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jeudi 5 juillet 2018

Kalam polo shirazi : riz iranien au chou rave et aux herbes // Kalam polo shirazi : iranian rice casserole with kohlrabi and herbs

Hééé, mais oui, voilà que pour ma première recette de l'été, le chou est de retour! Vous vous y attendez pas à celle-là hein? À vrai dire, moi non plus... Après plusieurs mois à en bouffer à toutes les sauces, grâce à nos paniers AMAP qui nous fournissaient copieusement, j'ai accueilli les légumes de printemps avec soulagement. Enfin, on allait pouvoir passer à autre chose ! J'ai compris à ce moment-là pourquoi les Allemands et les Alsaciens appréciaient autant les asperges, au point de placarder des panneaux annonçant leur arrivée sur les devantures de restaurants, de supermarchés, sur le bord de la route, et d'en vendre à peu près partout. Un véritable culte! Il faut dire que quand vous mangez du chou de novembre à avril, et qu'un autre légume débarque enfin sur le marché, vous l'accueillez comme le messie et vous en mangez des kilos comme si votre vie en dépendait, au cas où ce soit un rêve et que vous vous réveilliez soudain devant un plat de choucroute !


On a donc passé quelques semaines sans le moindre crucifère dans notre panier, et plus l'été approchait, plus le souvenir des kilos de chou ingurgités au cours de l'hiver s'éloignait (même s'il me reste encore l'équivalent d'un spécimen et demi au congélateur...). Sauf que... J'ignorais qu'il existait du chou de printemps ! Et notre AMAP s'est fait une joie de nous en refiler, c'est à croire qu'après deux mois de sevrage, les Alsaciens ont à nouveau besoin de leur dose de choucroute... On s'est donc retrouvés avec du chou pointu sur les bras, mais aussi au chou rave, LE légume alien par excellence. Et autant le chou pointu, j'ai désormais plein d'idées pour le préparer après l'entrainement intensif de cet hiver, pour le chou rave, je sèche... À part la soupe (plat qui ne me fait absolument pas envie en ce moment) ou la salade (mais on est d'accord que c'est clairement pas la bonne solution pour se farcir 3 kg de chou rave), je n'ai absolument aucune idée de ce qu'on peut faire avec ce légume. J'ai testé cette recette de pizza, ainsi que des frites et des rostis en mélange avec des pommes de terre, et j'ai réalisé un truc : le chou rave cuit, c'est pas ce que je préfère... Pourtant j'avais mangé une délicieuse soupe en Allemagne, au goût très doux, mais là je ne retrouve pas du tout cette saveur. On est entre le chou et le navet, et comme je déteste ce dernier, vous imaginez bien que je suis bien embêtée avec mes choux raves...


Ma solution dans ce genre de cas, c'est de miser sur les cuisines du monde, et en particulier celles qui utilisent plein d'épices, histoire de planquer un peu les machins que j'aime pas trop au milieu d'autres saveurs. Sauf que je ne savais absolument pas quels pays cuisinent le chou rave. Et puis je suis tombée sur la recette que je vous propose aujourd'hui, complètement par hasard. En fait, c'est en cherchant une recette de kimchi de radis (là aussi, on en a eu la dose!) que je suis tombée sur ce post donnant des idées pour cuisiner le chou. Or, comme je disais plus haut, il m'en reste encore un et demi au congélateur donc je me suis dit que toute nouvelle recette était bonne à prendre. C'est ainsi que j'ai découvert l'existence du kalam polo, un plat Iranien à base de riz, de chou et de boulettes ou de morceaux de viande. J'étais déjà très contente d'avoir un nouveau moyen d'écouler un peu de notre nouveau légume préféré (ahem...), mais alors quand j'ai découvert qu'il existait des variantes à base de chou rave, j'ai fait une petite danse de la joie! Enfin, j'allais pouvoir me débarrasser de la bête! Comme je n'ai trouvé aucune version française (et végane!) de cette recette, j'ai décidé de faire un post ici! D'après mes recherches, il existe deux façons de préparer le kalam polo : une avec une garniture parfumée à la tomate et aux épices, l'autre aux herbes (basilic, aneth et estragon ou sariette, parfois persil, j'ai choisi d'utiliser ce dernier car je ne trouvais pas les autres), cette dernière étant systématiquement employée dans les recettes à base de chou rave. Je testerai donc la version à la tomate avec du chou blanc une autre fois (et vous n'échapperez probablement pas à la recette ;) )


Pour véganiser ce plat, j'ai simplement utilisé du seitan à la place de la viande. J'avais d'abord imaginé faire des boulettes de protéines de soja texturées, mais je n'en avais plus, alors je me suis rabattue sur le seitan. J'en fais très rarement, et mon taux de réussite est variable, donc j'avoue que j'avais un peu peur de choisir cette option. Mais j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai appliqué plusieurs conseils lus à droite à gauche, à savoir : bien pétrir la pâte, ne pas faire bouillir l'eau de cuisson mais la laisser tout juste frémir, cuire longuement et laisser le seitan cuit reposer 24h dans son bouillon avant utilisation. Et ce fut une vraie réussite, mon seitan était moelleux sans être spongieux, et bien parfumé, je pense avoir surmonté mes peurs ;) Comme c'est quand même assez long à faire, ce serait dommage d'en préparer une petite quantité juste pour cette recette, donc je vous donne le double des proportions. (bon OK j'avoue, en vrai j'ai vu trop gros quand j'ai testé la recette, mais j'étais bien contente d'avoir du rab!) Vous pouvez conserver le reste de seitan pendant une semaine au frigo dans son bouillon, ou bien le congeler égoutté. Pour vous donner des exemples d'utilisation avec le reste, j'en ai fait une partie façon kebab (coupé en petites lamelles, marinées dans un mélange d'huile d'olive, cumin, coriandre en poudre, paprika et poivre puis sautées à la poêle et mangées en sandwich avec des crudités et une sauce blanche), et une autre à la crème et à la moutarde. Ou, bien sûr, vous pouvez faire une seconde portion de ce plat, si vous être fan de chou rave ;)


Kalam polo shirazi - cocotte de riz Iranienne au chou rave et herbes fraîches {végétalien, sans noix, option sans soja}
Seitan :
- 150 g de gluten
- 30 g de poudre d'amandes
- 1 cs de levure maltée
- 1/2 oignon
- 1/2 cc de curcuma
- 1/4 cc de poivre
- 1/2 cc d'ail moulu
- 160 ml d'eau chaude
- 2 cs de sauce soja (ou 1 cs de poudre de bouillon de légumes)
Bouillon de cuisson :
- 1,5 l d'eau
- 1 cs de bouillon de légumes en poudre ou 1 cube (ou directement 1.5 l de bouillon de légumes maison)
- 1 cs de miso brun (ou 1/2 cc de sel)
Cocotte de riz :
- 250 g de riz long
- 1 chou rave d'environ 500 g
- 1/4 cc de curcuma
- le jus d'un demi citron
- 2 à 3 cs de basilic frais haché
- 2 à 3 cs de persil frais haché (ou d'estragon ou de sariette)
- 1 cc d'aneth séché ou 1 cs d'aneth frais haché
- 1 pincée de filaments de safran
- huile d'olive
- sel et poivre
Pour servir : yaourt nature, pickles ou légumes lactofermentés

La veille, préparer le seitan : mélanger tous les ingrédients secs dans un saladier. Mélanger les ingrédients humides dans un verre à bec verseur. Râper l'oignon et l'ajouter aux ingrédients humides. Verser progressivement les ingrédients humides dans le saladier, en mélangeant à la fourchette pour bien incorporer. Quand la pâte devient trop élastique pour être mélangée à la fourchette, pétrir à la main jusqu'à obtenir une boule homogène.

Déposer le seitan sur un plan de travail et pétrir pendant une dizaine de minutes.
Mélanger les ingrédients du bouillon de cuisson et porter à ébullition. Réduire le feu pour que le bouillon de cuisson frémisse.

Découper le seitan en petits morceaux de la taille d'une cerise et les plonger dans le bouillon de cuisson. (Vous pouvez essayer de former des boulettes pour être plus fidèle à la recette originale mais le seitan garde rarement sa forme s'il n'est pas contraint dans un film étirable ou tissu. Mes boulettes ont pris des formes totalement biscornues à la cuisson mais ça ne change évidemment rien au goût !)
Laisser cuire 1h à 1h30 à frémissement, puis laisser refroidir le seitan dans son bouillon pendant 24h.

Le lendemain, mettre le riz à tremper dans de l'eau salée pendant 1h.

Mettre les filaments de safran dans un verre et verser 10 cl d'eau chaude par dessus. Laisser infuser.
Peler le chou rave et le découper en frites.

Faire chauffer de l'huile dans une poêle et y faire revenir le chou rave avec le curcuma et un peu de sel. Quand il commence à s'attendrir et à dorer, ajouter le jus de citron. Poursuivre la cuisson jusqu'à ce que le chou soit tendre.

Prélever environ la moitié du seitan (le reste de garde 1 semaine au frigo dans son bouillon, ou plusieurs mois au congélateur, égoutté) et la faire revenir dans un peu d'huile, jusqu'à ce que les morceaux soient dorés.

Porter une casserole d'eau non salée à ébullition. Égoutter le riz et le verser dans la casserole. Cuire 7 minutes et égoutter. Le riz doit être al dente.

Replacer la casserole vide sur le feu. Y verser 1 cs d'huile, puis repartir la moitié du riz dans le fond de la casserole, ajouter le tiers des bâtonnets de chou rave, le seitan et les herbes fraîches, puis recouvrir du reste de chou rave, et à nouveau de riz. Ajouter à nouveau une cuillère à soupe d'huile sur le dessus et verser l'infusion de safran dans la casserole.

Recouvrir la casserole d'un torchon propre, poser le couvercle par dessus, et laisser cuire 20 minutes à feu très doux. Mélanger et servir, accompagné de yaourt et de légumes lactofermentés si vous le souhaitez.


Vegan kalam polo shirazi - Iranian rice casserole with kohlrabi {vegan, nut-free, soy-free option}
Seitan : (makes extra, see notes)
- 150 g gluten powder
- 30 g almond flour
- 1 tbsp nutritional yeast
- 1/2 onion
- 1/2 tsp turmeric powder
- 1/4 tsp freshly cracked black pepper
- 1/2 tsp garlic powder
- 160 ml warm water
- 2 tbsp soy sauce (or 1 tbsp vegetable broth powder)
Broth :
- 1.5 l water
- 1 tsp vegetable broth powder ou 1 cube (or directly 1.5l vegetable broth)
- 1 tbsp barley miso paste (or 1/2 tsp salt)
Rice casserole :
- 250 g long grain rice
- 1 kohlrabi (approx. 500g)
- 1/4 tsp turmeric powder
- the juice of 1/2 lemon
- 2 to 3 tbsp fresh basil, chopped
- 2 to 3 tsp fresh parsley, chopped (or taragon or savory, I couldn't find any of them)
- 1 tsp dried dill or 1 tbsp fresh
- 1 pinch saffron threads
- olive oil
- salt and pepper
To serve : unflavoured soy yoghurt, pickles or lactofermented vegetables

The day before, make the seitan : combine all the dried ingerdients in a wide bowl. Combine wet ingredients in a jar. Grate the onion and add to the wet ingredients.

Gradually add the wet ingredients into the dried, stirring with a fork to incorporate, then keand for about 10 minutes.

Combine the ingredients for the broth in a saucepan. Bring to a boil, then reduce to a simmer. 

Cut the seitan in pieces the size of a cherry. You can try to form balls with them but they probably won't hold their shape while cooking, at least mine didn't. Put the seitan pieces into the broth and simmer for 1 to 1.5 hour. Let the seitan rest in its broth overnight before using.

The next day, soak your rice for 1 hour into cold salted water. Grind the saffron threads, place in a glass and cover with 10 cl hot water.

Meanwhile, peel the kohlrabi and cut into fries. Heat 1 tbsp oil in a pan and cook the kohlrabi fries on medium heat, flipping regularly. Season with turmeric powder. When the fries start to soften and to brown on the sides, add the lemon juice. Continue to cook until soft. Reserve into a plate.

In the same pan, heat 1 tbsp oil and sauté half oh the drained seitan until golden.

Bring a pot of unsalted water to a boil. Add the draine rice and cook for 7 minutes, then drain. The rice should be slightly undercooked.

Wipe the pot and place back on low heat. Add 1 tbsp oil, then spread half the rice in the bottom. Cover with most of the kohlrabi fries, the seitan, the herbs, then the remaining kohlrabi fries, and spread the remaining rice on top. Drizzle with another tbsp oil, then with the saffron water.

Place a towel on top of the pot, then place the lid on and cook on low heat for 20 minutes.

Stir and serve with yoghurt and pickles or lactofermented veggies.

Notes : Because seitan is quite time consuming to make, I doubled the quantities so that you can have leftovers. You can store them up until 1 week in its broth in the fridge or several months in the freezer, drained. Here is how I used my leftovers : half was made into kebab "meat" by marinating it in oil, cumin, coriander, paprika, onion powder and pepper, then sauteed and served into a sandwich with crudités and yoghurt sauce. The other half was sauteed and served with a vegetable cream and mustard sauce, with a side of rice.

samedi 11 novembre 2017

{Plates #4} Onigiri bowl

Une fois n'est pas coutume, je poste un samedi soir, en synchro avec mon post Instagram, pour vous présenter une nouvelle assiette composée, d'inspiration nippone, et dont je me suis régalée en début de semaine. On y trouve :


- des onigiris (boulettes de riz) au sésame noir, décorées avec des petites fleurs de carottes. Pour cela, j'ai taillé des lamelles de 2 mm, puis j'y ai découpé des fleurs avec un emporte-pièce, et je les ai faites cuire à la vapeur en même temps que le riz dans le panier dédié de mon cuiseur à riz. J'ai mélangé le riz avec l'assaisonnement restant des brocolis, puis j'ai placé une fleur de carotte dans mon moule à onigiris, recouvert avec du riz, une autre fleur, puis pressé le tout avec le couvercle du moule.

- du brocoli cuit à la vapeur, sauce goma-ae : graines de sésame noir (je n'avais plus de blanc) grillées et pilées, sauce soja, vinaigre de cidre. Je me suis inspirée de ce post Instagram de @shisodelicious (un des mes comptes favoris du moment qui me donne envie de me nourrir uniquement de bentos!)

- de la courge (ici, une bleue de Hongrie) braisée au miso et saké. La recette est ici.

- des champignons shiitake revenus à la poêle avec une gousse d'ail.

Une fois que je l'ai eu englouti, j'ai réalisé que j'avais oublié d'y mettre aussi un peu de chou lactofermenté au curcuma et fenouil :( tant pis, ça me donne une occasion pour refaire une assiette de ce genre, mais sans oubli cette fois-ci!

Passez un excellent dimanche, et surtout restez bien au chaud ;)

mercredi 18 octobre 2017

Poêlée de riz et de quinoa à l'équatorienne (+ quelques photos de l'Equateur) // Ecuadorian rice and quinoa stir-fry (+ a few travel pictures from Ecuador)

L’autre jour, mon téléphone m’a affiché une notification me proposant de « revivre une journée » que j’avais immortalisée en photo il y a deux ans, et mise dans un album photo en ligne afin de pouvoir partager les clichés avec les autres personnes présentes ce jour-là. J’ai beau trouver cette intrusion de plus en plus visible de Google, Facebook and co dans nos vies privées, j’étais quand même contente de ce rappel, car les photos en questions étaient celles de mon voyage en Equateur. Cela fait donc deux ans que j’ai vécu cette incroyable aventure, deux semaines au sein de trois communautés kichwas, dans les Andes et en Amazonie, mon premier grand voyage hors d’Europe. J’ai encore de nombreux souvenirs très vifs de mon séjour, qui fut parsemé d’expériences plus extraordinaires les unes que les autres : voir la force de Coriolis s’inverser d’un côté et de l’autre de la ligne d’équateur, marcher dans les pâturages andins à plus de 3000m d’altitude, planter des tubercules locaux, tondre un mouton et récolter du quinoa, grimper à plus de 5000m d’altitude sur l’un des volcans les plus hauts du monde, faire de la pirogue et pénétrer dans la forêt amazonienne, … Et surtout, le sourire, l’hospitalité et la gentillesse de ceux qui nous ont accueillis, leur fierté de partager une part de leur culture et de leur savoir, tout cela me marquera à jamais.



Lorsque j’étais rentrée, j’avais prévu de partager tous ces beaux moments ici, mais force est de constater que de trier et retoucher plus de 1000 photos demande un temps et surtout une motivation que je n’ai pas encore trouvés (mais vous pouvez tout de même avoir un petit aperçu ici, avec une sélection de mes clichés préférés). J’avais également prévu de partager des recettes inspirées de plats que j’avais goûtés là bas, car j’adore découvrir les spécialités culinaires locales quand je voyage, et je m’efforce toujours de ramener ces nouvelles saveurs dans ma cuisine à mon retour (comme par exemple cette soupe aux pois cassés et légumes, rapportée de Cuba en mars dernier). J’ignore si je trouverai un jour l’énergie pour rédiger quelques posts sur mon voyage en Equateur (et également à Cuba…), mais en tout cas, en ce qui concerne la recette, j’ai aujourd’hui décidé de remédier à mon oubli en vous présentant une poêlée de riz et de quinoa adaptée d’un plat que j’avais dégusté là bas. 



Je me souviens parfaitement du cadre dans lequel il nous a été servi. C’était notre dernière journée au sein de la communauté de San Martin Alto, et le programme de la journée était chargé: tout d’abord, une visite du marché de Colta, en commençant par le marché aux animaux. J’avoue ne pas avoir été très enthousiaste à cette idée, craignant de voir des bêtes attachées, traînées de force vers des camions, peut-être même abattues dans un coin du marché, mais nous n’avons heureusement rien vu de tout ça. Les propriétaires des animaux (des moutons et des cochons) se tenaient à côté de ces derniers qui, bien que retenus par des cordes, étaient généralement très calmes. Il n’y avait donc aucune violence pratiquée sur les bêtes. C’était tout de même difficile pour moi de voir ce genre de scène, en sachant pertinemment quel était le sort final qui leur était réservé (bien que certains moutons fussent vendus uniquement pour leur laine), même si je garde en tête des images très fortes et très belles, comme cette femme vêtue de ses habits traditionnels et qui se tenait à côté du plus grand mouton que j’aie jamais vu, et qui a, malheureusement pour moi, refusé que je la prenne en photo (sentiment que je comprends parfaitement, je n’ai d’ailleurs pas insisté!).



Puis nous sommes passés au marché aux fruits et légumes, beaucoup plus supportable pour moi. Bananes, agrumes, poivrons, céréales et légumineuses, herbes aromatiques, et autres denrées qui m’étaient inconnues mêlaient leurs couleurs à celles des ponchos de leurs vendeurs, tous coiffés de ce petit chapeau typique de la région. Nous avons également traversé un marché d’artisanat, où des hommes fabriquaient des vêtements, penchés sur de vielles machines à coudre Singer à pédale.





Nous avons ensuite repris la route en direction du fameux volcan Chimborazo, dont la silhouette imposante ornait l’horizon. Nous avons alors entamé une mini randonnée, suivant un sentier qui serpentait et grimpait doucement à travers un paysage lunaire, rendu plus mystérieux encore par des voiles de brumes qui flottaient çà et là, masquant le sommet du volcan et charriant de temps à autre de minuscules flocons de neige. Bien que nous n’ayons que 300m de dénivelé à parcourir, ce fut une épreuve difficile car nous avions démarré notre ascension à 4700m, et les effets de l’altitude se faisaient fortement sentir, sauf, évidemment, pour notre guide qui nous a confié être déjà monté plusieurs fois jusqu’au sommet, situé à plus de 6000m. Les plus courageux (dont j’ai fait partie, après avoir longtemps hésité cependant, car j’étais déjà fatiguée par le trajet parcouru jusqu’à présent) pouvaient monter de 100m supplémentaires pour arriver à la limite d’ascension autorisée sans entraînement spécifique. Nous sommes ensuite redescendus jusqu’à notre minibus, et je peux vous dire qu’à ce stade de la journée, j’étais véritablement affamée. J’ai donc accueilli avec joie l’assiette qu’on me tendait, remplie de cette fameuse poêlée de quinoa et de riz agrémentée d’oignon, de carotte, de petits pois, et de petits morceaux de poulet (bien que végétarienne à l’époque, j’avais fait le choix d’accepter sans réserve la nourriture qui me serait proposée sur place, sachant que je me trouverais dans un pays moins aisé que le mien où la viande constitue encore une part importante de l’alimentation. J’ignore cependant si je prendrais la même décision aujourd’hui.)


C’était sans compter sur le casse-*** du voyage (il y en a toujours un dans les groupes de voyages organisés, et je vous jure que cette fois-ci, c’était pas moi!) qui a décrété qu’on n’allait quand même pas manger dans le minibus, que ça allait sentir et que ce serait mieux de rester dehors. Au vu du froid qui régnait à 4700m, l’opération semblait un peu compromise, alors nous avons remballé le pique-nique sans avoir pu en avaler la moindre bouchée, et nous avons repris la route, redescendant le volcan vers notre prochaine étape, où la température serait plus clémente. Je ne sais pas combien de temps nous avons roulé, probablement pas plus d’une heure, mais j’étais à l’agonie tellement j’avais faim, et les derniers mètres parcourus en cahotant sur un sentier au milieu des champs m’ont paru interminables. Quand nous nous sommes enfin arrêtés, nous étions entourés de pâturages et d’alpagas, mais surtout d’une brume humide qui nous glaçait jusqu’aux os et qui nous a contraints à… nous replier dans le minibus pour manger. Voilà. Autant vous dire qu’après tout ça, cette poêlée de quinoa, qui était encore chaude par je ne sais quel miracle, m’a semblé être le meilleur repas de ma vie!




La recette que je vous présente aujourd’hui est une très légère adaptation de ce plat, reconstituée à partir des notes que m’a donné notre guide. J’ai bien entendu supprimé le poulet, que j’ai remplacé par des champignons, mais vous pouvez aussi y mettre du tofu ou du seitan émietté à la place. J’ai également ajouté une petite pincée de curcuma pour colorer le plat en jaune afin de le rapprocher visuellement de l’original, mais j’ignore ce qui lui donnait alors cette teinte (peut-être l’oignon ?). Je ne suis pas sûre de faire les choses tout à fait correctement car certains passages ne sont pas très clairs, mais en tout cas le résultat reste délicieux et me ramène deux ans en arrière dès la première bouchée. J'espère que cet article mi-culinaire, mi-voyage vous aura plu, en tout cas moi je suis heureuse de m'être replongée dans ces beaux souvenirs!





Poêlée de riz et de quinoa comme en Equateur {végétalien, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 1 verre (20cl) de riz (environ 120 g)
- 1 verre (20cl) de quinoa (environ 120g)
- 5 ou 6 champignons de Paris de taille moyenne
- 1 oignon rouge ou jaune
- 1 carotte
- 100 g de petits pois, frais ou surgelés
- 1 pincée de curcuma
- huile végétale
- sel

Nettoyez l'oignon pour en retirer la terre et coupez la base pour retirer les racines. Coupez-le en deux sans le peler (retirez au besoin la première feuille externe si elle est très sale ou abîmée). Pelez la carotte et coupez-la en petits dés d'environ 5mm de côté. Détaillez les champignons en tranches. Rincez le quinoa et égouttez bien.

Portez une casserole d'eau à ébullition et blanchissez les carottes et les petits pois pendant 10 minutes. Retirez à l'aide d'une écumoire et réservez. Conservez l'eau chaude pour la cuisson du riz et du quinoa.

Placez le riz dans une casserole avec deux fois son volume d'eau (réutilisez l'eau de cuisson des petites pois et carottes) et un demi-oignon. Portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez cuire 10 minutes à couvert, à petite bouillons. Le riz doit avoir absorbé tout le liquide. Réservez l'oignon et le riz cuit.

Répétez l'opération pour le quinoa, mais avec 2 à 3 fois son volume d'eau. (Je suppose qu'il est aussi possible de faire cuire tous les aliments en même temps dans une seule casserole, pour un gain de temps et de vaisselle).

Récupérez les deux moitiés d'oignon qui ont cuit avec le riz et le quinoa, pelez-les et détaillez-les en lanières.

Faites chauffer de l'huile dans une grande poêle. Faites-y revenir à feu moyen l'oignon, la carotte (si cuite à part) et les champignons avec une pincée de sel et de curcuma, pendant une dizaine de minutes. Les légumes doivent être tendres et les champignons doivent avoir réduit.

Ajoutez le riz, le quinoa et les petits pois et mélangez bien pour tout incorporer. Faites revenir pendant quelques minutes, en remuant régulièrement, jusqu'à ce que tous les ingrédients soient chauds et servez.



This dish is inspired by a rice and quinoa stir fry I had during my trip in Ecuador 2 years ago. On that day, we visited a market, then hiked on one of the highest volcano on Earth. When lunch time arrived, I was starving and this quinoa stir fried was happily welcomed in my belly. I loved it so much that I asked our guide for the recipe. It was originally made with chicken, but since I don't eat meat anymore, I used mushrooms instead. I also added a pinch of turmeric because the original dish somewhat had a yellowish colour. I am not sure my recipe is done properly as the notes that my guide gave me aren't very clear, but it is still very good and reminds me of that amazing day!


Ecuadorian quinoa and rice stir-fry {plant based, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4 :
- 1 cup uncooked rice (120g)
- 1 cup uncooked quinoa (120g)
- 1 cup fresh or frozen green peas (100g)
- 1 red or yellow onion
- 1 carrot, peeled and diced
- 5-6 medium button mushrooms, cleaned and sliced
- 1 pinch turmeric
- vegetable oil
- salt

Brush the onion to remove the dirt. Cut off its root and slice in half, keeping the skin on (you can remove the external layer of skin if it's dirty or damaged). Clean and slice the mushrooms. Peel the carrot and chop it in 1/2-inch (5mm) pieces. Rince and drain the quinoa.

Bring a pot of water to boil and blanch the carrots and peas for 10 min. Remove with a slotted spoon and reserve the cooking water for cooking the rice and quinoa.

Place the rice and one half of the onion (skin on) in a pot and add 2cups of water. Bring to a boil, the lower the heat and cover. Cook for 10 minutes. The rice should have absorbed all the water. Reserve the cooked rice and onion and repeat with the quinoa, this time using 2 to 3 cups water. Alternatively, you could cook all the ingredients (carrots, peas, rice and quinoa) together to save time.

Pick the cooked onion from the rice and quinoa, peel and slice it.

Heat 1 tbsp oil in a large pan, add the onion, mushrooms and carrots (if cooked separately) and fry for 10 minutes on medium heat with a pinch of salt and turmeric. Add the cooked rice, quinoa and peas and stir well. Cook a few more minutes, stirring often so that it doesn't stick to the bottom of the pan and serve hot.

jeudi 15 septembre 2016

Gratin de riz et de courgette à la tapenade verte // Rice, zucchini and green tapenade casserole

Votre maman vous a déjà parlé du concept de beauté intérieure? Bien, parce que c'est un peu le thème de la recette d'aujourd'hui... Ce gratin, quand je l'ai imaginé, il était beau comme tout, avec un dessus marbré de vert et un intérieur tout en camaïeu. Et puis voilà, à la sortie du four, il est tout marronasse, et une fois servi, il a une tête de gloubi-boulga de compétition... Life vs expectations, comme on dit. Mais, rappelez-vous, on a dit beauté intérieure. Alors même si de dehors, c'est pas le Brad Pitt des gratins, de dedans, il est très bon et il s'avère un allié de choix pour se débarrasser d'un reste de riz cuit et des courgettes qui envahissent votre bac à bières à légumes en cette saison. Parce que oui, vous savez, on arrive à la période de la courgette-géante-que-mamie/le voisin/le collègue-vous-a-donné-parce-que-vous-avez-fait-l'erreur-de-dire-que-vous-aimez-ça, celle qui pèse 5 kg à elle seule et que vous ne savez pas comment liquider. Bon, je ne peux pas vous promettre que vous y arriverez avec cette recette (à moins d'en faire pour 12 et d'en refiler à tous ceux qui vous ont largué une courgette géante dans les bras, vengeance!), mais c'est déjà ça de pris, non?







Gratin de riz et de courgette à la tapenade verte {vegan, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 300 g de riz cuit
- 300 à 500 g de courgette
- 200 ml de crème végétale de votre choix
- 100 g de tapenade verte (attention, les tapenades du commerce contiennent souvent des anchois, vérifiez bien la composition si vous êtes végéta*ien!)
- optionnel : une douzaine d'olives vertes dénoyautées ou quelques champignons de Paris

Râpez la courgette avec une râpe à gros trous et mélangez-la avec le riz et 50 ml de crème végétale. Assaisonnez au goût (attention à ne pas trop saler, les tapenades le sont généralement déjà). Ajoutez également les olives vertes ou les champignons grossièrement hachés si vous en utilisez.

Dans un plat à gratin, déposez une première couche du mélange de riz et courgettes en tassant bien. Répartissez quelques petits tas de tapenade (environ 1/2 cc par tas) par dessus, puis recouvrez à nouveau du mélange riz et courgette. Répétez l'opération jusqu'à épuisement du riz, en prenant garde de conserver environ le tiers de la tapenade pour la suite.

Versez le restant de crème végétale à la surface du gratin et parsemez de petits tas de tapenade. Marbrez légèrement la surface à l'aide de la pointe d'un couteau, et enfournez 25 minutes à 180°C, ou jusqu'à ce que le dessus soit doré.



Rice, zucchini and green tapenade casserole {vegan, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4 :
- 300g cooked rice
- 300g to 500 g zucchini or summer squash
- 100 g green tapenade, homemade or storebought (if you're vegan, check the ingredients if using storebought as tapenade traditionally includes anchovies)
- 200 ml vegetable creamer of your choice
- optionnal : a dozen pitted green olives or button mushrooms, roughly chopped

Coarsely grate the zucchini and add to the cooked rice. Add 50 ml creamer and chopped olives/mushrooms (if using) and toss. Season to taste (be aware that tapenade is usually very salty so don't use too much salt).

In an oven proof dish, spread a few tablespoon of the rice mix and press down. Drop a few spoonfuls of tapenade on top (approx. 1/2 tsp at a time) then cover with another layer of rice, and so on until you don't have any of the rice mix. Be sure to keep about 1/3 of the tapenade for the rest of the recipe.

Pour the remaining vegetable creamer on top of the dish and drop the remaining tapenade. Run a knife through the top layer to create a marbled effect at the surface of the dish.

Bake at 180°C for 25 minutes, or until golden on top.

jeudi 19 mai 2016

Risotto aux légumes de printemps et herbes fraîches // Risotto with Spring vegetables and fresh herbs


J'essaie de faire en sorte que les recettes que je publie ici soient les plus représentatives possible de ce que je cuisine et mange réellement. Ca paraît évident, dit comme ça, mais je vous assure que ça ne l'est pas toujours pour moi. Il y a certaines recettes sur ce blog qui n'ont jamais refait d'apparition dans mon assiette, et je pense ne pas être la seule blogueuse culinaire dans ce cas. Je ne sais pas si c'est la "pression" de toujours créer quelque chose de nouveau et d'original, ou bien si notre passion pour la bouffe nous pousse sans cesse à tester de nouvelles associations de saveurs qui "démodent" les précédentes, ou bien parce qu'en bons obsédés du manger, on a envie de tout goûter et on se dit que la vie est trop courte pour manger deux fois la même chose. Toujours est-il que j'essaie d'éviter cet écueil, car si moi-même je n'ai pas envie de reproduire une de mes propres recettes, comment pourra-t-elle toucher mes lecteurs?


Bien sûr, je ne suis pas à l'écart d'une "erreur de parcours" et il y aura certainement des plats qui apparaîtront ici et que je ne referai pas, ou très rarement, car trop alambiqués ou pas assez "moi", et pourtant suffisamment désirables pour que l'idée germe en moi, se développe jusqu'à m'obséder et que je doive la tester, puis la partager ici du fait de son potentiel "bloguesque" : jolie, agréable au goût (évidemment!), et susceptible de plaire à d'autres que moi. Un peu comme ce vêtement qu'on aime mais qu'on ne porte jamais, et qu'on finit par revendre pour qu'il puisse faire le bonheur de celui ou celle qui saura lui montrer tout l'intérêt qu'il mérite. (philosophie de comptoir, bonsoir. Rappelez moi de ne plus écrire de posts à minuit moins sept, merci.)



Enfin bref, ce risotto, ce n'est absolument pas un plat de ce genre. Au contraire, c'est une valeur sûre, un peu comme mon jean préféré en fait! (vous noterez la métaphore filée. Ca, c'est pour les 1ère S qui préparent leur bac de français. Si tu es dans ce cas, éteins ton PC et file faire tes fiches sur Voltaire! Non mais!) Je suis d'ailleurs étonnée de voir qu'il n'y a qu'une seule recette de risotto dans mes archives (attention au choc visuel...), quand on sait que c'est un plat qui fait une apparition très régulière dans nos menus de la semaine, de l'ordre de deux à trois fois par mois. Il faut dire que ces derniers temps, on a fait exclusivement notre préféré, celui au fenouil de Jamie Oliver dont je parlais déjà ici. Mais avec les légumes de printemps qui sont enfin arrivés, j'ai eu envie de changer un peu. J'ai utilisé les restes d'un wok de pois gourmands et de courgettes, mais n'importe quel mélange à base d'asperges, fèves, jeunes pousses d'épinards ou de blettes, petits pois, etc conviendra. Idem pour les herbes fraîches, je n'avais que de la menthe et du persil sous la main, mais vous mouvez y mettre du basilic, du cerfeuil, des la ciboulette, bref, pourvu que ça soit vert, que ça soit frais, que ça sente le printemps, tout simplement!


Bon, par contre, je vous l'accorde, les photos ne sont pas très printanières, elles, si ce n'est les petites feuilles sur mon assiette. Difficile de faire autrement un jour de pluie, et puis j'aimais bien cette ambiance un peu mélancolique, qui s'accordait bien avec la mise en scène un peu rustique.

Risotto aux légumes de printemps et herbes fraîches {vegan, sans gluten, sans soja}
Pour deux personnes :
- 150 g de riz à risotto (canaroli ou arborio)
- 1 petit oignon blanc ou jaune
- 2 gousses d'ail
- 1 petite branche de céleri
- 10 cl de vin blanc sec
- 1 litre de bouillon de légumes
- 2 cc de purée de noix de cajou (ou d'amande blanche)
- 2 cc de levure maltée (optionnel)
- 200 g d'un mélange de légumes printaniers de votre choix (ici pois gourmands recoupés en deux pour les plus grands, champignons shiitaké et petites courgettes en lamelles, mais vous pouvez aussi utiliser des asperges vertes coupées en tronçons, des petits pois, du fenouil ou des coeurs d'artichaut tranché finement, des jeunes épinards ou fanes de blettes, des fleurs de courgette, des fèves, ...)
- une petite poignée d'herbes fraîches de votre choix (ici menthe et persil, vous pouvez aussi utiliser du basilic, du cerfeuil, de l'aneth, de l'estragon, de l'ail des ours, de la ciboulette, des feuilles de fenouil, ...)
- huile d'olive, sel et poivre

Pelez une gousse d'ail et l'oignon et hachez-les finement, ainsi que la branche de céleri.

Faites chauffer à feu moyen-doux 1 cs d'huile d'olive dans une casserole et ajoutez les légumes que vous venez de hacher. Faites cuire doucement, sans trop colorer (baissez le feu si besoin) et en remuant souvent, jusqu'à ce qu'ils soient tendres.

Augmentez le feu et ajoutez le riz, remuez bien jusqu'à ce qu'il devienne translucide. Ajoutez le vin, remuez pour décollez les morceaux qui auraient attaché à la casserole et laissez s'évaporer.

Versez un verre de bouillon et laissez cuire à petit bouillons, en remuant de temps en temps pour extraire l'amidon du riz et pour qu'il n'attache pas au fond de la poêle. Répétez l'opération jusqu'à ce que le riz soit cuit (vous devrez ajouter de moins en moins de bouillon au fur et à mesure de la cuisson. Si le riz est cuit mais qu'il reste encore trop de bouillon dans la casserole, augmentez le feu et remuez votre riz jusqu'à évaporation de l'excédent de bouillon)

Pendant la cuisson du riz, faites sauter à feu vif vos légumes dans un peu d'huile d'olive, jusqu'à ce qu'ils commencent à s'attendrir mais gardent un peu de croquant (à l'exception des épinars ou fanes de blettes, qui seront grossièrement hachées et ajoutées crues dans le riz cuit. La chaleur résiduelle du riz suffira à les cuire). Ajoutez la deuxième gousse d'ail hachée et laissez cuire encore une minute en remuant constamment, pour que l'ail ne brûle pas. Réservez.

Lorsque le riz est cuit, ajoutez les légumes, la purée de noix de cajou et la levure maltée. Ramuez bien pour incorporer ces derniers ingrédients, assaisonnez au goût et laissez reposer 5 minutes à couvert hors du feu.

Hachez finement les herbes fraîches et ajoutez- en les trois quarts dans le riz juste avant de servir. Dégustez chaud, parsemé des herbes restantes.


Risotto with spring vegetables and fresh herbs {vegan, gluten-free, soy-free}
Serves 2 :
- 150 g arborio or canaroli rice
- 1 small white or yellow onion
- 2 cloves garlic
- 1 small celery stalk
- 10 cl dry white wine
- 1 litre vegetable broth
- 2 tsp cashew butter (or hulled almond butter)
- 2 tsp nutritional yeast (optional, omit for GF)
- 200 g mixed Spring vegetables of your choice (here I used sweet peas, baby zucchini sliced legthwise and sliced shiitake mushrooms, but you could also use green peas, shelled fava beans, thinly sliced fennel or fresh artichoke hearts, green asparagus cut in chunks, young or baby spinach/swiss chard leaves, zucchini blossoms, ...)
- a small handful fresh herbs of your choice (here I used mint and parsley but you could use basil, ramps, taragon, chives, dill, fennel fronds, chervil, ...)
- olive oil, salt, pepper

Peel and mince the onion and 1 garlic clove. Finely chop the celery stalk as well.

Heat 1 tbsp olive oil in a pot on medium-low heat and add the vegetables you just chopped. Cook for 15 minutes, stirring often, until soft and fragrant. The vegetables pieces musn't brown too much, if they do, lower the heat.

Increase the heat to high and add the rice into the pot. Stir until it becomes transluscent. Add the white wine and scrape the bottom of the pan to remove any lose bit. Lets the wine evaporate.

Add 1 cup broth and bring to a simmer, stirring from time to time to release the starch from the rice and to make sure it doesn't stick to the pot. Add more broth when it has all been abseorbed, until the rice is cooked. You will need to add fewer and fewer broth as the rice cooks. If there is still too much liquid in your pot when the rice is done, increase the heat and stir constantly until the extra broth has evaporated.

While the rice is cooking, sauté the spring vegetables in a pan on high geat with a bit of olive oil, until tender but still with a bite to them. Add the second garlic clove, minced, and cook for one more minute, stirring constantly so that the garlic doesn't burn.

When the rice is done, add the cooked vegetables to the pot, as well as the cashew butter and nutritional yeast. Stir to combine, eason to taste and leave to rest for 5 minutes out of the fire and covered.

Chop the fresh herbs and add about 3/4 of them to the rice before serving. Serve hot sprinkled with the remaining herbs on top

vendredi 13 mai 2016

Plates #1 : l'assiette "nekonigiri" // The "nekonigiri" plate

Quand je suis toute seule le midi, j'aime bien me faire une méga-assiette composée de plein de petits plats, un peu comme une assiette apéro rien que pour moi. J'aime cette tendance des "abundance bowl", des compositions fourre-tout à mi chemin entre le mezze et le bentô japonais, que l'on prend soin de bien présenter, et qui mêlent couleurs et saveurs pour une pause déjeuner pleine de peps. J'ai donc décidé de partager ici ces assiettes, de façon assez spontanée, et donc avec une fréquence d'apparition complètement irrégulière. J'ai pour cela créé la rubrique "Plates" (quelle originalité dans le nom, vous en conviendrez), où je présenterai à chaque fois une assiette composée, illustrée d'une seule photo, prise avec mon téléphone juste avant la dégustation, avec le minimum vital en matière de stylisme culinaire. Elle sera complétée par la description des composants de l'assiette, parfois quelques recettes, très simples, et aussi des propositions pour optimiser la préparation de l'assiette. J'espère que cette présentation simplifiée me permettra de rester un peu active ici dans les périodes où mon boulot/ma vie perso/les deux prennent le dessus sur le blog! En simultané, la photo de mon assiette sera également postée sur Instagram, où je n'aurai donc pas à en détailler les constituants (ce que je trouve affreusement ch*ant à faire étant donné mon peu d'adresse dans la manipulation des claviers tactiles...)


J'inaugure cette rubrique avec l'assiette déjeuner la plus mignonne de tous les temps, avec ses onigiris en forme de chat (les fameux "nekonigiris" du titre, neko = chat en japonais), confectionnés grâce aux accessoires pour bentô offerts par mes copines pour mon anniversaire (j'ai d'ailleurs fait la promesse de préparer un bentô tous les mercredi soir pour mon repas du jeudi midi, quand je rentre affamée de la salle de sport! Voilà qui devrait permettre de remplir cette nouvelle rubrique!). Cette assiette est donc composée de :
- onigiris nature et au sésame noir (les onigiris sont des boulettes de riz froides, qui peuvent être garnies en leur centre de pickles de prune japonaise, de poisson ou de légumes, et enveloppés d'algue à sushi). Si vous n'avez pas de moule à onigiris, vous pouvez simplement les modeler à la main en forme de triangle, ou même servir le riz tel quel, chaud ou froid!
- salade de carottes et brocolis vapeur dans une sauce sucrée-salée aux noix (recette ci-dessous)
- asperges grillées (ici à la poêle grill, mais on peut aussi utiliser le four), arrosées de jus de citron et de fleur de sel
- champignons shiitake sautés avec une gousse d'ail
- kimchi de betterave (réalisé comme dans cette recette, en remplaçant les carottes par de la betterave)

Ittadakimasu! (bon appétit ;)


Salade de carottes et brocolis, sauce aux noix sucré-salée (adapté d'une recette de Cléa dans Cuisiner les ingrédients japonais aux éditions La Plage) :
Pour une grosse portion, éplucher et couper en rondelles trois petites carottes et détailler trois grosses fleurettes de brocolis en morceaux. Cuire les légumes 4 minutes à la vapeur à la cocotte (15 minutes dans un panier vapeur).
Faire toaster 20 g de noix dans une poêle sur feu vif, sans ajout de matière grasse. Piler au mortier et mélanger avec 2 cc de sauce soja, 2 cc de vinaigre de cidre et 1 cc de sirop d'agave.
Mélanger les légumes tièdes avec la sauce.


Préparation de l'assiette : 
- réaliser les onigiris la veille avec un reste de riz tiède
- éventuellement, préparer la salade la veille
- le jour J, si la salade n'est pas déjà prête, lancer la cuisson des légumes et préparer la sauce pendant ce temps. Profiter de la cuisson des légumes pour émincer les champignons et éplucher les asperges. Utiliser une seule poêle pour toaster les noix, cuire les champignons et les asperges. Pendant que les légumes pour la salade tiédissent, faire revenir les champignons dans un peu d'huile avec une gousse d'ail et réserver au chaud. Préparer la salade puis faire griller les asperges quelques minutes en retournant régulièrement. Préparer l'assiette pendant la cuisson des asperges, et les ajouter dans l'assiette lorsqu'elles sont prêtes? Arroser de jus de citron et parsemer de fleur de sel et servir immédiatement.



When I am on my own for lunch, I like to compose big plates with many differents things to eat, in the spirit of buddah bowls meets mezze meets Japanese bentô. I thus decided to share these plates here, in a spontaneous and simple way : a single photo, taken with my phone most of the time, with minimal styling (ain't nobody got time for that when you're hungry?!) and a description of the different components, sometimes a short and easy recipe and some organising tips to prepare the plate as quickly as possible. I'll also post the picture of my lunch on Instagram, where I won't have to type all that goes into it (which is quite a pain given that I am rather clumsy at using tactile keyboards...)

Let's start with the cutest lunch I ever had, thanks to that cat-shaped onigiris (aka "nekonigiris", neko = cat in Japanese) that I made with a very cool mould that two of my friends gifted me for my birthday (as well as half a ton of cute bento stuff!). I promised them I would try to make a bento every Wednesday night, so that I have something to eat when I come home starving from the gym on Thursdays, so I guess this will help filling my "Plates" tag! 

So, this one has :
- cat-shaped onigiris. Onigiris are Japanese rice balls, that can be filled with pickled plum, fish or vegetables. Here I simply mixed black sesame seeds in half the rice. If you don't have onigiri moulds, you can shape them by hand in round or triangle shape. Or you could also serve plain rice, hot or cold.
- steamed carrots and brocoli salad with a sweet and savoury walnut sauce (recipe follows)
- sautéed sliced shiitake mushrooms with garlic
- grilled asparagus with a squeeze of lemon juice and sea salt ( I used a grill pan but it cajn be done in the oven as well)
- beet kimchi (recipe here, use beets instead of carrots)
Ittadakimasu! (Have a good meal!)


Carrot and brocoli salad with a sweet and savoury walnut dressing (adapted from a recipe by Clea in Cuisiner les ingrédiens japonais at Editions La Plage) : for a generous serving :
Peel and slice 3 small carrots and cut 3 big brocoli florets in small pieces. Steam for 4 minutes in a presure cooker (or 15 minutes in a regular steamer) and let cool sligthly.
While the vegetables are cooking, toast 20 g walnuts in a dry pan on high heat. Crunch into a mortar and toss with 2 tsp soy sauce, 2 tsp aple cider vinegar and 1 tsp agave syrup.
Toss the sauce into the warm vegetables.


Organisation tips :
- The day before, prepare the onigiris with slightly warm rice.
- You could also prepare the salad the day before.
- On the day you serve the plate, if the salad is not ready, start with cooking the carrots and brocolis. Meanwhile, prepare the sauce, slice the mushrooms and peel the asparagus stems. While the vegetables are cooling, sauté the mushrooms with a crushed garlic clove in a bit of oil (use the same pan for the walnuts, mushrooms and asparagus). Keep them warm. Grill the asparagus, stirring from time to time. While the asparagus are cooking (they'll need about 5-10 minutes), toss the vegetables with the sauce and prepare the plate with all the components. Add the cooked asparagus, squeeze a bit of lemon juice on top and sprinkle with sea salt.

vendredi 11 décembre 2015

{Mon repas de Noël vegan} Plat principal : blanquette de panais à la vanille // {My vegan Christmas menu} Main course : parsnip stew with vanilla sauce

J'avais prévu de vous poster un petit DIY de Noël aujourd'hui, mais finalement je ne l'ai pas encore fini, alors je bouscule un peu mon programme et je continue de dérouler mon repas de Noël avec le plat principal. Cette recette, je veux la tester depuis que j'ai eu ma cocotte minute, il y a un peu plus d'un an. Vous ne voyez pas le rapport? Eh bien c'est tout simple pourtant : avec la cocotte était fourni un petit livre de recettes, qui présente des incontournables tels que le pot au feu, mais aussi des classiques revisités comme cette blanquette végétarienne. Mais jusqu'à présent, je n'avais pas trouvé l'occasion de la réaliser, alors quand j'ai pensé à mon repas de Noël, j'ai immédiatement su que ce serait mon plat principal. J'ai légèrement adapté la recette originale afin de la rendre vegan et un peu plus conforme à mes goûts (plus de champignons et mois de sucre), et roulez jeunesse! (#nonmaiscestquoicetteexpressiondevieux) Pour l'accompagnement, j'avais d'abords pesé à un risotto végétal à la truffe (bah oui, c'est Noël tout de même!), puis je me suis dit que ce serait trop crémeux. Alors j'ai pensé à des tagliatelles maison, à la truffe également, mais je n'ai malheureusement pas réussi à me procurer le fameux champignon, donc j'ai opté pour un trio de riz agrémenté de pavot et de coriandre, dont je vous livre également la "recette" (un bien grand mot pour une préparation aussi simple, que j'ai d'ailleurs "piquée" à un resto végétarien à Pau, malheureusement fermé maintenant). Pour les non-végétariens, je pense que cette blanquette accompagnera à merveille une volaille, ce qui en fait une recette idéale pour les tables mêlant omnivores et vegan!





Blanquette de panais à la vanille {vegan, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4-5 personnes en plat principal :
- 1 kg de panais
- 2 carottes
- 1 grosse branche de céleri
- 250g de champignons de Paris
- une douzaine d'oignons grelots ou de petites échalotes
- 1 gousse de vanille
- 1 cc de sucre
- 10 cl de crème végétale (soja, avoine, riz)
- 1 cs de fécule de maïs
- sel, poivre (ou poivre de Sichuan), huile d'olive

Pelez les panais, les carottes et les oignons grelots. Retirez les feuilles du céleri (gardez les pour assaisonner une soupe ou un risotto). Frottez les champignons avec un torchon pour éliminer la terre si nécessaire.

Découpez les carottes et le céleri en tronçons de 2 cm (taillez-les en biseau) et les panais en gros morceaux. Détaillez les champignons de Paris en tranches. Ouvrez la gousse de vanille en deux et grattez les graines.

Faites chauffer 1 cs d'huile dans une cocotte minute (ou dans une grande casserole) et faites revenir les champignons jusqu'à ce qu'ils brunissent et rendent de l'eau. Retirez-les de la cocotte et réservez.

Faites revenir à feu moyen les oignons, les carottes et le céleri pendant quelques minutes, jusqu'à ce que le céleri embaume. Ajoutez le sucre et faites revenir encore une minute en remuant. Ajoutez 20 cl d'eau, la gousse et les graines de vanille, et portez l'eau à frémissement. Laissez cuire à découvert jusqu'à évaporation complète.

Ajoutez les panais, mélangez bien, puis ajoutez les champignons et 40 cl d'eau. Fermez la cocotte et laissez cuire 6 minutes à partir du moment où la vapeur s'échappe. Pour une cuisson classique, laissez frémir à couvert jusqu'à ce que les panais soient tendres.

Retirez les légumes à l'aide d'une écumoire, conservez le bouillon dans la cocotte. Jetez la gousse de vanille. Diluez la fécule de maïs dans une petite louche de bouillon, et ajoutez-la au bouillon avec la crème végétale. Faites épaissir à feu doux, la sauce doit être onctueuse sans être trop épaisse. Ajoutez un peu d'eau si nécessaire.

Servez les légumes nappés de sauce, accompagnés de riz ou de tagliatelles.





Riz au pavot et à la coriandre {vegan, sans gluten, sans soja, sans noix}
Pour 4 personnes :
- 2 verres de riz
- 1 cs de graines de pavot
- 2 cs d'une bonne huile d'olive
- 5 tiges de coriandre
- fleur de sel

Faites cuire le riz selon les instructions du paquet. Pour le riz thaï ou basmati, j'aime beaucoup la méthode par absorption : je mets le riz avec deux fois plus d'eau dans une casserole, je porte à ébullition, je couvre et je baisse le feu et je laisse cuire à petit bouillon (sinon ça déborde!) pendant 10 minutes. Puis je coupe le feu, je mélange le riz à la fourchette puis je remets le couvercle sur la casserole et j'attends 5 minutes. Pour d'autres types de riz (et notamment des riz complets), conformez-vous aux instructions du paquet.

Hachez la coriandre, et ajoutez-la au riz avec l'huile et les graines de pavot. Mélangez bien. Assaisonnez avec la fleur de sel.


I'm going on with my vegan Christmas menu with the main, a parsnip stew with a vanilla sauce which is a sweet and savoury take on the traditional veal "blanquette" (a.k.a. a dish of stewed veal, carrots and mushromms served with a creamy and sometimes lemon-y white sauce). This is a recipe that I adapted from a small cokbook that I got with my pressure cooker and that I've been wanting to try for ages! At first, I wanted to serve it with a vegan truffle risotto but thought it would be too creamy, so I settled on homemade truffle tagliatelle (hey, it's Christmas, right?). However, I couldn't source the precious black mushroom so instead I went for my favourite rice "recipe" that I stole to a vegetarian restaurant in my hometown, but if you can serve this stew with anything truffle-flavoured, go for it! This dish is thought to be served as a main, but I think it could also make a great side to a rosated poultry, so it's a good solution if you have vegans and omnivorous at your table.


Parsnip stew with vanilla sauce {vegan, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4-5 as a main : 
- 1 kg parsnips
- 2 carrots
- 1 celery stalk
- 250 g button mushrooms
- a dozen baby onions or small shallots
- 1 vanilla bean
- 1 tsp sugar
- 10 cl (about 1/2 cup) vegan creamer (soy, rice or oat)
- 1 tbsp corn starch
- salt and pepper (or szechuan pepper) to taste, olive oil

Peel the carrots, onions and parsnips. Remove the leaves from the celery stalk (use them to flavour a soup or a risotto). Brush the mushrooms with a dry towel to remove the dirt if needed.

Slice the mushrooms. Slice diagonally the carrots and celery stalk in 1-inch pieces. Chop the parsnips in big chunks. Slice the vanilla bean in half lenghtways and scrape the seeds.

Heat 1/2 tbsp olive oil in a pressure cooker or in a big pot and cook the mushrooms until brown and shriveled. Remove from the pot.

Add the carrots, onions and celery to the pot, and cook for a few minutes, adding more oil if needed. Add the sugar, the vanilla bean and the vanilla seeds. Stir and cook 1 or 2 minutes further, then pour 20 cl (a bit less than 1 cup) water in the pot and cook uncovered until all the water evaporates.

Add the parsnip chnks and the cooked mushrooms and stir, then add 40 cl (a bit less than 2 cups) water. Close the cooker and cook for 6 minutes from the moment when the steam comes out. If cooking the stew in a pot, simmer covered until the parsnip chunks are soft.

Remove the vegetables from the pot with a slotted spoon, leaving the juices in the pot. Discard the vanilla pod. Dilute the corn starch in a few spoonfuls of the cooking liquid and add back to the pot, along with the vegan cream. Cook on low heat until the sauce thickens slightly.

Serve the vegetables with the vanilla sauce on the side, and with poppy seeds and cilantro rice (recipe follows)
  


Poppy seeds and cilantro rice {vegan, gluten-free, soy-free, nut-free}
Serves 4 : 
- 2 cups uncooked rice
- 1 tbsp poppy seeds
- 1 tbsp good olive oil
- 5 cilantro stalks, finely chopped
- a good pinch fleur de sel

Cook the rice as indicated on the package. For basmati or thai white rice, I usually place it in a pot with twice as much cold water, cover and bring to a boil, then lower the heat a little bit and cook for 10 minutes. I remove the pot from the fire, fluff the rice with a fork, place the lid back on the pot and wait for 5 minutes before serving. For other kinds of rice, follow the cooking instructions.

Toss the rice with the rest of the ingredients and serve.