne pas faire bouillir l'eau de cuisson mais la laisser tout juste frémir, cuire longuement et laisser le seitan cuit reposer 24h dans son bouillon avant utilisation. Et ce fut une vraie réussite, mon seitan était moelleux sans être spongieux, et bien parfumé, je pense avoir surmonté mes peurs ;) Comme c'est quand même assez long à faire, ce serait dommage d'en préparer une petite quantité juste pour cette recette, donc je vous donne le double des proportions. (bon OK j'avoue, en vrai j'ai vu trop gros quand j'ai testé la recette, mais j'étais bien contente d'avoir du rab!) Vous pouvez conserver le reste de seitan pendant une semaine au frigo dans son bouillon, ou bien le congeler égoutté. Pour vous donner des exemples d'utilisation avec le reste, j'en ai fait une partie façon kebab (coupé en petites lamelles, marinées dans un mélange d'huile d'olive, cumin, coriandre en poudre, paprika et poivre puis sautées à la poêle et mangées en sandwich avec des crudités et une sauce blanche), et une autre à la crème et à la moutarde. Ou, bien sûr, vous pouvez faire une seconde portion de ce plat, si vous être fan de chou rave ;)


Kalam polo shirazi - cocotte de riz Iranienne au chou rave et herbes fraîches {végétalien, sans noix, option sans soja}
Seitan :
- 150 g de gluten
- 30 g de poudre d'amandes
- 1 cs de levure maltée
- 1/2 oignon
- 1/2 cc de curcuma
- 1/4 cc de poivre
- 1/2 cc d'ail moulu
- 160 ml d'eau chaude
- 2 cs de sauce soja (ou 1 cs de poudre de bouillon de légumes)
Bouillon de cuisson :
- 1,5 l d'eau
- 1 cs de bouillon de légumes en poudre ou 1 cube (ou directement 1.5 l de bouillon de légumes maison)
- 1 cs de miso brun (ou 1/2 cc de sel)
Cocotte de riz :
- 250 g de riz long
- 1 chou rave d'environ 500 g
- 1/4 cc de curcuma
- le jus d'un demi citron
- 2 à 3 cs de basilic frais haché
- 2 à 3 cs de persil frais haché (ou d'estragon ou de sariette)
- 1 cc d'aneth séché ou 1 cs d'aneth frais haché
- 1 pincée de filaments de safran
- huile d'olive
- sel et poivre
Pour servir : yaourt nature, pickles ou légumes lactofermentés

La veille, préparer le seitan : mélanger tous les ingrédients secs dans un saladier. Mélanger les ingrédients humides dans un verre à bec verseur. Râper l'oignon et l'ajouter aux ingrédients humides. Verser progressivement les ingrédients humides dans le saladier, en mélangeant à la fourchette pour bien incorporer. Quand la pâte devient trop élastique pour être mélangée à la fourchette, pétrir à la main jusqu'à obtenir une boule homogène.

Déposer le seitan sur un plan de travail et pétrir pendant une dizaine de minutes.
Mélanger les ingrédients du bouillon de cuisson et porter à ébullition. Réduire le feu pour que le bouillon de cuisson frémisse.

Découper le seitan en petits morceaux de la taille d'une cerise et les plonger dans le bouillon de cuisson. (Vous pouvez essayer de former des boulettes pour être plus fidèle à la recette originale mais le seitan garde rarement sa forme s'il n'est pas contraint dans un film étirable ou tissu. Mes boulettes ont pris des formes totalement biscornues à la cuisson mais ça ne change évidemment rien au goût !)
Laisser cuire 1h à 1h30 à frémissement, puis laisser refroidir le seitan dans son bouillon pendant 24h.

Le lendemain, mettre le riz à tremper dans de l'eau salée pendant 1h.

Mettre les filaments de safran dans un verre et verser 10 cl d'eau chaude par dessus. Laisser infuser.
Peler le chou rave et le découper en frites.

Faire chauffer de l'huile dans une poêle et y faire revenir le chou rave avec le curcuma et un peu de sel. Quand il commence à s'attendrir et à dorer, ajouter le jus de citron. Poursuivre la cuisson jusqu'à ce que le chou soit tendre.

Prélever environ la moitié du seitan (le reste de garde 1 semaine au frigo dans son bouillon, ou plusieurs mois au congélateur, égoutté) et la faire revenir dans un peu d'huile, jusqu'à ce que les morceaux soient dorés.

Porter une casserole d'eau non salée à ébullition. Égoutter le riz et le verser dans la casserole. Cuire 7 minutes et égoutter. Le riz doit être al dente.

Replacer la casserole vide sur le feu. Y verser 1 cs d'huile, puis repartir la moitié du riz dans le fond de la casserole, ajouter le tiers des bâtonnets de chou rave, le seitan et les herbes fraîches, puis recouvrir du reste de chou rave, et à nouveau de riz. Ajouter à nouveau une cuillère à soupe d'huile sur le dessus et verser l'infusion de safran dans la casserole.

Recouvrir la casserole d'un torchon propre, poser le couvercle par dessus, et laisser cuire 20 minutes à feu très doux. Mélanger et servir, accompagné de yaourt et de légumes lactofermentés si vous le souhaitez.


Vegan kalam polo shirazi - Iranian rice casserole with kohlrabi {vegan, nut-free, soy-free option}
Seitan : (makes extra, see notes)
- 150 g gluten powder
- 30 g almond flour
- 1 tbsp nutritional yeast
- 1/2 onion
- 1/2 tsp turmeric powder
- 1/4 tsp freshly cracked black pepper
- 1/2 tsp garlic powder
- 160 ml warm water
- 2 tbsp soy sauce (or 1 tbsp vegetable broth powder)
Broth :
- 1.5 l water
- 1 tsp vegetable broth powder ou 1 cube (or directly 1.5l vegetable broth)
- 1 tbsp barley miso paste (or 1/2 tsp salt)
Rice casserole :
- 250 g long grain rice
- 1 kohlrabi (approx. 500g)
- 1/4 tsp turmeric powder
- the juice of 1/2 lemon
- 2 to 3 tbsp fresh basil, chopped
- 2 to 3 tsp fresh parsley, chopped (or taragon or savory, I couldn't find any of them)
- 1 tsp dried dill or 1 tbsp fresh
- 1 pinch saffron threads
- olive oil
- salt and pepper
To serve : unflavoured soy yoghurt, pickles or lactofermented vegetables

The day before, make the seitan : combine all the dried ingerdients in a wide bowl. Combine wet ingredients in a jar. Grate the onion and add to the wet ingredients.

Gradually add the wet ingredients into the dried, stirring with a fork to incorporate, then keand for about 10 minutes.

Combine the ingredients for the broth in a saucepan. Bring to a boil, then reduce to a simmer. 

Cut the seitan in pieces the size of a cherry. You can try to form balls with them but they probably won't hold their shape while cooking, at least mine didn't. Put the seitan pieces into the broth and simmer for 1 to 1.5 hour. Let the seitan rest in its broth overnight before using.

The next day, soak your rice for 1 hour into cold salted water. Grind the saffron threads, place in a glass and cover with 10 cl hot water.

Meanwhile, peel the kohlrabi and cut into fries. Heat 1 tbsp oil in a pan and cook the kohlrabi fries on medium heat, flipping regularly. Season with turmeric powder. When the fries start to soften and to brown on the sides, add the lemon juice. Continue to cook until soft. Reserve into a plate.

In the same pan, heat 1 tbsp oil and sauté half oh the drained seitan until golden.

Bring a pot of unsalted water to a boil. Add the draine rice and cook for 7 minutes, then drain. The rice should be slightly undercooked.

Wipe the pot and place back on low heat. Add 1 tbsp oil, then spread half the rice in the bottom. Cover with most of the kohlrabi fries, the seitan, the herbs, then the remaining kohlrabi fries, and spread the remaining rice on top. Drizzle with another tbsp oil, then with the saffron water.

Place a towel on top of the pot, then place the lid on and cook on low heat for 20 minutes.

Stir and serve with yoghurt and pickles or lactofermented veggies.

Notes : Because seitan is quite time consuming to make, I doubled the quantities so that you can have leftovers. You can store them up until 1 week in its broth in the fridge or several months in the freezer, drained. Here is how I used my leftovers : half was made into kebab "meat" by marinating it in oil, cumin, coriander, paprika, onion powder and pepper, then sauteed and served into a sandwich with crudités and yoghurt sauce. The other half was sauteed and served with a vegetable cream and mustard sauce, with a side of rice.

jeudi 24 mai 2018

Salade de pâtes, radis et roquette // Pasta, radish and arugula salad

Voici une recette que je n'avais pas du tout prévu de publier ici. Non, cette semaine, j'aurais dû vous poster mon tiramisu au citron. Mais deux choses se sont mises en travers de mon chemin : mon PC qui a passé 2 soirées à se mettre à jour, retardant ainsi la date de publication prévue, et mon application Blogger, qui a mal synchronisé avec mon PC, me faisant perdre les 3/4 de mon article que j'avais mis des heures à rédiger (la faute à une inspiration fluctuante). Face à la disparition de la plupart de mon texte, je vous avoue que j'ai eu sérieusement les chocoboules et que je n'ai pas trouvé la motivation de tout recommencer. Mais rassurez-vous, je m'y mets à nouveau ce weekend et le post sera prêt pour la semaine prochaine !



Je n'avais pas spécialement prévu de plan B car je suis en flux tendu sur mes articles en ce moment, et puis, quelques jours plus tôt, j'ai improvisé une petite salade de pâtes pour le bento de chéri. Après avoir été inondés de chou à l'AMAP, nous croulons à présent sous les asperges, les radis, la salade et la roquette. Si je n'ai aucun problème pour écouler les premières en variant les recettes, pour les trois autres, c'est un peu plus compliqué. Je me contente bien souvent de les manger en accompagnement, avec un peu de vinaigrette, tout en sachant dans un coin de ma tête que je pourrais faire un peu mieux que ça. C'est donc de cette volonté de faire quelque chose de différent qu'un  simple mélange de crudités que cette salade est née. En la goûtant, je l'ai trouvée très sympathique, mais je ne pensais pas pouvoir la prendre en photo puisque la nuit était déjà tombée au moment où je l'ai préparée, et je pensais qu'elle serait mangée le lendemain midi. Sauf que chéri a finalement décidé d'emporter autre chose pour son déjeuner, me laissant donc la liberté d'immortaliser cette salade.


Ce n'est certes pas une recette révolutionnaire qui va changer la face de la blogosphère culinaire, je vous l'accorde, mais après tout, il n'y a pas de raison que l'on réserve les blogs à des recettes hyper complexes et élaborées. En tout cas, ce n'est pas ce que je souhaite pour le mien, au contraire j'ai de plus en plus envie qu'il reflète ce que je mange réellement, et, comme beaucoup de monde, je n'ai pas toujours le temps, l'envie et les ingrédients pour me lancer dans de la grande cuisine. Et puis, pour moi qui suis habituellement une monomaniaque de la salade de pâtes, cette recette constitue quand même une petite révolution ;)


Dernier argument en faveur de cette recette : la saison des pique-niques et des barbecues approche à grand pas, et elle fera un très bon accompagnement pour vos grillades (en ce qui me concerne, je MEURS d'envie de tester ces saucisses de haricots !) en attendant de pouvoir faire du taboulé !


Salade de pâtes, radis et roquette {végétalien, sans soja, sans noix}
Pour 2 personnes en plat principal :
- 100 g de pâtes de type langue d'oiseau
- une demi-douzaine de radis
- une petite poignée de roquette
- les tiges vertes d'un petit oignon nouveau ou quelques brins de ciboulette
- 1 cs de graines de pavot
- 1 cs de mayonnaise végane (j'ai utilisé de la mayonnaise à l'aquafaba faite maison)
- zeste et jus de citron, au goût
- huile d'olive

Faire cuire les pâtes en suivant les instructions du paquet. Égoutter, verser dans un saladier et arroser d'un filet d'huile d'olive (ou autre huile de votre choix) pour ne pas qu'elles collent. Laisser refroidir.

Trancher finement les radis, hacher grossièrement la roquette, émincer l'oignon nouveau ou la ciboulette. Ajouter aux pâtes froides avec les graines de pavot et la mayonnaise et mélanger.

Assaisonner de zeste de citron au goût.

Au moment de servir, ajouter du jus de citron au goût (si vous le mettez en avance, cela aura tendance à ramollir la roquette). Cette salade se conserve 2 à 3 jours au frais.



Pasta, radish and arugula salad {vegan, soy-free, nut-free}
Serves 2 as a main :
- 100 g orzo pasta
- about 6 to 10 radishes, depending on size
- a small handful arugula
- a few chives stalks
- 1 tbsp poppy seeds
- 1 tbsp vegan mayonnaise (I used homemade aquafaba mayonnaise)
- lemon zest and juice to taste
- olive oil

Cook the pasta according to the instructions on the package. Drain, put in a wide bowl, drizzle with a bit of olive oil (or another oil of your choice) and stir, so that they don't stick together. Let cool.

Finely slice the radishes, coarsely chop the arugula, mince the chives. Put in the bowl with the cooled pasta along with poppy seeds and mayonnaise. Toss well and season with lemon zest to taste.

Before serving, season with lemon juice to taste (if you put it in the salad long before serving, it will "cook" the arugula and you don't want to eat some soggy salad).

This salad keeps in the fridge for 2 or 3 days.

mercredi 2 mai 2018

Granola salé aux épices à chorizo // Chorizo flavoured savoury granola

Je crois que la première fois que j'ai entendu parler de granola salé, c'était dans le livre Des soupes qui nous font du bien de Cléa et Clémence Catz (que je conseille vivement à tous les amateurs de soupe, il y a des recettes pour tous les légumes ou presque!). Au début, j'ai été assez moyennement emballée par le concept. Je trouvais ça curieux, mais sans plus. Et puis, petit à petit, l'idée a fait son chemin dans ma tête, me séduisant de plus en plus, jusqu'à ce que je commence à réfléchir à une version que j'aimerais tester. J'ai alors songé à une version goût chorizo (oui, j'ai un truc avec le chorizo, mais que voulez-vous, depuis que j'ai découvert que le goût de cette fameuse charcuterie était dû uniquement à une variété bien particulière de piment, je ne prive pas d'en mettre partout où je peux!), que j'imaginais saupoudré sur un velouté de courgette. Malgré ça, je traînais la patte et je ne passais toujours pas à l'action, je pense qu'au fond de moi je restais encore un peu réticente face à ce concept. J'avais peur de ne pas en trouver l'utilité, ou de ne pas vraiment aimer.



Et puis, il y a quelques semaines, lors d'un atelier photo à Paris, j'ai goûté un velouté de chou fleur et de lait de coco saupoudré de granola salé aromatisé au curry. Vu le sujet de mon article aujourd'hui, vous vous en doutez : j'ai adoré! C'était croustillant, parfumé, léger, et ça s'imbibait beaucoup moins que des croûtons. Une fois rentrée chez moi, j'ai enfin mis en pratique l'idée qui me trottait dans la tête depuis si longtemps. Vu que je ne suis pas une grande consommatrice de flocons de céréales, je me suis limitée à caux d'avoine, et j'ai utilisé des graines et noix que j'avais sous la main (tournesol, courge et amande) mais libre à vous de varier les ingrédients selon le contenu de vos placards!



Pour l'instant, je n'ai utilisé mon granola que pour pimper un peu ma salade verte, car je n'ai pas trop envie de soupe en ce moment (bon, OK, et j'en ai aussi un peu boulotté juste comme ça à la sortie du pot ^^), mais je l'imagine bien sur un velouté d'apserges, de courgettes, de petits pois ou pois cassés. J'ai aussi envie de tester d'autres parfums, notamment une version au curry rouge pour aller avec toutes mes soupes de courge au curry et lait de coco! On en reparle cet automne? ;)



Granola salé goût chorizo {végétalien, option sans gluten, option sans noix}
Pour un petit pot :
-75 g de flocons d'avoine
- 10 g de graines de courge
- 10 g de graines de sésame
- 20 g d'amandes concassées (ou plus de graines pour une option sans noix)
- 1 cc de miso d'orge ou de riz
- 1 cc de concentré de tomate
- 1 cs d'huile d'olive
- 1 cs de sirop d'agave
- 1/2 cc de piment de la Vera
- 1/4 cc de cumin en poudre
- 1/4 cc de thym séché

Dans un saladier, mélanger les flocons, les graines et les amandes concassées.

Dans un petit bol, mélanger tous les autres ingrédients jusqu'à former une pâte homogène. Verser la pâte épicée sur le mélange de flocons, et bien remuer pour enrober.

Etaler en une couche d'environ 2 mm d'épaisseur sur une plaque de cuisson recouverte de film de cuisson. Enfourner pour une quinzaine de minutes à 180°C, en surveillant attentivement pour ne pas que le granola brûle. Remuer délicatement après une dizaine de minutes de cuisson.

Laisser refroidir et conserver dans un bocal hermétique. Saupoudrer sur des soupes, salades, veggie bols, ...



Chorizo flavoured savoury granola {vegan, gluten-free option, nut-free option}
Yields a small jar :
- 75 g oat flakes
- 10 g pumpkin seeds
- 10 g sunflower seeds
- 20 g chopped almonds (or more seeds for a nut-free version)
- 1 tsp barley or rice miso paste
- 1 tsp tomato paste
- 1 tbsp olive oil
- 1 tbsp agave syrup
- 1/2 tsp chili de la Vera
- 1/4 tsp ground cumin
- 1/4 tsp dried thyme

Mix the oat flake, seeds and almonds in a xide bowl.

In a small bowl, whisk together the other ingredients. Pour on the oat mix and toss well to coat.

Spread onto a lined baking sheet, making a 2 mm-thick layer. Bake at 180°C (360F) for 15 minutes, watching the granola closely so that it doesn't burn. Stir delicately after 10 minutes of baking.

Let cool and store in a jar. Sprinkle on soups, salads, veggie bowls, ...

mercredi 18 octobre 2017

Poêlée de riz et de quinoa à l'équatorienne (+ quelques photos de l'Equateur) // Ecuadorian rice and quinoa stir-fry (+ a few travel pictures from Ecuador)

L’autre jour, mon téléphone m’a affiché une notification me proposant de « revivre une journée » que j’avais immortalisée en photo il y a deux ans, et mise dans un album photo en ligne afin de pouvoir partager les clichés avec les autres personnes présentes ce jour-là. J’ai beau trouver cette intrusion de plus en plus visible de Google, Facebook and co dans nos vies privées, j’étais quand même contente de ce rappel, car les photos en questions étaient celles de mon voyage en Equateur. Cela fait donc deux ans que j’ai vécu cette incroyable aventure, deux semaines au sein de trois communautés kichwas, dans les Andes et en Amazonie, mon premier grand voyage hors d’Europe. J’ai encore de nombreux souvenirs très vifs de mon séjour, qui fut parsemé d’expériences plus extraordinaires les unes que les autres : voir la force de Coriolis s’inverser d’un côté et de l’autre de la ligne d’équateur, marcher dans les pâturages andins à plus de 3000m d’altitude, planter des tubercules locaux, tondre un mouton et récolter du quinoa, grimper à plus de 5000m d’altitude sur l’un des volcans les plus hauts du monde, faire de la pirogue et pénétrer dans la forêt amazonienne, … Et surtout, le sourire, l’hospitalité et la gentillesse de ceux qui nous ont accueillis, leur fierté de partager une part de leur culture et de leur savoir, tout cela me marquera à jamais.



Lorsque j’étais rentrée, j’avais prévu de partager tous ces beaux moments ici, mais force est de constater que de trier et retoucher plus de 1000 photos demande un temps et surtout une motivation que je n’ai pas encore trouvés (mais vous pouvez tout de même avoir un petit aperçu ici, avec une sélection de mes clichés préférés). J’avais également prévu de partager des recettes inspirées de plats que j’avais goûtés là bas, car j’adore découvrir les spécialités culinaires locales quand je voyage, et je m’efforce toujours de ramener ces nouvelles saveurs dans ma cuisine à mon retour (comme par exemple cette soupe aux pois cassés et légumes, rapportée de Cuba en mars dernier). J’ignore si je trouverai un jour l’énergie pour rédiger quelques posts sur mon voyage en Equateur (et également à Cuba…), mais en tout cas, en ce qui concerne la recette, j’ai aujourd’hui décidé de remédier à mon oubli en vous présentant une poêlée de riz et de quinoa adaptée d’un plat que j’avais dégusté là bas. 



Je me souviens parfaitement du cadre dans lequel il nous a été servi. C’était notre dernière journée au sein de la communauté de San Martin Alto, et le programme de la journée était chargé: tout d’abord, une visite du marché de Colta, en commençant par le marché aux animaux. J’avoue ne pas avoir été très enthousiaste à cette idée, craignant de voir des bêtes attachées, traînées de force vers des camions, peut-être même abattues dans un coin du marché, mais nous n’avons heureusement rien vu de tout ça. Les propriétaires des animaux (des moutons et des cochons) se tenaient à côté de ces derniers qui, bien que retenus par des cordes, étaient généralement très calmes. Il n’y avait donc aucune violence pratiquée sur les bêtes. C’était tout de même difficile pour moi de voir ce genre de scène, en sachant pertinemment quel était le sort final qui leur était réservé (bien que certains moutons fussent vendus uniquement pour leur laine), même si je garde en tête des images très fortes et très belles, comme cette femme vêtue de ses habits traditionnels et qui se tenait à côté du plus grand mouton que j’aie jamais vu, et qui a, malheureusement pour moi, refusé que je la prenne en photo (sentiment que je comprends parfaitement, je n’ai d’ailleurs pas insisté!).



Puis nous sommes passés au marché aux fruits et légumes, beaucoup plus supportable pour moi. Bananes, agrumes, poivrons, céréales et légumineuses, herbes aromatiques, et autres denrées qui m’étaient inconnues mêlaient leurs couleurs à celles des ponchos de leurs vendeurs, tous coiffés de ce petit chapeau typique de la région. Nous avons également traversé un marché d’artisanat, où des hommes fabriquaient des vêtements, penchés sur de vielles machines à coudre Singer à pédale.





Nous avons ensuite repris la route en direction du fameux volcan Chimborazo, dont la silhouette imposante ornait l’horizon. Nous avons alors entamé une mini randonnée, suivant un sentier qui serpentait et grimpait doucement à travers un paysage lunaire, rendu plus mystérieux encore par des voiles de brumes qui flottaient çà et là, masquant le sommet du volcan et charriant de temps à autre de minuscules flocons de neige. Bien que nous n’ayons que 300m de dénivelé à parcourir, ce fut une épreuve difficile car nous avions démarré notre ascension à 4700m, et les effets de l’altitude se faisaient fortement sentir, sauf, évidemment, pour notre guide qui nous a confié être déjà monté plusieurs fois jusqu’au sommet, situé à plus de 6000m. Les plus courageux (dont j’ai fait partie, après avoir longtemps hésité cependant, car j’étais déjà fatiguée par le trajet parcouru jusqu’à présent) pouvaient monter de 100m supplémentaires pour arriver à la limite d’ascension autorisée sans entraînement spécifique. Nous sommes ensuite redescendus jusqu’à notre minibus, et je peux vous dire qu’à ce stade de la journée, j’étais véritablement affamée. J’ai donc accueilli avec joie l’assiette qu’on me tendait, remplie de cette fameuse poêlée de quinoa et de riz agrémentée d’oignon, de carotte, de petits pois, et de petits morceaux de poulet (bien que végétarienne à l’époque, j’avais fait le choix d’accepter sans réserve la nourriture qui me serait proposée sur place, sachant que je me trouverais dans un pays moins aisé que le mien où la viande constitue encore une part importante de l’alimentation. J’ignore cependant si je prendrais la même décision aujourd’hui.)


C’était sans compter sur le casse-*** du voyage (il y en a toujours un dans les groupes de voyages organisés, et je vous jure que cette fois-ci, c’était pas moi!) qui a décrété qu’on n’allait quand même pas manger dans le minibus, que ça allait sentir et que ce serait mieux de rester dehors. Au vu du froid qui régnait à 4700m, l’opération semblait un peu compromise, alors nous avons remballé le pique-nique sans avoir pu en avaler la moindre bouchée, et nous avons repris la route, redescendant le volcan vers notre prochaine étape, où la température serait plus clémente. Je ne sais pas combien de temps nous avons roulé, probablement pas plus d’une heure, mais j’étais à l’agonie tellement j’avais faim, et les derniers mètres parcourus en cahotant sur un sentier au milieu des champs m’ont paru interminables. Quand nous nous sommes enfin arrêtés, nous étions entourés de pâturages et d’alpagas, mais surtout d’une brume humide qui nous glaçait jusqu’aux os et qui nous a contraints à… nous replier dans le minibus pour manger. Voilà. Autant vous dire qu’après tout ça, cette poêlée de quinoa, qui était encore chaude par je ne sais quel miracle, m’a semblé être le meilleur repas de ma vie!




La recette que je vous présente aujourd’hui est une très légère adaptation de ce plat, reconstituée à partir des notes que m’a donné notre guide. J’ai bien entendu supprimé le poulet, que j’ai remplacé par des champignons, mais vous pouvez aussi y mettre du tofu ou du seitan émietté à la place. J’ai également ajouté une petite pincée de curcuma pour colorer le plat en jaune afin de le rapprocher visuellement de l’original, mais j’ignore ce qui lui donnait alors cette teinte (peut-être l’oignon ?). Je ne suis pas sûre de faire les choses tout à fait correctement car certains passages ne sont pas très clairs, mais en tout cas le résultat reste délicieux et me ramène deux ans en arrière dès la première bouchée. J'espère que cet article mi-culinaire, mi-voyage vous aura plu, en tout cas moi je suis heureuse de m'être replongée dans ces beaux souvenirs!





Poêlée de riz et de quinoa comme en Equateur {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 1 verre (20cl) de riz (environ 120 g)
- 1 verre (20cl) de quinoa (environ 120g)
- 5 ou 6 champignons de Paris de taille moyenne
- 1 oignon rouge ou jaune
- 1 carotte
- 100 g de petits pois, frais ou surgelés
- 1 pincée de curcuma
- huile végétale
- sel

Nettoyez l'oignon pour en retirer la terre et coupez la base pour retirer les racines. Coupez-le en deux sans le peler (retirez au besoin la première feuille externe si elle est très sale ou abîmée). Pelez la carotte et coupez-la en petits dés d'environ 5mm de côté. Détaillez les champignons en tranches. Rincez le quinoa et égouttez bien.

Portez une casserole d'eau à ébullition et blanchissez les carottes et les petits pois pendant 10 minutes. Retirez à l'aide d'une écumoire et réservez. Conservez l'eau chaude pour la cuisson du riz et du quinoa.

Placez le riz dans une casserole avec deux fois son volume d'eau (réutilisez l'eau de cuisson des petites pois et carottes) et un demi-oignon. Portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez cuire 10 minutes à couvert, à petite bouillons. Le riz doit avoir absorbé tout le liquide. Réservez l'oignon et le riz cuit.

Répétez l'opération pour le quinoa, mais avec 2 à 3 fois son volume d'eau. (Je suppose qu'il est aussi possible de faire cuire tous les aliments en même temps dans une seule casserole, pour un gain de temps et de vaisselle).

Récupérez les deux moitiés d'oignon qui ont cuit avec le riz et le quinoa, pelez-les et détaillez-les en lanières.

Faites chauffer de l'huile dans une grande poêle. Faites-y revenir à feu moyen l'oignon, la carotte (si cuite à part) et les champignons avec une pincée de sel et de curcuma, pendant une dizaine de minutes. Les légumes doivent être tendres et les champignons doivent avoir réduit.

Ajoutez le riz, le quinoa et les petits pois et mélangez bien pour tout incorporer. Faites revenir pendant quelques minutes, en remuant régulièrement, jusqu'à ce que tous les ingrédients soient chauds et servez.



This dish is inspired by a rice and quinoa stir fry I had during my trip in Ecuador 2 years ago. On that day, we visited a market, then hiked on one of the highest volcano on Earth. When lunch time arrived, I was starving and this quinoa stir fried was happily welcomed in my belly. I loved it so much that I asked our guide for the recipe. It was originally made with chicken, but since I don't eat meat anymore, I used mushrooms instead. I also added a pinch of turmeric because the original dish somewhat had a yellowish colour. I am not sure my recipe is done properly as the notes that my guide gave me aren't very clear, but it is still very good and reminds me of that amazing day!


Ecuadorian quinoa and rice stir-fry {plant based, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4 :
- 1 cup uncooked rice (120g)
- 1 cup uncooked quinoa (120g)
- 1 cup fresh or frozen green peas (100g)
- 1 red or yellow onion
- 1 carrot, peeled and diced
- 5-6 medium button mushrooms, cleaned and sliced
- 1 pinch turmeric
- vegetable oil
- salt

Brush the onion to remove the dirt. Cut off its root and slice in half, keeping the skin on (you can remove the external layer of skin if it's dirty or damaged). Clean and slice the mushrooms. Peel the carrot and chop it in 1/2-inch (5mm) pieces. Rince and drain the quinoa.

Bring a pot of water to boil and blanch the carrots and peas for 10 min. Remove with a slotted spoon and reserve the cooking water for cooking the rice and quinoa.

Place the rice and one half of the onion (skin on) in a pot and add 2cups of water. Bring to a boil, the lower the heat and cover. Cook for 10 minutes. The rice should have absorbed all the water. Reserve the cooked rice and onion and repeat with the quinoa, this time using 2 to 3 cups water. Alternatively, you could cook all the ingredients (carrots, peas, rice and quinoa) together to save time.

Pick the cooked onion from the rice and quinoa, peel and slice it.

Heat 1 tbsp oil in a large pan, add the onion, mushrooms and carrots (if cooked separately) and fry for 10 minutes on medium heat with a pinch of salt and turmeric. Add the cooked rice, quinoa and peas and stir well. Cook a few more minutes, stirring often so that it doesn't stick to the bottom of the pan and serve hot.

mercredi 10 mai 2017

Poêlée de quinoa à la marocaine // Morrocan quinoa stir-fry


Aujourd’hui marque la moitié Défi Végane 21 jours, et ces dix premières journées m’ont permis de réaliser à quel point cuisiner végétalien était devenu facile pour moi (si vous voulez voir mon menu de la semaine passée, allez faire un tour sur mon Instagram). Il faut dire que cela fait maintenant deux ans que j’ai amorcé un virage vers une cuisine toujours plus végétale, après cinq ans de flexitarisme de plus en plus pauvre en protéines animales. Comme je le disais dans mon dernier article, j’ai quasiment éliminé de ma cuisine les produits laitiers, à part dans les rares préparations industrielles que l’on consomme, mais je m’efforce de les traquer et d’opter pour des options végétaliennes à la place. En revanche, je mange encore des œufs, même si là aussi je m’en passe de plus en plus, surtout en pâtisserie. Je n’ai pas encore testé les omelettes ou les brouillades végétales mais je compte bien en faire d’ici la fin du défi. J’avoue avoir plus du mal à résister à un œuf au plat ou mollet avec son jaune bien coulant (mais la semaine dernière j’ai tout de même réalisé un bibimbap coréen sans œuf et c’était tout aussi délicieux !).
C’est lorsque je suis à l’extérieur que ça se complique… En province, les restaurants offrant des options végétaliennes hors salade composée et assiette de frites sont tout de même assez rares. Et quand je mange chez des amis, même si ceux-ci acceptent sans aucun problème que je ne mange pas de viande et me préparent souvent des options végétariennes (même si je dois régulièrement expliquer que non, le poisson, c’est pas végétarien. C’est AUSSI un animal mort hein), il reste tout de même difficile pour eux de cuisiner végétalien. C’est ainsi que j’ai fait un mini-écart le weekend dernier, en allant prendre l’apéro chez un pote. Pourtant plein de bonnes intentions, il avait acheté de quoi manger pour moi, mais malheureusement il avait choisi des olives aux anchois par inadvertance, le houmous contenait du fromage blanc (WTF ?) et les tortillas de maïs du lactose et des protéines de lait (eeuh, sérieusement les gars ?... Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer cette foutue manie qu’on les industriels de fourrer des dérivés de lait un peu partout ?...), quant au tzatziki, l’un des ingrédients principaux est évidemment le yaourt. Le pauvre était totalement dépité alors quand il m’a servi une verrine de gaspacho courgette-basilic maison, je n’ai pas osé lui dire que le pesto qu’il avait mis dedans n’était pas végane non plus (puis de toute façon quand il m’a donné les ingrédients j’avais déjà englouti la moitié du truc…).
Je comprends tout à fait que cuisiner végétalien puisse être déstabilisant au début, surtout quand on a grandi dans une tradition culinaire qui utilise beaucoup la viande et les produits laitiers comme c’est le cas en France. Les substituts existent, mais de manière générale il faut s’inculquer de nouvelles habitudes alimentaires et culinaires. Cependant, il serait faux de croire que la cuisine végétalienne est complexe et remplie de produits bizarres tels que tofu et fromage de cajou. C’est d’ailleurs une question qui est revenue plusieurs fois sur le groupe Facebook du défi : est-il possible de manger végane, local et de saison, avec des recettes simples et sans utiliser d’ingrédients hors du commun ? J’ai plusieurs fois répondu un franc « OUI », sans vraiment donner d’exemples (et tombant ainsi dans l’écueil du « dire pourquoi mais pas comment » mentionné dans cet excellent article d’Antigone XXI), alors aujourd’hui je me rattrape avec cette recette, née d’une improvisation un jour de flemme culinaire, et qui regroupe tous les critères demandés. Vous allez peut-être me dire : « Attends, t’es bien gentille, mais ton quinoa là, il vient pas du Pérou ? ». Eh bien non, on trouve maintenant du quinoa français en magasin bio, et en vrac qui plus est ! Ceci dit,  je dois avouer que je reste tout de même partagée entre un choix local (donc à empreinte carbone réduite) ou un choix éthique (car le quinoa andin fait vivre des communautés d’agriculteurs là bas, comme j’ai pu le voir durant mon voyage en Equateur). Si vous n’avez pas la chance de trouver du quinoa local (ou que vous n’aimez pas ça, c’est votre droit ;), vous pouvez le remplacer par du boulgour de blé ou d’épeautre, du millet, de l’orge mondé (« Ah non mais tu vois que tu nous sors des ingrédients bio-bizarres au final ! ». Bah écoutez, vous pouvez aussi le tenter avec des coquillettes hein ^^) ou pourquoi pas des lentilles, pensez juste à modifier la quantité d’eau en conséquence. Et c’est la grande force de ce plat : il est adaptable  selon ce que vous avez au frigo. Vous pouvez donc changer de céréale (que vous pouvez d’ailleurs ajouter déjà cuite aux légumes, si vous avez des restes. Dans ce cas supprimez évidemment le bouillon !), mais aussi remplacer ou ajouter des légumes selon la saison. Fèves, navets nouveaux ou épinards au printemps, courgette, poivrons et aubergines en été, butternut, potimarron ou patate douce en automne et hiver, à vous de choisir ! Pour les fruits secs, là aussi vous avez l’embarras du choix : les raisins secs peuvent être remplacés par de l’abricot sec en dés, des amandes ou des pistaches hachées. Enfin, je vous propose trois assaisonnements différents : un « basique » avec un mélange d’épices, auquel vous pouvez ajouter soit du citron confit au sel, soit de la tomate (et de la harissa si vous le souhaitez). Et bien sûr, à vous de choisir les herbes fraîches à rajouter au moment du service : menthe, persil plat, ou coriandre. Bref, vous avez compris, en mai, faites ce qu’il vous plait !
Poêlée de quinoa à la marocaine {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 2 personnes en plat principal (ou 4 personnes en accompagnement) :
- 1 verre (20 cl) de quinoa (ou autre céréale de votre choix : boulgour, millet, orge mondé, ou même des lentilles vertes ou blondes)
- 2 verres (40 cl) de bouillon de légumes (ajustez la quantité d’eau si vous choisissez une autre céréale)
- 1 oignon jaune
- 1 grosse gousse d’ail
- 4 carottes (ou autre légume au choix, voir notes en fin de recette)
- une dizaine de petits champignons de Paris (ou autre légume au choix, voir notes en fin de recette)
- 2 cs de raisins secs (ou d’abricots secs en dés, d’amandes ou de pistaches hachées, ou un mélange)
- 2 cc de cumin en poudre
- 2 cc de paprika
- ½ cc de coriandre en poudre
- ¼ cc de cannelle en poudre
- ¼ cc de noix de muscade en poudre
- 1 cs d’écorce de citron confit au sel, finement émincée OU 1 cs de concentré de tomates (optionnel)
- harissa au goût (optionnel)
- sel, poivre au goût
- huile végétale
- pour servir : herbes fraîches ciselées au choix : persil, menthe ou coriandre

Éplucher l’ail et l’oignon, ainsi que les carottes si elles ne sont pas bio (si elles le sont, il suffit de les rincer pour éliminer la terre, et éventuellement de les gratter avec un couteau pour enlever les petites racines). Frotter les champignons de paris avec un torchon sec pour éliminer la terre, couper la base si besoin. Rincer abondamment le quinoa à l’eau froide en frottant bien pour le débarrasser de son amertume.
Dégermer et émincer finement l’ail. Couper l’oignon en lamelles, et les carottes et les champignons en lamelles de 2 à 3 mm de large.
Faire chauffer 2 cs d’huile végétale dans une poêle. Ajouter l’ail, l’oignon, les carottes et les champignons et faire revenir une quinzaine de minutes à feu moyen, jusqu’à ce que les carottes soient tendres et l’oignon translucide et un peu doré.
Ajouter les épices (cumin, paprika, coriandre moulue, cannelle et muscade) et bien mélanger. Cuire quelques minutes puis ajouter le quinoa, bien mélanger et cuire une minute supplémentaire à feu vif.
Verser le bouillon (et le concentré de tomates si utilisé, en le diluant bien) et les raisins ou les abricots secs (attention, pas les amandes ou pistaches hachées !) et porter à ébullition. Laisser cuire à petits bouillons pendant une dizaine de minutes, en remuant de temps en temps pour ne pas que ça accroche, jusqu’à ce que le quinoa ait absorbé tout le liquide. Le quinoa doit être cuit, si ce n’est pas le cas ajouter de l’eau et poursuivre la cuisson. En fin de cuisson, ajouter le citron confit, la harissa et les amandes ou pistaches hachées (si utilisés) et bien mélanger.
Saler, poivrer, et ajouter de la harissa au goût. Mélanger les herbes fraîches hors du feu et servir.
Notes : il est possible d’utiliser un reste de céréale déjà cuites (c’est en réalité ce que j’ai fait quand j’ai préparé le plat présenté en photo). Dans ce cas, bien faire revenir les légumes, et quand ils sont tendres, ajouter les épices puis la céréale cuite et bien mélanger pour imprégner d’épices. Ne pas utiliser de bouillon, mais diluer le concentré de tomates (si utilisé) dans un peu d’eau avant de l’ajouter. Les carottes et les champignons peuvent être remplacés par des fèves, des rondelles de navet nouveau, des lamelles de fenouil, des épinards ou des fanes de blettes hachés (à rajouter après les autres légumes, et à poêler quelques minutes seulement), des cottes de blettes en tronçons, des rondelles de courgettes, des dés d’aubergine, des lamelles de poivron, des dés de patate douce, courge butternut ou potimarron, ...


Morrocan quinoa stir-fry {plant based, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 2 as a main (or 4 as a side dish) :
- 1 cup uncooked quinoa (or any other grain of choice : wheat or spelt bulgur, millet, pearled couscous, or even green of black lentils)
- 2 cups vegetable broth (adjust the quantity according to the chosen grain or pulse)
- 1 yellow onion
- 1 big garlic clove
- 4 carrots (or another vegetable of choice, see notes at the end of the recipe)
- a dozen small button mushrooms (or another vegetable of choice, see notes at the end of the recipe)
- 2 tbsp raisins (or diced dried figs or apricots, or chopped almonds or pistachios, or a mix of all of them)
- 2 tsp groud cumin
- 2 tsp paprika
- 1/2 tsp ground coriander
- 1/4 tsp cinnamon
- 1/4 tsp ground nutmeg
- 1 tbsp chopped preserved lemon OR 1 tbsp tomato paste (optional)
- harissa, to taste (optional)
- salt, pepper
- olive oil
- to serve : chopped fresh herbs such as mint, parsley, cilantro, chives

Peel the onion and garlic, as well as the carrots if they aren't organic (if they are, just give them a good rince to remove any dirt and slightly rub them with a knife to remove the small roots). Rub the mushrooms with a clean and dry cloth to remove any dirt, cutting the dirty base as needed. Thoroughly rince the quinoa, rubbing it well in your hands to remove its bitterness.

Mince the garlic. Slice the onion, carrots and mushrooms in 2 to 3 mm thick pieces.

Heat 2 tbsp olive oil in a pan. Add the garlic, onion, carrots and mushrooms and cook on medium heat for 15 minutes, or until the carrots are tender and the onion soft and slightly golden.

Add the spices (cumin, paprika, coriandre, cinnamon, nutmeg) and stir well. Cook a few minutes then add the quinoa, toss well to coat and cook 1 minute on high heat.

Add the vegetable broth (and tomato paste if using, stirring well to incorporate), the raisins or figs or apricots (but not the almonds or pistachios!) and bring to a boil. Simmer uncovered for 10 minutes, or until the grain/pulse is cooked, stirring from time to time so it doesn't stick to the pan. The quinoa should have absobed all the water and be cooked after 10 minutes, but if it's not the case, add more water and continue cooking. When cooked, add the preserved lemons, harissa, almonds or pistachios if using.

Fluff with a fork and serve with chopped fresh herbs.


Note : you can use some leftovers of cooked grains to make this dish (this is actually what I did for the pictured dish here). In this case, cook throughly the vegetables, add the spices and when fragrant, add the cooked grain and toss well to coat with the spices. Don't use any broth, but if you want to add tomato paste, dilute it in a bit of water and add to the pan. Carrots and mushrooms can be replaced with almost any vegetable you have on hand : fava beans, chopped green beans, sliced tunips or pasnips, chopped fennel, diced celery or eggplant or sweet potato or any winter squash, sliced zucchini or summer squash or bell peppers, chard stems, greens such as spinach, kale, chard leaves (to be added just before the spices and cooked quickly until just wilted), ...